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Après avoir renoncé au nucléaire, le Japon construit de nouveaux réacteurs


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Konstantin Bogdanov
Mercredi 3 Octobre 2012

Après avoir renoncé au nucléaire, le Japon construit de nouveaux réacteurs
Après la catastrophe de Fukushima en mars 2011, le Japon a pris une décision inattendue.  En effet, le pays du Soleil levant reprend la construction de centrales nucléaires : la compagnie J-Power a annoncé mardi la relance de son projet de construction à Oma, dans la préfecture d'Aomori au nord du pays, abandonné à mi-chemin l'année dernière.
Selon les anciens plans, datant du milieu des années 2000, ce réacteur devait être mis en service en novembre 2014. Ces délais seront évidemment repoussés.
Que se passe-t-il ? Pourquoi un pays qui voulait renoncer complètement au nucléaire civil à l'horizon 2030 relance-t-il aujourd'hui la construction de centrales nucléaires ?
Le fait est que le réacteur d'Oma est très spécial. Il est conçu pour abriter un combustible spécifique, le MOX (mixed oxide fuel), un mélange d'oxyde d'uranium et de plutonium, contrairement au combustible classique - du dioxyde d'uranium enrichi en isotope uranium-235.
Quelle est la particularité du réacteur d'Oma ? Il est appelé à devenir l'un des éléments du plan pluthermal (plutonium-thermique) – projet central du programme nucléaire civil du Japon -, qui devrait mener à la mise en service des réacteurs fonctionnant au plutonium "renouvelable" – un mélange d'isotopes qui s'accumule dans le combustible nucléaire "classique" usé.
De cette façon, les Japonais tentent de fermer partiellement le cycle de combustion nucléaire en arrêtant de faire de l'uranium déficitaire un déchet. Même s'il est incorrect de qualifier cette substance de déchet : elle contient en effet beaucoup de matières fissiles utiles, qui peuvent être réutilisées. C'est la raison pour laquelle le combustible nucléaire usé est plus souvent qualifié d'"irradié".
Les experts considèrent le projet japonais comme une transition vers de nouvelles technologies d'énergie nucléaire, caractérisées par l'utilisation de réacteurs à neutrons rapides et la fermeture du cycle de combustion – qui permet d'élargir la base de ressources grâce au combustible usé.
Alors, qu'avons-nous en fin de compte ? En dépit des discussions sur l'abandon de l'énergie nucléaire pour 2030, le Japon poursuit habilement sa transition vers un nouvel ordre technologique dans le domaine du nucléaire civil.
Car, à moyen comme à long terme, il n'existe aujourd'hui aucune alternative à l'énergie nucléaire - et ce malgré toute les passions pour le combustible "vert". Ce dernier coûte relativement cher et, en prévision d'une longue stagnation de l'économie mondiale, on assistera justement à une véritable bataille pour la réduction des frais de production industrielle.
De plus, l'économie du Japon est, en termes d'énergie, essentiellement orientée vers les exportations. Ce pays ne disposant d'aucune source d'hydrocarbures, la seule chose qui pourrait sauver le bien-être fragile des verts japonais serait une division par 3 ou 4 des tarifs pétroliers à long terme – comme pendant l'époque bénie de 1985-2000. Peut-être que ce scénario se réalisera grâce au marché du gaz naturel liquéfié (GNL), en cours de formation, mais il serait très imprudent, pour le pays, de reposer sur cette issue indépendante de sa propre volonté.
Par conséquent, Tokyo n'a pas le choix : tous les autres acteurs importants préparent déjà leurs plans de passage à la nouvelle technologie. Et il ne s'agit pas seulement des puissances nucléaires de premier rang mais également de pays tels que l'Inde et la Chine. Ce sont les affaires - et la compétitivité nationale. Rien de personnel ou d'écologique.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction Ria Novosti


Mercredi 3 Octobre 2012


Commentaires

1.Posté par ConscienceU12 le 04/10/2012 10:32 | Alerter
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ConscienceU12
"Il n'existe aujourd'hui aucune alternative à l'énergie nucléaire" ;

Mon cul, et les technologies liés aux énergies libres du type Magravs c’est quoi alors, …ah oui c’est vrai à terme elles deviennent quasi gratuites pour toute l’humanité une fois exploités, dommage !
Toujours la même question de pognon, ...tout le monde va crever et vous les élites avec, sauf que vous vous crevez les poches pleines, c’est la seule différence, …bande d’abrutis, criminels !

2.Posté par Depositaire le 04/10/2012 10:36 | Alerter
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Voila la démonstration absolue, si l'on peut dire, de l'absurdité et de la dangerosité de ce type d'économie de marché basé sur la spéculation boursière et une croissance économique indéfinie.

Ce pays a été confronté et se trouve toujours sous la menace de la pire des catastrophes nucléaires ayant jamais existé. Un pays qui a subi à deux reprises le bombardement atomique. Un pays qui aune région entière invivable à cause des retombées radioactives dues à l'explosion d'une centrale nucléaire. Et ce pays, qui est le mieux placé au monde pour voir les dégâts et la dangerosité du nucléaire même civil, pour ne pas remettre en question la sacro-sainte économie de marché, est prêt à augmenter le danger nucléaire en construisant d'autres réacteurs !

Existe t-il une preuve plus grande que celle-ci ?

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