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BRIC/OCS: la Russie affiche les ambitions de sa politique extérieure (Gazeta.ru)



Vendredi 19 Juin 2009

BRIC/OCS: la Russie affiche les ambitions de sa politique extérieure (Gazeta.ru)
Les deux sommets qui se sont déroulés cette semaine à Ekaterinbourg constituaient la vitrine de la diversification escomptée de la politique extérieure russe, lit-on vendredi dans le quotidien Gazeta.ru. Si le format du BRIC présente uniquement un intérêt du fait que ses participants n'ont rien de commun, les intérêts des membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) sont étroitement imbriqués dans un mélange de coopération et de compétition.
Le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine sont trop différents: leurs systèmes politiques, leurs modèles économiques, leurs priorités de développement et leurs relations avec les principaux acteurs internationaux ont peu en commun et ils ne peuvent donc constituer un bloc ou une alliance capable d'adopter des décisions pratiques.
La situation au sein de l'OCS est tout autre. Les membres de l'organisation ont soulevé il y a quatre ans la question du retrait des troupes américaines d'Asie centrale. Aujourd'hui, les Etats-Unis et leurs alliés préféreraient eux-mêmes se retirer, mais ignorent comment y parvenir. Dans ce contexte, le rôle de l'OCS va progressivement augmenter. Qui plus est, il est étonnant que les Etats-Unis et l'OTAN soient parvenus à éviter jusqu'à présent toute coopération avec l'OSC au cours de la résolution des problèmes de l'Afghanistan et du Pakistan.
La hausse du poids de l'OCS est en premier lieu avantageuse pour Moscou et Pékin. Les intérêts de la Russie et de la Chine concordent principalement au niveau international, tandis que la concurrence entre les deux pays va croissant au niveau régional. Pékin considère l'OCS comme un instrument afin de renforcer sa présence sur les marchés centre-asiatique et d'élargir son accès aux ressources énergétiques de la région. Moscou a de son coté des objectifs tout à fait similaires. Pourtant, la prépondérance économique de la Chine au sein de l'OCS est incontestable. Les experts font depuis longtemps remarquer que la Russie freine sciemment l'intégration économique de l'organisation, car chaque nouvelle initiative en ce sens ne fera que renforcer les positions chinoises.
L'atout russe, c'est la coopération politique et militaire. Compte tenu de la philosophie de sa politique extérieure, Pékin ne donne à personne de garanties de sécurité, c'est pourquoi les pays d'Asie centrale ont intérêt à recourir au "parapluie" russe qui se forme actuellement dans le cadre de l'Organisation du Traité de sécurité collective. Pourtant, les divergences entre les Etats d'Asie centrale, ainsi que le caractère disparate de leurs prétentions à l'égard de la Russie rendent cette structure peu stable. L'objectif de Moscou est de plus en plus compliqué: la situation exige un travail méticuleux et soutenu avec les voisins ainsi qu'une stratégie détaillée de relations avec "l'ami-rival" chinois. Les autorités russes ne font pour le moment ni l'un ni l'autre.
Par Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Rossia v globalnoï politike (La Russie dans la politique globale)
Ce texte tiré de la presse russe n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti.


Vendredi 19 Juin 2009


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