La décision de la direction albanaise a déçu les Etats-Unis, qui comptaient beaucoup sur ce pays pour détruire une partie des armes chimiques syriennes. Or les USA ont commis une faute en choisissant ce pays, a expliqué le directeur du Centre des études politiques et sociales, Vladimir Evséev :

« Pour détruire des armes chimiques il faut posséder l’infrastructure appropriée, que seuls quelques Etats possèdent actuellement. L’Albanie a refusé aussi parce qu’elle n’a pas les capacités suffisantes pour détruire dans de brefs délais plus d’un millier de tonnes d’armes chimiques. »

Il ne faut pas exclure un marchandage politique entre les acteurs clés de la politique internationale au sujet de l’endroit de la liquidation de l’arsenal chimique syrien. Il ne serait pas superflu de rappeler à l’Occident à qui la Syrie doit la possibilité de fabriquer du gaz innervant, a jugé l’expert militaire indépendant Oleg Ovsiannikov.

« Dans ce cas les Etats-Unis et la Russie devront, avant de désigner un pays, déterminer la nature du programme lui-même. Les armes chimiques syriennes résultent de technologies sensibles et de la coopération de la Syrie avec des consortiums européens et américains. »

Par ailleurs, l’Occident pourra exploiter cette indécision en matière de destruction des armes chimiques syriennes contre la Russie. Comme l’a noté M. Evséev, il est fort probable que notre pays soit chargé de cette mission :

« J’exclus que l’arsenal chimique syrien puisse être détruit au Proche-Orient ou en Afrique du Nord. On ne saura le faire qu’en Europe. Et il n’y a pas d’alternative à la Russie. En somme, il faut se rendre compte que le problème du choix de l’Etat capable de détruire les armes chimiques dans de tels délais est extrêmement difficile. Précisément au regard du nombre limité des capacités de destruction de telles armes. »

De l’avis de M. Evséev, détruire les armes chimiques hors de la Syrie dans les délais prévus par l’OIAC, d'ici le milieu de 2014, est peu envisageable. L’expert considère que dans les conditions de la situation tendue en Syrie le transport des armes chimiques à travers son territoire comporte de grands risques pour la population et l’environnement. T