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Comment le renseignement américain gagne en bourse sur les coups d'État


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Piotr Iskenderov
Jeudi 4 Juillet 2013

Comment le renseignement américain gagne en bourse sur les coups d'État

 

Les services de renseignement américains ont non seulement pris part à l’organisation de coups d’État à travers le monde mais ont joué en même temps sur les marchés financiers pour convertir leurs activités subversives en bénéfices juteux.

En témoignent les résultats de l’étude effectuée par trois établissements d’enseignement influents et notamment les universités de Californie (Berkeley), de Harvard et de Stockholm. Ils ont réalisé une analyse comparée qui leur a permis d’aboutir à la conclusion que non contents d’avoir accès à des données confidentielles, la NSA, la CIA et d’autres services de renseignement américains les utilisaient afin d’en tirer des bénéfices. Cela concerne les coups d’État en Iran et au Guatemala dans les années 1950, le renversement du président chilien Salvador Allende en 1973 et l’opération avortée contre Cuba en 1961.

Que le renversement des régimes « inamicaux » envers les États-Unis à travers le monde soit une des priorités des services de renseignement américains est un secret de Polichinelle. Or, la CIA et la NSA jouaient également en bourse pour gagner sur les opérations subversives. Le schéma était simple : les services spéciaux communiquaient des informations confidentielles sur les opérations subversives aux transnationales et d’autres sociétés et s’en servaient pour jouer à la hausse de la valeur boursière des titres des sociétés liées à tel ou tel pays et intéressées à la dénationalisation des secteurs industriels stratégiquement importants. C’est ce qui s’est passé au Guatemala et au Chili où les gouvernements anti-impérialistes avaient nationalisé les actifs des sociétés américaines. L’information confidentielle faisant croire qu’au bout d’un certain temps ces actifs reviendraient à la suite d’un coup d’État à leurs anciens propriétaires permettait à ses titulaires de réaliser des milliards de dollars de bénéfices.

D’ailleurs, pourquoi employer ce verbe au passé ? Les bouleversements politiques qui ont secoué la vaste région du Proche-Orient avaient un caractère financier et économique autrement plus impressionnant que les opérations ponctuelles de la CIA au Guatemala, au Chili ou à Cuba, d’autant plus que les transnationales ont appris à utiliser activement la mondialisation et les méthodes les plus perfectionnées de lutte pour leurs intérêts économiques, a rappelé Elena Ponomareva, experte en politologie comparée de l’Institut des relations internationales (MGIMO) :

« Je pense moins aux structures de l’OTAN ou aux États-Unis en leur qualité de grand acteur politique qu’aux transnationales. Il faut avouer que le capitalisme a gagné la compétition historique avec le communisme. Il doit se développer en permanence sur le plan global. Le centre a été vidé de sa substance et il faut maintenant aller vers la périphérie occupée par d’autres structures et se la partager. Par conséquent, il faut les démanteler et y faire régner sa domination économique. »

Nous voyons donc que les services de renseignement américains et les transnationales qui y sont associées ont bien appris à convertir les jeux géopolitiques en bénéfices en dollars qui vont dans leur poche.

 



Jeudi 4 Juillet 2013


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