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Baghdadi Mahmoudi et les inextricables intérêts de la France, Tunisie et la Libye


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L’extradition de Baghdadi Mahmoudi arrange les gouvernements de trois pays: l’ex-gouvernement Sarkozy pour la France et les deux actuels gouvernements «révolutionnaires» de Tunisie et de Libye.


Abderrazak Lejri
Vendredi 6 Juillet 2012

Baghdadi Mahmoudi et les inextricables intérêts de la France, Tunisie et la Libye
La crise politique en Tunisie a atteint son paroxysme depuis l’extradition du premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi et les députés de l’opposition, et même certains députés de la «troïka» au pouvoir (CpR et Ettakattol), ont même tenté déposer vendredi une motion de censure contre le gouvernement dominé par les islamistes, qui a opéré en catimini, dimanche à 5 heures du matin, sans obtenir la signature du président Marzouki et sans l’assentiment de l’Assemblée nationale constituante (Anc).

Ennahdha agissant en pays conquis

Les ténors du parti Ennahdha (au pouvoir) ont justifié par des arguments cousus de fil blanc le timing, affirmant que le président Marzouki n’était pas joignable au sud dans une zone de non couverture Gsm et, le comble, est que M. Mahmoudi a été extradé d’un aéroport militaire, qui dépend normalement de Marzouki, chef suprême des armées (probablement la seule prérogative qui lui a été laissée par le parti islamiste Ennahdha agissant en pays conquis et ne respectant ni l’opposition ni ses partenaires ni aucune institution).

Le plus grave est qu’il devient évident que dans les trois pays concernés par cette affaire (la France, la Tunisie et la Libye), tout est affaire de gros sous.

En France, bien-sûr, où il y a de fortes présomptions de financement occulte de la campagne électorale de l’ex-président de la république française Sarkozy. Je ne m’étalerais pas là-dessus car cela a été traité par d’excellents billets parus sur le site Médiapart.

En Tunisie, des documents font état d’une transaction portant en contrepartie de cette extradition de:

- l’octroi par la Libye d’un don de 100 millions de dollars;

- l’octroi d’un crédit d’un montant équivalent sans intérêts;

- la fourniture du gaz à tarif préférentiel.

Le chantage halal version Ennahdha

Le comble est que le ministre des Finances sur un plateau télé et à une heure de grande écoute a reconnu explicitement la transaction ayant même le culot et l’effronterie d’affirmer que la politique n’est pas une question de morale mais d’intérêts!

Cela avait déjà commencé quand un membre du bureau politique d’Ennahdha, Saïd Ferjani, s’est déplacé personnellement en France pour essayer de faire un deal dans ce sens (voir l’article de Médiapart ‘‘Chantage d’Etat autour de fond secrets libyens’’ qui note qu’un leader islamiste tunisien a rendu visite, le 5 mai, à Paris, à Me Marcel Ceccaldi pour lui proposer une «négociation globale»).

Ce même Saïd Ferjani a reconnu les faits et affirmé aux médias qu’il a agi de son propre chef (sic!), ce qui prouve que chez les islamistes d’obédience wahhabite (Arabie Saoudite), l’argent même sale extorqué par le chantage n’est pas tabou pourvu qu’il soit blanchi pour devenir halal surtout si on envisage de renflouer une cagnotte en vue de la prochaine campagne électorale d’Ennahdha, cette fois-ci après le financement présumé de la campagne de Sarkozy.

Les membres du gouvernement tunisien nous prennent pour des idiots en parlant d’indépendance de la justice en Libye ou de garantie d’un procès juste et équitable, surtout que l’on connaît l’absence d’institutions dans ce pays, à part les comités populaires de Kadhafi. Pour ne prendre que deux exemples qui illustrent le chaos en Libye: les détenteurs du fils de Kadhafi, Seif El Islam, refusent de le transférer à la partie censée le juger légalement et des membres du Tribunal pénal international (Cpi) sont arrêtés par des milices pour une raison obscure.

Les militants d’Ennahdha savent pourtant que des pays comme la France ou l’Angleterre et j’en passe, s’ils les avaient extradés vers la Tunisie sous le régime de Ben Ali, les exilés parmi eux auraient croupi longtemps dans les prisons tunisiennes après d’ignobles tortures.

Le nouveau partage des richesses de la Libye

En Libye enfin, il n’échappe à personne c’est que la révolution-Otan-Bhl n’est qu’un coup d’Etat sous la houlette de l’ami Abdeljalil, ex-ministre de la Justice de Kadhafi et président du Conseil national de transition (Cnt) libyen, et que les intérêts bien compris énoncés, bien avant l’intervention armée des maîtres France-Angleterre-Usa, étaient l’ossature du deal pour un nouveau partage des richesses pétrolières et gazières de la Libye.

Tout le monde sait aussi que Baghdadi Mahmoudi dispose, outre des codes des fonds secrets libyens, des preuves de corruption de la majorité des successeurs de Kadhafi actuellement au pouvoir.

