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Ce qui devait arriver arriva !


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Une succession de fausses élections, une subversion armée et un règne de prédation après, nous revoilà de nouveau dans les convulsions émeutières de 88, dans la case de départ d’un sordide jeu de l’oie...


Soufiane Djilali
Dimanche 9 Janvier 2011

Ce qui devait arriver arriva !
 L’explosion de la rue que tout le monde pressentait depuis quelques années est finalement
survenue. L’impression de déjà vu, de bégaiement de l’histoire, de
gâchis avéré suscite des sentiments de dégoût, de lassitude et de colère.
Ingrédients détonants dans une réalité en déréliction.
Tout le monde perçoit plus ou moins les raisons immédiates de la colère. La
cherté de la vie, le chômage endémique, l’injustice sociale, l’empilement
en couches géologiques des problèmes jamais résolus et des questions toujours
en suspens.
C’est aussi ces scandales gargantuesques qui provoquent la nausée, ces
trahisons d’une certaine élite, ces lâchetés multiples, ce cancer de la
corruption qui a gangrené le corps entier de la société et beaucoup
d’autres choses encore qui sont venus à bout de la patience d’un peuple en
déshérence.
Mais c’est aussi cette incroyable arrogance de l’incompétence économique
qui a réduit la gouvernance des richesses du pays à du tripotage des lois où
les fausses promesses, les mauvais choix et l’absence de toute vision font
office de programmes incohérents et parfois absurdes !  
Après les dépenses de centaines de milliards de dollars en dix ans, argent
faut-il le préciser provenant d’une manne naturelle, nous en sommes toujours
au même point : 99% de nos devises sont assurés par le pétrole ! Comme le
disait Alberto Moravia, « Pour gagner de l’argent, il faut une compétence.
Pour le dépenser, il faut une culture ». Il est clair que la compétence
n’était pas au rendez-vous, l’Algérie ne gagnant rien par ses propres
efforts. Quant au deuxième terme de la sentence, chacun peut se faire son
idée.
De tous les bouts par lesquels nous pouvons prendre le problème, la
responsabilité remonte au Président de la République. Si les jeunes
s’expriment dans la violence et le nihilisme détruisant au passage autant les
biens publics que privés, ils se mettent également eux-mêmes en grand danger.
A l’heure où ces lignes sont rédigées, deux de nos concitoyens sont
décédés (que leurs parents et proches acceptent nos sincères condoléances).
Espérons que cette liste s’arrêtera ici. Et contrairement à ce qu’a pu
dire l’un des membres de ce gouvernement, ces jeunes n’avaient aucun autre
moyen pour dire leur souffrance. La vie politique est pratiquement sous
scellés, les syndicats indépendants muselés, la presse surveillée, les
manifestations pacifiques interdites… Même la « harga » a été traitée
par les autorités soit par le mépris (qualifiée de « mode ») soit par la
répression.
En s’asseyant sur le trône, Monsieur Bouteflika a immédiatement informé
qu’il ne sera pas un trois quart de Président en assumant tous les pouvoirs,
ceux régaliens de l’Etat mais aussi ceux de l’économie, de l’APS, et de
tous les autres démembrements de l’Etat. Rien ne devait faire obstacle à sa
volonté, ni celle du peuple, ni celle d’aucune institution ; la constitution
n’étant là que pour se plier à ses propres désidératas.
Aujourd’hui, Monsieur Bouteflika doit tirer les conséquences de sa
politique. L’Algérie doit faire repentance en revenant à tous ses enfants.
La vie politique doit être permise à tous les citoyens dans le cadre de lois
démocratiques.  
Organiser le débat politique, la saine compétition des compétences dans le
cadre de l’Etat de droit reste l’unique solution structurelle pour le pays.
Construire de vraies institutions et un vrai Etat, voilà de nobles objectifs.
En attendant, pour tous ces jeunes qui ne croient plus en rien, il faut un
message vrai. Il faut immédiatement réorienter la politique économique vers
la production tous azimuts en assurant une couverture sociale réaliste mais
juste. Il faut ouvrir un vrai horizon d’espoir. L’argent existe largement
pour cela. Il est préférable de le « risquer » dans une telle entreprise que
de le condamner en pure perte au profit des puissances étrangères qui ne
pourront rien, de toutes les façons, pour maintenir ce régime.
L’Algérie a besoin d’un vrai acte de patriotisme. C’est à cette aune
que l’histoire retient ses héros.


Dimanche 9 Janvier 2011


Commentaires

1.Posté par dik le 09/01/2011 12:33 | Alerter
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J'ai entendu dire plusieurs fois, même prétendu moi-même, à tord ou à raison, que les pays du golfe ne méritaient pas la richesse de leur sous-sols en raison de sa lapidation dans le luxe et le superflu. Que dire alors de l'Algérie dont la richesse en pétrole et gaz est également immense, mais ne procure même pas une vie décente à ses citoyens, que serait-ce le luxe et le superflu! Il y a vraiment aberration, profonde déception, de quoi se révolter le poing levé surtout que la manne pétrolière, qui n'est pas éternelle, ne sert même pas à investir dans l'éducation et la formation. 99% de rentrées de devises proviennent des ventes de pétrole et de gaz et depuis l'indépendance du pays il y a un demi siècle? C'est honteux, et c'est le moins qu'on puisse dire.

