Société

Avant juin de cette année, il y aura une vraie pénurie


Dans la même rubrique:
< >


Jeudi 26 Mars 2009

En Guadeloupe, les rayons des magasins vides après un mois de grève (photo: www.citizenside.com/)
En Guadeloupe, les rayons des magasins vides après un mois de grève (photo: www.citizenside.com/)
On ne peut rien avoir quand il n’y a rien. L’effondrement industriel mondial aura des conséquences matérielles et très réelles … bientôt. Dans les rayons des magasins, d’habitude remplis de biens de consommation de toutes sortes, il y aura tout à coup des trous. Lorsqu’on demandera au gérant ce qui se passe, il répondra probablement que le fournisseur a fermé boutique. Ne vous étonnez pas si ce magasin est fermé à son tour lorsque vous vous y rendrez la prochaine fois. La grande déflation est arrivée. •

Source: The Privateer, No 624, mars 2009

Dans le monde entier, la production industrielle s’effondre

L’ancien directeur de la Réserve fédérale Paul Volcker a attiré l’attention sur la chute de production sans précédent dans les usines du monde entier. Il a constaté que la baisse de la production avançait plus vite qu’en 1930! The Privateer, dans ces derniers
numéros, a plusieurs fois attiré l’attention sur le phénomène. Le volume de la production s’effondre à une vitesse inconnue jusqu’ici. Voici un résumé de la situation mondiale.
Les chiffres annualisés de février sont les suivants: Taiwan (–43%), Ukraine (–34%), Japon (–30%), Singapour (–29%), Hongrie (–23%), Suède (–20%), Corée (–19%), Turquie (–18 %), Russie (–16%), Espagne (–15%), Pologne (–15%), Brésil (–15%), Italie (–14%), Chine (–12%), Allemagne (–12%), France (–11%), USA (–10%) et Grande-Bretagne (–9%). C’est une catastrophe.    •

Source: The Privateer No 624, mars 2009
(Traduction Horizons et débats)


