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Chaos en Centrafrique : Chalghoumi soutient un gouvernement qui empêche l’exil des musulmans persécutés


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Hicham Hamza
Lundi 9 Juin 2014

Chaos en Centrafrique : Chalghoumi soutient un gouvernement qui empêche l’exil des musulmans persécutés
INFO PANAMZA. En tournée en Centrafrique, l'imam de Drancy soutient les autorités qui bloquent l'exil des musulmans toujours traqués par des miliciens.

Le 08.06.2014 à 19h03

En l'espace de quelques années, il est devenu l'imam le plus impopulaire de France, au regard -du moins- des premiers intéressés: les musulmans. À l'inverse, il continue d'être choyé par la classe politique et la plupart des éditorialistes: son nom est Hassen Chalghoumi.

L'homme termine, ces jours-ci, un séjour en Centrafrique, une ancienne colonie française en proie à la guerre civile depuis 2013. Les milices Anti-Balaka (essentiellement chrétiennes et animistes) ont tué des milliers de musulmans (et provoqué l'exode de centaines de milliers) en représailles aux violences commises par la milice Séléka (majoritairement musulmane) qui a renversé le gouvernement de François Bozizé.

À la tête d'une délégation, le responsable de l'Association culturelle des musulmans de Drancy a rencontré vendredi Catherine Samba Panza, présidente de transition du pays.

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La veille, il était parti s'enquérir de la situation humanitaire des musulmans réfugiés dans la ville de Yaloké. 

Dès notre retour à Paris, on aura une réunion le mardi à l’Union Européenne où nous allons interpeller le président de l’Union européenne et le Président François Hollande sur la crise centrafricaine et ses conséquences.

Telle a été alors sa déclaration rapportée par une agence de presse locale. 

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Affichant un air ému lors d'une prière conjointe avec des imams locaux, Hassen Chalghoumi était accompagné par Régina Konzimango, conseillère spéciale du Premier ministre de Centrafrique. Celle-ci a déclaré aux réfugiés réunis le propos suivant: 

La RCA est un pays laïc. Vous devez rester chez vous et ces problèmes vont être résolus.

Problème: ces hommes et ces femmes ne veulent pas rester parqués dans cet abri de fortune dans lequel leurs conditions de vie se sont considérablement dégradées. Selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch, mis en ligne jeudi, la plupart des musulmans interrogés par leurs équipes locales veulent pouvoir quitter la Centrafrique afin de se réfugier dans les pays frontaliers. Extraits:

« Admettre que de nombreux musulmans menacés en République centrafricaine doivent quitter le pays temporairement est une option de dernier recours, mais il n’existe pas d’autre solution immédiate », a déclaré Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch. « De nombreux musulmans dans l’ouest du pays ont exprimé clairement et sans équivoque le souhait de fuir pour se réfugier dans des pays voisins, et ils devraient être autorisés à partir en toute sécurité. »

À Yaloké, 490 Peuls ayant fui le sud-ouest du pays il y a quatre mois sont hébergés dans trois bâtiments gouvernementaux délabrés au sommet d’une colline dans le centre ville, protégés par des forces de maintien de la paix de la MISCA et par des gendarmes locaux. Les forces anti-balaka attaquaient fréquemment les Peuls alors qu’ils fuyaient le sud-ouest du pays, s’emparant de milliers de têtes de leur bétail. De nombreux Peuls portent des cicatrices de blessures de machette, à la suite des attaques des forces anti-balaka.

Les hommes du groupe de Peuls ne sont pas autorisés à quitter le camp, tandis que les populations locales menacent et insultent régulièrement les femmes peuls qui s’aventurent quelques mètres à l’extérieur en quête de bois pour le feu et d’eau. Nombre d’enfants et d’adultes souffrent de maladies respiratoires et de malnutrition, et sont obligés de dormir en plein air. Au cours de la dernière semaine de mai 2014, lorsque des chercheurs de Human Rights Watch ont rendu visite aux Peuls à plusieurs occasions, au moins quatre enfants, dont deux jumeaux nouveau-nés, sont morts en raison des conditions terribles régnant dans le camp.

Des membres de la communauté peul pris au piège à Yaloké ont confié à Human Rights Watch qu’ils souhaitaient tous se réfugier au Cameroun. Ils ont affirmé qu’ils étaient retenus à Yaloké contre leur volonté après que les autorités locales leur aient dit qu’ils seraient autorisés à se rendre au Cameroun.

Human Rights Watch s’est entretenu avec des sources humanitaires, diplomatiques et gouvernementales qui ont expliqué que les autorités de transition de la République centrafricaine ont commencé à s’opposer au départ des musulmans après que les troupes des Nations Unies et de la MISCA ont soutenu le 27 avril l’évacuation de 1 300 musulmans qui se trouvaient pris au piège dans la zone PK12 de Bangui, la capitale. Des combattants anti-balaka ont attaqué le convoi et tué deux musulmans qui s’enfuyaient. Les autorités de transition ont alors déclaré qu’elles n’avaient pas approuvé l’évacuation, et ont insisté sur le fait qu’il ne devrait pas y avoir d’autres évacuations sans le consentement du gouvernement.

Le droit international octroie à chaque personne le droit « de quitter tout pays, y compris le sien ». La  population musulmane de la République centrafricaine a également le droit à la liberté de mouvement à l’intérieur du pays. Les restrictions imposées par les autorités de transition sur les déplacements volontaires des communautés musulmanes menacées ne sont pas conformes avec ces obligations légales internationales, et montrent la nécessité d’une approche plus durable pour garantir la sécurité des populations musulmanes.

Soutenues par la France (dont 2000 militaires sont localement présents à travers l'Opération Sangaris depuis six mois), les autorités centrafricaines ont ainsi reçu des éloges de la part d'Hassen Chalghoumi si l'on en croit l'Agence de Presse Africaine :

Au sujet de ses entretiens avec la présidente de la transition centrafricaine, l’imam a souligné avoir noté chez cette dernière comme auprès des autres autorités une réelle volonté de travailler afin de sortir le pays de la crise.

Au lieu de s'opposer publiquement à la décison gouvernementale consistant à bloquer l'exil de musulmans de plus en plus précarisés, Hassen Chalghoumi la valide par son satisfecit général en dépit de l'alarme lancée par Human Rights Watch.

Pire encore: il enjoint tacitement les réfugiés de Yaléko à rester sur place comme en témoigne cette vidéo capturée jeudi par un témoin de la scène.

On y découvre un Hassen Chalghoumi se vantant auprès de la conseillère du Premier ministre de pouvoir influencer les monarques de Jordanie et du Bahreïn (afin de renforcer l'aide humanitaire) avant de le voir remettre 300 euros en guise d'"aumône" (sadaka en arabe) à un représentant local.

Et de conclure sa visite par des mots ineptes à l'attention de ses coreligionnaires dont le désir est l'exil : "Vous leur dites que vous êtes des Centrafricains et c'est votre pays ici !"

HICHAM HAMZA  

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Lundi 9 Juin 2014


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