La mains sur le coeur, je souhaite aux frères algériens de pouvoir redresser la barre et aller de l'avant aujourd'hui pour un meilleur lendemain pour eux-mêmes et leurs générations futures, et ce sans effusion de sang. Rares sont les peuples "indépendants" qui ont versé autant de sang que les algériens, pour leur dignité.

2.Posté par HAMMANA le 15/01/2011 21:10 | Alerter
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La question du décollage est pour nous un problème de fond et non de forme.Savez-vous pourquoi nos voisins tunisiens viennent de remporter une victoire historique contre la tyrannie c'est parce qu'il ont été au départ dirigés par BOURGUIBA qui a mit tout son savoir-faire et sa sagesse au service de son pays loin de toute surenchère socialiste .C'est pourquoi avec 66 victimes seulement ils ont réussi à balayer une dictature vieille de plus de 60 ans,un sacrifice presque insignifiant au regard du résultat obtenu alors que nous avec 250 mille victimes non seulement on a perdu la bataille pour la démocratie mais également autres choses telle que l'interdiction de la diffusion télévisée de l'appel à la prière qui n'a rien à voir avec le terrorisme.
Les iraniens ont réussi à chasser le shah tout simplement parce que ce dernier a jeté les bases d'un esprit scientifique et a fait de son pays une puissance régionale avec un penchant pour la culture,autant d'atouts que KHOMEINI a mit à contribution pour que sa révolution islamique eusse le boom qui continue de faire de nos jour la une des médias ennemis .
Le martèlement médiatique et idéologique de la propagande à outrance de BOUMEDIENE nous empeche d'adhérer au consensus du changement qu'on arrive meme pas à échafauder en raison aussi de la composante ethnique de la société algérienne qui fait que chacun de nous tient à ses origines beaucoup qu'à l'intéret national faisant du régionalisme et du clanisme une question de fierté qui le dissuade de se porter vers l'avenir en dépit de toutes les considérations et les impératifs de l'"émancipation.
Ces contradictions qui ont été et continuent d'etre instrumentalisées par le pouvoir ont généré chez l'algérien un sentiment d'inimitié à l'égard de tous les symboles de la république ou il voit la tyrannie,le mépris et l'indifférence d'une autorité aux tendances anti-nationalistes et mafieuses allant jusqu'à nous contester le statut de citoyens .C'est pourquoi l'algérien saute sur la première occasion pour se soustraire à sa condition à l'image de nos étudiants à l'étranger qui pour se venger du régime,versent dans la nonchalance et le laisser-aller pour fréquenter les casinos ou dans les meilleurs des cas les casses à voitures ou les magasin à la recherche d'objets fétiches au moment ou les iraniens ne se lassent pas de collecter les ouvrages traitant de la technologie qu'ils rapatrient chez-eux lors de leur rentrée au pays pour etre traduits au persan et exploités.C'est de cette façon qu'ils ont réussi malgré les sanctions internationales à construire la centrale nucléaire de bouchahr .
Les sociologues disent que pour juger la fiabilité d'un régime,il faut descendre dans la rue et moi je dis que pour juger du niveau culturel des algériens il n'y a qu'à voir dans quel esprit ils se comportent sur le Web et le langage qu'ils tiennent pour s'assurer que les atteintes au système scolaire sont terribles à l'image de générations issues chaque année des écoles et des universités mais qui sont dans l'incapacité de s'exprimer dans un langage cohérent dans un esprit débarrassé de tous préjugés.Une phrase ou deux et hop! leur incompétences les obligent à faire des débats une affaire personnelle dans la plupart des cas ou de bégayer ou pire encore se permettre de déformer les propos de leurs interlocuteurs en lui attribuant des propos tout à fait étrangers aux sujets sur lesquels portent leurs interventions.Un spectacle désolant qui dénote l'ampleur de la crise culturelle dont l'impact se fait sentir sur la vie politique plus que toutes autres carences.
Le jour ou l'algérien répondra à l'appel en tant que tel et rien d'autre, nous pouvons songer à la démocratie avec la certitude que nos efforts seront couronnés de succès et que tout le monde est en mesure d'adhérer consciemment au consensus du changement en disposant de tous les atouts.
Actuellement,ces conditions ne sont pas réunies parce que le société est divisée et sérieusement minée par ses contradictions force est de constater qu'un large pan de celle-ci est inféodé aux zaouias et ne reconnaissent que l'autorité des cheikhs, un second composé des ténors du FLN rompus à l'art des slogans et sont disposés non seulement à diaboliser le FIS mais de pactiser avec le diable pour la sauvegarde de leurs privilèges.Le reste étant des illétrés ou ceux qui gravitent autour du pouvoir à la recherche d'un hypothétique avantage et sont au service exclusif de celui-ci et on les a vus dégueuler sur les chaines satellitaires donnant aux spectateurs impartial étranger l'occasion de se forger une impression sur la personnalité algérienne qui ne va pas ou ne devait pas aller avec la réputation de sa révolution .
Voilà pourquoi échouent tout projet visant l'institution de la démocratie en algérie car ses ennemis trouvent dans ces incohérences un solide allibi pour le faire capoter. Sans parler de l'opposition qui est loin d'etre représentative(à quelques exceptions près) à bien des égrads.

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