Il y a fort à parier que l’ancien Premier ministre de Kadhafi (dont il ne s’agit pas d’excuser les crimes avérés) va subir les pires tortures et sévices qui vont permettre d’un côté de faire avouer à un cercle restreint du Cnt tout ce qui est utile aux nouveaux maîtres du pays, et, de l’autre, d’être empêché d’avouer ce que le commun des mortels ne doit pas savoir sur ces mêmes nouveaux maîtres.

Donc, l’extradition de Baghdadi Mahmoudi (il est plus approprié de parler de rapt tant les conditions n’ont respecté aucun aspect juridique national ou international), induisant une omerta et des aveux forcés, arrange les gouvernements des trois pays: l’ex-gouvernement Sarkozy pour la France et les deux actuels gouvernements «révolutionnaires» de Tunisie et de Libye.


Vendredi 6 Juillet 2012


Commentaires

1.Posté par gjingis le 06/07/2012 19:33 | Alerter
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Baghdadi Mahmoudi : J’ai été frappé et maltraité durant ma détention en Tunisie

Baghdadi Mahmoudi, ancien premier ministre libyen, vient de déclarer à une délégation de Human Rights Watch qui lui a rendu visite dans sa cellule à Tripoli le 3 juillet 2012, qu’il a été violenté et maltraité lors de son emprisonnement en Tunisie, information publiée sur le site officiel de l’organisation.
Baghdadi Mahmoudi a ainsi précisé à Human Rights Watch que pendant qu'il était détenu à la prison de Mornaguia, à Tunis, les gardes l'ont menacé et frappé avec des bâtons, des coups de bottes et un fouet en plastique. Il a également déclaré que les autorités tunisiennes ne lui permettaient pas de rencontrer son avocat, l'incitant à entamer une grève de la faim.
A ce propos, l’organisation non gouvernementale appelle les autorités tunisiennes à ouvrir rapidement une enquête afin de vérifier les allégations de Baghdadi Mahmoudi.

L’ancien premier ministre libyen a, également, évoqué le jour de son extradition, affirmant que le 24 juin dernier, les responsables tunisiens lui ont fait croire qu’ils l’emmenaient pour un examen médical. Au lieu de cela, il s’est retrouvé dans un avion, dans lequel l’attendait le chef d’état-major de l’armée libyenne. Ce dernier l’aurait rassuré qu’il ne serait pas maltraité.
Notons également que, toujours selon Human Rights Watch, Baghdadi Mahmoudi affirme ne pas avoir été maltraité en Libye depuis qu’il a été extradé.

http://www.businessnews.com.tn/Baghdadi-Mahmoudi--J%E2%80%99ai-%C3%A9t%C3%A9-frapp%C3%A9-et-maltrait%C3%A9-durant-ma-d%C3%A9tention-en-Tunisie,520,32169,3

2.Posté par gjingis le 06/07/2012 19:55 | Alerter
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suite au poste n 1
quand á cet article ,il est incredible á mon avis
elbaghdadi elmahmoudi est bien mort MALHEURESEMENT le jour meme de son arrivée á Tripoli ..c est juste une poudre aux yeux ..

3.Posté par sabra13 le 07/07/2012 08:42 | Alerter
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je ne comprends pas il n'était mort d'un perforage du poumon par des fractures de côtes cassées
c'est bizarre ce revirement ??????????????????

4.Posté par lepunique le 07/07/2012 09:16 | Alerter
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Le directeur du site Kapitalis Ridha kefi qui a édité cet article est financé par la MEPI (l’Initiative de Partenariat avec le Moyen-Orient et dont le bureau est basé à l’ambassade américaine à Tunis) et ce depuis 2007 quand il était journaliste dans la revue l’expression.

Le montant des subventions permanentes qu’il alloue (MEPI) à certains programmes-pilotes avoisine le million de dollars. Mais il existe des subventions ponctuelles d’un montant inférieur (entre 200 000 et 900 000 dollars) et même des mini-subventions (entre 10 000 et 25 000 dollars). Selon ses promoteurs, plusieurs milliers de personnes originaires du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont, depuis 2003-2004, participé à ces programmes »*.

5.Posté par sinotables le 07/07/2012 12:06 | Alerter
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Il est vrai que la politique n'est pas que morale, mais tout cela pour obtenir l'extradition d'un homme(Baghdadi Mahmoudi) qui, dit l'auteur de l'article, "dispose, outre des codes des fonds secrets libyens, des preuves de corruption de la majorité des successeurs de Kadhafi actuellement au pouvoir." C'est dire que ce mec va ouvrir les coffres, et c'est dans ces coffres-là que la Libye va puiser pour régler son bon voisin? www.sinotables.com.

6.Posté par Zaheer le 07/07/2012 14:00 | Alerter
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Il est mort ou pas, alors ?

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