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Billet d'humeur à propos du film de Caroline Fourest, "soeurs d"armes".


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Faouzia Zebdi Ghorab
Mercredi 16 Octobre 2019

« Sœurs d’armes ? » Sûrement pas !

Billet d'humeur à propos du film de Caroline Fourest, "soeurs d"armes".
Sœurs d’armes ? Si certaines, dans un fantasme égalitariste outrancier rêvent d’aller s’éclater sur un champ de bataille après avoir suivi une formation express de type « guerre pour les nulles », grand bien leur fasse.

En ce qui me concerne, chaque jour que Dieu fait, je prie qu’aucun individu, homme ou femme n’ait à semer la peur, la désolation, la terreur et encore moins la mort. Il s’agit simplement d’une fidélité à un enseignement prophétique : « Ô gens, ne souhaitez pas la rencontre de l’ennemi et demandez plutôt à Dieu la paix… »

La guerre ce n’est pas cool ce n’est pas fun… Et si les hommes au contraire des femmes ont, ou ont eu, le devoir ou la folie d’en mener, ils en portent le douloureux privilège ou la sinistre responsabilité.

Mais le féminisme comme fonds de commerce intarissable, continue de battre son plein, agrémenté du meilleur condiment de ces dernières décennies : l’islam. On donne un bon coup de fouet et la mayonnaise est sensée prendre.

Sourire aux lèvres, fleur au fusil, les « rambosettes » de la gâchette, comme les mecs super cools, avec un pseudo super classe font tout sauter. Pour le coup on aurait envie de se flinguer tellement c’est écœurant de clichés !

De la même façon, les interviews des actrices principales sont quasi lunaires : un vrai film de divertissement dans lequel elles se sont éclatées « c’est rigolo » les balles font « pyu pyu »[1] « les mecs de daesh », « C’est des meufs qui font tout sauter, c’est cool ! » on choisit un «nom cool de guerrière», tout ceci ponctué d’intempestifs éclats de rires.

Impossible d’aller jusqu’au bout de l’une de ces interviews, sans se faire littéralement violence.

« Retrouver le pays dans lequel nous avons tourné le film » « Euphémisme » pour désigner le Maroc. C’est vrai que cela fait déjà moins rêver. En effet, en termes de symbolique politique ce choix fait flop comme les armes de nos héroïnes font « pssuii » ou bang bang.

Les femmes sont trop « effacées de l’histoire et de la société et renvoyées chez elles ». Autrement dit la femme doit cultiver le souhait d’aller, dans des postures et des propos virils et cavaliers, tuer… du djihadiste, de l’islamiste, ….. dont la pire des craintes serait, nous dit-on, de se trouver nez à nez avec ….. une femme ! Car être victime de l’une d’entre elles (foudroyé par son charme ravageur ou sa kalache on ne le sait pas sérieusement !) équivaudrait à ne plus entrer au Paradis et encore moins à épouser des houris !

Si tant est que la femme ait à se justifier de la pleine possession de sa propre liberté, et de son propre libre-arbitre, ce n’est sûrement pas sur les plateaux de cinéma, en singeant ces caricatures de guerres hollywoodiennes. Il s’agit ni plus ni moins d’un prétexte pour une énième guerre des sexes, d’un féminisme qui veut dans une tentative d’inversion des valeurs, transformer des esclaves sexuelles en bêtes de guerre. Être calife à la place du calife ???

Jusqu’alors les féministes appréciées de notre réalisatrice dégainaient leurs seins plus vite que leur ombre.

Caroline Fourest veut semble-t-il diversifier les « armes » de ces féministes infatigables, en leur mettant entre les mains cette fois ci des jouets made in toysorus. C’est à tristement mourir de rire.

Grandir et vivre dans l’adversité quotidienne a suffi à beaucoup de femmes, pour ne pas souhaiter s’accoutrer de vêtements de guerrières qui leur donneront l’air plus libres, plus femmes, plus indépendantes, plus branchées, plus…… afin de se procurer leur dose d’adrénaline quotidienne. Ceci dit sans aucune démagogie. La metteuse en scène (féminisme oblige) est pourtant la plus à même de savoir que les femmes (meufs !) ont des luttes à mener au quotidien d’abord contre la pauvreté, la détresse morale, la vieillesse solitaire, la maladie, la vétusté de leurs foyers…

Des femmes dignes, fières mènent leurs combats plus ou moins silencieusement. Quand d’autres nous assourdissent en hurlant nous faisant croire que celui qui crie le plus fort a sûrement raison.

