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Cahin-caha, l’OTAN


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Sputnik International
Dimanche 9 Octobre 2016

 
 

L'OTAN est une grosse machine de guerre. Mais gros ne veut pas toujours dire efficace. Selon le lieutenant général US Ben Hodges, nombre de facteurs entravent l'efficience de l'OTAN.
 

    Prenant la parole à la conférence annuelle de l’Association de l'US Army , Ben Hodges, le commandant de l’US Army Europe, a révélé quelques-uns de ses soucis au sujet de l'état actuel des armées de l'OTAN. Au milieu de l'escalade grandissante des tensions entre les USA et la Russie à propos de la Syrie, des cyberattaques et autres joyeusetés, la crainte d'une guerre tous azimuts peut être entendue de plus en plus souvent. Dans ce contexte, certains problèmes signalés par Ben Hodges semblent anecdotiques.
 

    Par exemple, parmi les problèmes mineurs, mais malgré tout inquiétants, il y a ... les embouts de remplissage des réservoirs de carburant. Qui aurait pu penser que les armées des USA et de l'Allemagne ont des systèmes de ravitaillement incompatibles ? Comme ça, si une brigade allemande est à court de carburant à proximité d’une station d’essence US, elle aura du mal à être dépannée.
 

    « Il faut que la buse d'une pompe à carburant US soit utilisable par tous les véhicules de l'alliance, mais ce n’est pas le cas en ce moment, » a dit Hodges à la conférence. « L’OTAN a un adaptateur de ravitaillement en carburant universel, mais seuls la France et les USA l’ont. »
 

    Phénomène inquiétant, ce problème est connu depuis environ 40 ans déjà, mais pour une raison ou pour une autre, il est toujours là. Selon Frank Cevasco, ancien expert en interopérabilité , les incompatibilités dans les armées de l'OTAN existaient même pendant la guerre froide, et après la dissolution de l'URSS, elles n'ont fait qu'empirer. Et les nombreuses campagnes contre les insurgés au Moyen-Orient, n’ont pas vraiment été mises à profit pour corriger la chose.
 

    Bien que les embouts de ravitaillement incompatibles peuvent sembler anodins pour certains, des éléments vraiment cruciaux, comme les équipements de communication, ont besoin d’être grandement améliorés. À l'heure actuelle, les armées de l'OTAN en sont encore à développer un système radio qui sera, d'une part, convenablement crypté et protégé contre le brouillage, et, d'autre part, normalisé au sein des pays membres. Et, selon Hodges, l'OTAN manque de temps pour aborder ce problème :

    Nous aurons seulement cinq à sept jours en cas de véritable crise, aussi vous allez devoir vous dépasser et bien connecter.

 

    Les soucis du général Hodges faisaient écho à ceux du lieutenant-général Jörg Vollmer, chef d’état major de l'armée allemande. Vollmer a fait remarquer que la Russie, que les commandants de l'OTAN n’hésitent plus à traiter de principal adversaire, n’aura jamais à s’occuper de tous ces problèmes d'incompatibilité :

    Tous parlent la même langue, tous utilisent le même principe, tous utilisent les mêmes systèmes radio, et tous utilisent les mêmes équipements.

 

    Mais il a également fait remarquer que de nombreuses compétences militaires, qui étaient des évidences au cours des époques précédentes, sont pour l’essentiel perdues aujourd’hui.
 

    Les troupes de l'OTAN ont effectivement perdu leur expérience antérieure dans certaines opérations militaires élémentaires, comme la construction de ponts. Non seulement les armées de l'OTAN doivent reconstituer leurs réserves de ponts et d'autres équipements, mais elles doivent aussi à nouveau apprendre à les manœuvrer.

    C’est réapprendre les manœuvres de guerre et interarmes. Reconstruire ces capacités prend un certain temps.

 

    Parmi les autres exemples, il y a la pose des mines, car les ingénieurs militaires actuels ont de l’expérience dans le désamorçage des mines au bord des routes et des mines anti-véhicules, mais manquent totalement d'expérience dans la pose des mines elles-mêmes.
 

    Hodges a aussi relevé que le manque d'expérience est aggravé par la pénurie de fournitures militaires. Elles étaient là, dans les entrepôts de l'OTAN, mais on les a plus tard supprimées, car redondantes du fait des campagnes essentiellement contre-insurrectionnelles de l'OTAN dans les régions du Moyen-Orient.
 

    « Dans la plupart des endroits où nous avons une pénurie, ce sont des choses que nous avions l'habitude d'avoir en Europe : beaucoup de ponts, beaucoup d'ingénieurs, beaucoup de lance-roquettes ; toutes ces sortes de choses, » a déclaré Hodges aux journalistes. « Certains d'entre elles reviennent. Certains d'entre elles nous les trouvons chez les alliés. »
 

    Même le blindage réactif – la chose la plus basique pour garder les soldats en vie dans à peu près tous les combats de chars – est encore un autre « ensemble de techniques que l’OTAN doit rapprendre. »
 

Sputnik International , 9 octobre 2016

Original :
sptnkne.ws/cw5b
Traduction Petrus Lombard



Dimanche 9 Octobre 2016


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