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Bush veut un accord à long terme avec Bagdad



Jeudi 26 Juin 2008

Bush veut un accord à long terme avec Bagdad
Un accord cadre stratégique qui fait parler beaucoup de lui ! De la terre de Mésopotamie jusqu'aux rives outre-atlantiques, dans les milieux et partis politiques irakiens de tous bords, tout comme dans la rue et au sein du gouvernement irakien, dans les couloirs de la Maison Blanche, dans les think tanks du Pentagone, à la Chambre des représentants et au sénat, on n'a eu de cesse de parler de ce fameux et controversé accord de sécurité, avec des enjeux majeurs pour l'administration US. Les faucons de la Maison Blanche s'y sont investis à plein temps et à pleine vapeur, histoire de redorer le blason largement étiolé des Républicains, et de redresser l'image piteusement affectée de la personne même de George W. Bush. Et ce, dans des circonstances où, à l'orée de la Présidentielle de novembre, le candidat républicain s'est déjà laissé nettement devancé par le Démocrate Obama. Or, cela n'est que la première raison et la plus superficielle, en plus de l'acharnement de Washington à faire signer, coûte que coûte, cet accord, qui lui donne l'aval nécessaire pour installer ses bases militaires permanentes sur les bords de l'Euphrate et du Tigre, qui serait le garant de l'immunité de ses militaires en Irak, qui lui ouvrirait en flot les vannes des immenses champs pétrolifères imbibant la terre mésopotamienne, qui, en un mot, serait le garant de son omniprésence, à long terme, sur la terre mésopotamienne, avec en filigrane ses bases militaires permanentes et l'immunité judiciaire de ses militaires, qui lui permettrait d'attaquer les autres pays, via le sol irakien, en un mot, un texte qui scellerait l'omniprésence et l'omnipotence américaine au cœur du Moyen-Orient. Sur le plan international, aussi, les néo-conservateurs se voient forcer à engager une course contre la montre, le mandat de l'ONU, qui règle leur présence en Irak, expirant fin 2008, d'autant plus que, sur le terrain, Bagdad a décidé de ne pas demander son renouvellement et que les Irakiens suivent d'un œil sceptique le cours des événements. Craignant, à juste raison, la violation de leur intégrité territoriale et de leur souveraineté, ils refusent de se plier aux diktats de l'establishment outre-atlantique. C'est, justement, la semaine dernière, que le Premier ministre Nouri al-Maliki a parlé de l'impasse dans les négociations sur cet accord. C'est dans un tel contexte que les décideurs de la Maison Blanche ont préféré continuer les pourparlers derrière des portes fermées ou prendre la voie biaisée de négociations séparées avec les leaders des différentes composantes de la mosaïque ethnique et confessionnelle irakienne. Cette fois-ci, George W. Bush a opté pour un entretien avec son homologue irakien, Jalal Talabani, où l'accord de sécurité serait indubitablement le thème phare. Reste à savoir dans quelle mesure les Républicains, si fragilisés dans le courant des dérapages de leur Président et de son fol aventurisme, en Mésopotamie, ou dans les hauts massifs de l'Hindû Kush, parviendront-ils à se redresser à travers de telles démarches désespérées


Jeudi 26 Juin 2008

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