Il est vrai qu’au nom d’un agenda politique personnel très chargé notre réalisatrice en herbe donne et a encore semble-t-il beaucoup à donner.
Mais pour Dieu, les musulmanes donnent et ont beaucoup accepté. Quitter une scolarité brillante et appréciée. Abandonner un travail lucratif dans lequel elles excellaient.

Subir une marginalisation sociale alors que la sociabilité était une de leur grande qualité. Certaines ont même choisi de sacrifier l’amour de leur vie afin d’espérer l’amour divin. Les lois pleuvent sur son foulard comme la foudre sur la cime des arbres. Les a prioris sur sa maîtrise de la langue française, son intelligence, ses compétences sont son lot quotidien. Mais qu’importe puisqu’elle aime Dieu et Son Messager.

Alors cette indignation sélective qui prétendre vouloir libérer des femmes du joug de leur oppresseur à des milliers de kilométriques tout en violentant de façon quotidienne les choix libres de nombreuses femmes, cela fait doucement rire.

Comme diraient nos jeunes, ce film fait pitié.

Notes :

[1] Sœurs d’Armes : Rencontre avec 2 des actrices du film, Camélia Jordana et Esther Garrel


Mardi 15 Octobre 2019


Commentaires

1.Posté par Jean Syrien le 16/10/2019 07:56 (depuis mobile) | Alerter
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J''aime beaucoup cet article, débordant de vérités. Merci.

2.Posté par Franck le 16/10/2019 08:44 (depuis mobile) | Alerter
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Super description de cette pauvre fille....
Et de sa pretandu rébellion de salon avec un nuage de lait....
Defendre les autres au détriment des nôtres.....
La politique sur clocher selon le sens du vent....

3.Posté par Océane le 16/10/2019 17:10 (depuis mobile) | Alerter
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Bonjour merci pour votre post. Je le trouve très bien écrit même si je ne pense pas comme vous. c est un film donc romancé mais je trouve courageux de faire voir le quotidien que subissent ces femmes car c est réel.
Ces femmes sont un modèle de bravoure oû chacune peut s identifier oû qu' elle soit. La calach des unes peut être la file d attente au resto du coeur pour d autres. Les chambres stériles à l hôpital pour certaines si elles veulent voir leur enfant.
Il faut je pense prendre de la hauteur en regardant ce film et voir plus loin le message. Une femme aujourd hui qu'elle soit activé ou à la maison est une force pour ce monde.

4.Posté par saidab le 17/10/2019 10:40 | Alerter
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Chère Océane
S'il faut "prendre de la hauteur" pour "voir plus loin", c'est qu'il faut être à la "bonne hauteur" pour comprendre le film, que je ne regarderai pas. Non par radicalisme mais parce que seule la réalité fait du sens pour moi. Encore, que ...Même la réalité est comprise selon les sensibilités de chacun.

Quand elle est de nature idéologique, la fiction peut être utilisé de façon perverse. Chacun peut y mettre ce qu'il veut et s'en servir pour confirmer ses propres convictions ; qu'elles soient pour ou contre, Il me semble difficile de faire un parallèle entre des femmes à kalachnikov et celles qui font la queue à la CAF : les unes sont payées pour tuer, les autres bénéficient d'un service pour la vie. Cet exemple dit que ce genre de fiction n'a pas de "contenu". Il laisse l'interprétation libre de combler le vide. C'est très pernicieux comme stratégie, ce à quoi semble correspondre ce film.

Ce genre de fiction n'est pas un outil de réflexion (à mon sens) mais un procédé qui autorise le dépassement du réel, l'enjambement de toutes les lignes rouges, dans un but rarement bienveillant. Il permet d'outrepasser et la morale et la logique et la raison. Et n'a de force que dans la témérité (et les moyens !) des producteurs à passer des messages "audacieux", mais subliminaux ; donc traîtres.

On ne "comprend" une fiction, ni ne peut ne peut l'analyser qu'en étant un spécialiste du genre. Ce qui nécessite d'être en effet "à la hauteur" : armé d'outils d'analyses complexes, de temps, et une tête pas occupée ...

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