Ce qui peut se passer quand un pays est financièrement dépendant …

Dans son livre «La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre.» Naomi Klein raconte ce que signifiait – et peut toujours signifier – pour différents pays d’être financièrement dépendants d’autres pays ou d’institutions financières agissant au niveau international.
On peut imposer à de tels pays une poli­tique contre la volonté de leur peuple et gouvernement – et cela en suscitant des conséquences fatales.
Dans le chapitre de Klein sur la Pologne, on peut lire sous le titre «Le choc du pouvoir» (p. 216 sqq.): «Ainsi que les Latino-Américains venaient tout juste de l’apprendre, les régimes autoritaires ont pour habitude d’embrasser les principes de la démocratie au moment précis où leurs projets économiques sont sur le point d’imploser. La Pologne ne fit pas exception à la règle. Pendant des dizaines d’années, les communistes avaient multiplié les erreurs coûteuses et désastreuses, et la Pologne était au bord de l’effondrement économique. Walesa eut la formule célèbre (et prophétique) suivante: ‹Pour notre malheur, nous avons gagné!› Lorsque Solidarité prit le pouvoir, la dette s’élevait à 40 milliards de dollars et l’inflation à 600%. Il existait une grave pénurie alimentaire et un marché noir florissant. De nombreuses usines fabriquaient des produits qui, faute de preneurs, pourrissaient dans des entrepôts. L’entrée des Polonais dans la démocratie fut cruelle. Ils étaient enfin libres, mais rares étaient ceux qui a­vaient le loisir ou l’envie de célébrer: leurs bulletins de paie ne valaient plus rien. Ils passaient leurs journées à faire la queue pour acheter de la farine et du beurre si, par le plus grand des hasards, il y en avait cette semaine-là.»
Le gouvernement de Solidarité avait grand besoin d’argent. Naomi Klein poursuit: «Tout l’été suivant son triomphe électoral, Solidarité fut paralysé par l’indécision. La vitesse à laquelle l’ordre ancien s’était écroulé et l’ampleur de la victoire avaient constitué en eux-mêmes des chocs. Les militants de Solidarité, qui, quelques mois plus tôt, fuyaient les agents de la police secrète, devaient désormais payer le salaire de ceux qui les a­vaient pourchassés. Et ils apprirent avec stupéfaction que l’Etat avait à peine de quoi honorer ses obligations. Plutôt que de bâtir l’économie postcommuniste dont il avait rêvé, le mouvement dut s’attaquer à une tâche beaucoup plus pressante: éviter l’effondrement total et la famine.»
Quel chemin le nouveau gouvernement polonais devait-il entamer? Klein raconte le dilemme d’un gouvernement qui avait de bon projets, mais ne pouvait pas agir en indépendance:
«Les dirigeants de Solidarité ne voulaient plus de la poigne de fer que l’Etat exerçait sur l’économie, mais ils ne savaient pas par quoi la remplacer. Pour les militants de la base, c’était l’occasion de faire l’essai du programme économique. si elles étaient converties en coopératives de travailleurs, raisonnaient-ils, les usines exploitées par l’Etat retrouveraient peut-être le chemin de la viabilité économique – la gestion par les employés avait des chances d’être plus efficace, d’autant qu’on n’aurait pas à supporter les dépenses supplémentaires liées aux bureaucrates du Parti. D’autres préconisaient une approche progressive comme celle de Gorbatchev à Moscou – une lente expansion dans les secteurs assujettis aux règles monétaires de l’offre et de la demande (augmentation du nombre de boutiques et de marchés autorisés) conjuguée à un fort secteur public calqué sur le modèle scandinave de la social-démocratie.
Comme l’Amérique latine avant elle, la Pologne dut, avant toutes choses, demander un allégement de sa dette pour sortir de la crise immédiate. En théorie, c’est le mandat du FMI: fournir des fonds de stabilisation pour prévenir les catastrophes économiques. Si un gouvernement méritait qu’on le tire d’affaire, c’était bien celui de Solidarité, qui, dans le bloc de l’Est, venait de signer la première victoire démocratique contre un régime communiste en 40 ans. Après tout, le Rideau de fer et le totalitarisme qu’il abritait avaient été voués aux gémonies pendant toute la Guerre froide; les nouveaux dirigeants de la Pologne étaient en droit de s’attendre à un coup de main.»
Pourtant, on ne les a pas aidés. Klein décrit ce qui s’est passé en lieu et place: «Désormais sous la coupe des économistes de l’école de Chicago, le FMI et le Trésor des Etats-Unis étudièrent les problèmes de la Pologne sous l’angle de la stratégie du choc. Confrontée à une grave crise économique, criblée de dettes et, de surcroît, désorientée par un rapide changement de régime, la Pologne était suffisamment affaiblie pour accepter une thérapie de choc radicale. Les perspectives financières étaient encore plus alléchante qu’en Amérique latine: pour le capitalisme occidental, l’Europe de l’Est, où il n’existait pratiquement pas de marché de consommation, était un territoire vierge. Les actifs les plus précieux demeuraient la propriété de l’Etat et, à ce titre, étaient de parfaits candidats à la privatisation. De formidables occasions de profits s’offraient à ceux qui réagiraient les premiers.
Persuadé que le pourrissement de la situation inciterait le nouveau gouvernement à accepter une conversion totale au capitalisme sans entraves, le FMI laissa le pays s’enliser dans l’endettement et l’inflation. La Maison-Blanche, dirigée pas George H.W. Bush, félicita Solidarité de sa victoire contre le communisme, mais indiqua clairement que l’administration américaine comptait sur Solidarité pour rembourser les dettes accumulées par le régime qui avait banni et emprisonné ses membres. Elle offrit une aide de 119 millions de dollars, maigre pitance pour un pays au bord de l’effondrement et qui avait besoin d’une restructuration en profondeur.»


Le show de Gordon Brown: Faire fonctionner la planche à billets …


Gordon Brown est le Premier ministre de Grande-Bretagne. Le 4 mars, la veille du jour où la Banque centrale d’Angleterre (BoE) a annoncé sa décision d’imprimer de l’argent, il a prononcé un discours devant le Congrès américain. Les députés ont été extrêmement séduits par ses paroles et se sont levés 19 fois pour l’applaudir. Il n’a cessé de dire que le monde allait re­naître des cendres de la crise financière actuelle et cela grâce au «plan économique hardi destiné à restaurer la prospérité» que lui-même en Grande-Bretagne et le président Obama aux Etats-Unis avaient concocté avec tant d’héroïsme. «Ce n’est pas de l’optimisme aveugle ou une confiance artificielle destinée à consoler le peuple», a déclaré Gordon Brown, «c’est l’affirmation pragmatique aujourd’hui de notre foi en un avenir meilleur».
Vraiment? The Privateer a passé des années à analyser et à expliquer les mesures «pragmatiques» que les gouvernements et le système bancaire et commercial ont prises là-bas. Nous présentons une vue d’ensemble de la question dans la dernière partie du Global Report intitulée «Who decides?».
Il y a 10 ans, Gordon Brown était Chancelier de l’Echiquier dans le gouvernement Tony Blair. En mai 1999, il autorisa la BoE à annoncer le début de ventes d’or aux enchères. Entre juillet 1999 et mars 2002, la BoE en a organisé 17 au cours desquelles elle s’est dépouillée d’un total d’environ 400 tonnes d’or. Le prix moyen obtenu était d’environ 275 dollars l’once. Remarquez que la période pendant laquelle ces ventes ont eu lieu – juillet 1999 à mars 2002 – coïncide presque parfaitement avec le creux de la vague dont a émergé l’actuel marché global haussier de l’or.
10 années plus tard, Mr Brown a de nouveau «pris une décision». Cette fois, la BoE imprime de l’«argent». C’est une dernière tentative désespérée de sauver un système dont le sort était scellé, en particulier en Grande-Bretagne, lorsque la BoE a décidé de vendre ouvertement de l’or et d’utiliser le produit de la vente pour acheter des créances du Trésor américain.

