Proche et Moyen-Orient

Arabie saoudite, phase 3



Gilles Devers
Mardi 26 Avril 2016

La phase 1, c’était clair et net. Le 2 janvier, les dirigeants saoudiens décident de l’exécution de 47 personnes, dont un important religieux chiite. Une exécution de masse d'une importance rarement connue, et donc un signal clair donné au monde arabe, aux partenaires occidentaux et à l’Iran. L’Iran n’a pas bronché une oreille, choisissant de conforter ses relations avec la Russie et avec les États-Unis, visiblement prêt à jouer un rôle de stabilisateur dans la région.

La phase 2, moins évidente, a été le double retrait des États-Unis et de la Russie du Moyen-Orient, car l’un et l’autre n’ont plus les moyens de faire face. Les États-Unis courent après l’argent, et Obama, pour sa dernière année de porte-parole des industries de l'armement, essaie de récupérer un peu de sous pour l’OTAN – 2% du PIB, rien que ça – et la signature du traité TAFTA. La Russie, bien atteinte par les sanctions économiques et la chute du prix du pétrole, maintiendra sa présence en Syrie et y défendra ses intérêts, pour garder un contact en Méditerranée et bloquer l’arrivée des djihadistes dans le Caucase. Mais le pic de l’effort militaire est passé, et El-Assad doit maintenant se refonder. Bref, les États-Unis et la Russie baissent d’un cran, laissant dans cette région fracassée par la destruction des pouvoirs étatiques, deux nouveaux géants face-à-face : l’Iran et l’Arabie Saoudite.

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Vient donc la phase 3

Le roi Salmane, âgé de 80 ans, est entrain de passer la main au vice-prince héritier, Mohammed Ben Salmane. Actuellement, notre ami est ministre de la Défense, deuxième vice-Premier ministre, conseiller spécial du souverain et président du Conseil des affaires économiques et de développement, organe qui supervise Saudi Aramco, la première compagnie productrice de pétrole au monde, qui exploite le sous-sol du royaume. C’est lui qui supervise les opérations militaires lancées au Yémen.

Un bon p’tit gars de 31 ans, avec comme projet : « S’il n'y a plus de pétrole en 2020, nous pourrons survivre ». Un vrai problème. La croissance a chuté de 3,4% en 2015, et pour 2016, la prévision est de 1,2%. Pour la première fois, l’exercice budgétaire a été 98 milliards $ en 2015, avec une prévison de 87 milliards $ pour 2016. Tout un plan d’économie interne a été mis en œuvre.

La réaction ? L’Arabie Saoudite veut faire sentir sa puissance financière, en annonçant l’ouverture du capital d’Aramco. Avec une cession de moins de 5 % du capital, quelques privatisations, et la mobilisation de capitaux maison, l’Arabie Saoudite sera maître d’un fonds souverain de 2.000 milliards de dollars, du jamais vu.

En ligne de mire, le fonds souverain norvégien, actuellement le premier avec 800 milliards, qui se retrouvera numéro 2. Le vice-prince confirme : « Nous avons une dépendance maladive vis-à-vis du pétrole en Arabie saoudite, ce qui est dangereux. Cela a entravé le développement de plusieurs secteurs ces dernières années Nous envisageons de créer un fonds souverain de 2.000 milliards de dollars » dont les actifs proviendront de la vente d’une petite partie d’Aramco. Il s’agira du plus grand fonds d’investissement au monde, et de loin. Même en vendant 1% d'Aramco, ce sera la plus grande introduction en Bourse au monde ».

Sur le papier, c’est joli. Genre : « Nous pourrons peser sur tous les grand projets d’investissements dans le monde ». Très bien, sauf qu’on en parle depuis longtemps, et que côté réalisations, ça a été mollo et plus que pépère. Les marchés d’armes et les financements criminels, oui, on a vu, mais pour le reste… 


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Arabie saoudite, phase 3


Mardi 26 Avril 2016


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