Source: The Privateer No 624, mars 2009

(Traduction Horizons et débats)


Jeudi 26 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par zimir le 27/03/2009 08:49 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler


Mais de quelle dette il s'agit? puisque la Pologne appartenait au bloc de l'est avec une économie fermée et un zloty qui ne valait rien en occident ?
La vérité c'est que la libération de la Pologne a été de souscrire auprès du FMI et d'endetter son peuple à fond dont une grande partie est allé direct dans les poches des apparatchiks.
Le capitalisme est une horreur mais surtout ne faites rien pour vous en sortir, la Pologne bla bla la Pologne.
Il faudrait particulièrement révéler quelle officine qui a soutenu en espèces sonnante et trébuchante et en secret solidarité, d'une part et aussi faire la genèse de l'adhésion totale de ce pays envers les US et sa responsabilité envers le bouclier anti-missile, qui nous a mis en fâcheuse posture contre la puissante Russie.
Moralité le capitalisme est une horreur mais ne faites rien.
Le capitalisme ceci, le capitalisme cela, il fait ci, il fait ça, il est comme ci et comme ça bla bla.
CONCRETEMENT ON FAIT QUOI POUR EN SORTIR ???

2.Posté par Renaud le 27/03/2009 12:05 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

La solution est le "Crédit social" préconisé par Louis Even depuis 70 ans !

Des pistes possibles pour en sortir ( en dehors de la probabilité d’une 3ème guerre mondiale !)

1- videos sur L’Argent Chute de l’Argentine
http://www.dailymotion.com/relevance/search/L%27Argent+Chute+de+l%27Argentine
montrant comment l’Argentine a pu réagir face à la crise qui l’a touché durement.
Edifiant !

2- une alternative à la proposition de Larouche ; ça fait 70 ans que c’est proposé et ça fait 70 ans que ça nous est caché !( pour les raisons que l’on sait).
Le Crédit social divulgué par Louis Even.( rien à voir avec le parti politique canadien du même nom:”Crédit social”, qui a été fondé afin de créer une confusion propre à rebuter le bon peuple et à l’éloigner de la solution à ses problèmes).
C’est du “catho”, mais pas de ma faute si les solutions géniales sont “cathos” !!!( je n’en suis pas, mais j’ai su apprécié leurs propositions que je suis en train d’étudier en ce moment). Alors passez outre le côté “religieux” et lisez :

-”Sous le signe de l’abondance”(de la p.13 jusqu’à la fin du livre):
http://www.michaeljournal.org/soussigneFF.pdf

-”Du régime de la dette à la prospérité”( de la p.4 jusqu’à la fin)
http://www.michaeljournal.org/Larkin_fr.pdf

–”Une finance saine et efficace” ( liens des suites en bas de page)
http://www.michaeljournal.org/finsain1.htm

-”Les propositions du crédit social”( de la p.3 à la fin)
http://www.michaeljournal.org/10lecons.pdf

Ces deux types de documents ( vidéos sur l’Argentine et crédit social), nous montrent que la monnaie doit correspondre aux valeurs réelles du pays( sa production ,le patrimoine laissé par les générations passées etc…)et qu’avec un minimum d’organisation et de confiance ( le mot “crédit” signifie confiance), on peut rouler sans “eux”( les promoteurs du NWO).

bonne découverte à tous !

PS: et ça, c’est pour la ” récrée”, un petit goutté pour le 4 heure !

http://www.michaeljournal.org/ilenauf.htm

mignon tout plein.

Nouveau commentaire :

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences


Publicité

Brèves



Commentaires