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Ambassade américaine : la plus grand tranchée de Bagdad



IRIB
Samedi 24 Novembre 2007

Ambassade américaine : la plus grand tranchée de Bagdad
Après l'invasion de l'Irak, les troupes américaines se sont heurtées à
une vague d'insécurité et de violence dont la responsabilité leur revenait tout
droit.

L'insécurité est née en Irak avec la présence américaine. Les première vagues de
violence ont été de telle acuité que l'armée d'occupation s'est retrouvée
totalement démunie n'ayant d'autre choix que de se barricader derrière les murs
entiers de béton. On se rappelle fort bien les discours éloquent et plein de
générosité des responsables de la Maions Blanche qui dès Avril 2003 se
rivalisaient pour promettre monts et merveilles aux Irakiens victimes de trois
décennies de politiques suicidaire de Saddam : on allait reconstruire leur pays,
ériger sur les ruines des guerres un état exemplaire.

Dan Senor, un porte parole de la Maison Blanche fut à l'époque l'un de ceux dont
le discours était cité le plus : celui-ci parlait de la construction des dizaines
de centrales électrique d'autant sinon plus d'université, de complexes
industriels, de réseaux de distribution d'eau potable, bref « de tout ce qu'il est
nécessaire pour que la répartition des richesses soit équitables en Irak et que
toutes les minorités y trouvent leur compte ». de ces infrastructure restaurée,
ajoutait-il, sortirait alors un Irak démocratique, libre, souverain sans nul
dérive communautaire ou éthniciste ». 4 ans après, il ne reste presque plus rien
de ces belles promesses. Aujourd'hui, les troupes étrangères constituent la source
principale du désordre et du chaos. Mais rappeler l'état matériel dans le quel se
trouve les forces américaines n'est pas sans intérêt.

Dès les premiers jours de l'occupation les commandants et les officiers de l'armée
américaine ont choisi par mesure de sécurité de se retrancher derrière les palais
et les bâtiments publics laissés par le dictateur. C'est ce complexe d'immeubles
qu'on appelle Zone Verte. C'est la seule zone de tout Irak où l'occupant a un
temps tenu ses promesse de reconstruction avant qu'un changement de politique ne
vienne la placer aux côtés d'autres localités de la capitale frappé d'oublie et
d'inaction . Aux yeux de ses occupants, l'Irak est divisé en deux zone verte et
rouge, la première étant ce même quartier paisible qui abrite les hauts gradés,
les diplomates et les officiers américains, la second étant le reste de l'Irak
plongée dans l'insécurité.

Mais la zone verte et ses fils de barbelée n'auront pas suffi à apaiser les
craintes de « braves soldats de la démocratie ». Dès les premiers jours de leur
déploiement, ces derniers ont décidé d'édifier des fortifications tout autour de
cette zone et de ses immeubles. Ainsi le complexe qui abrite la nouvelle
représentation diplomatique des Etats-Unis à Bagdad est un chef d'œuvre de béton
de pierre et de fer. Il s'agit, comme le soulignaient les medias, de la plus
grande tranchée des Américains à Bagdad. Ce bâtiment est le fruit de trois années
de travail, un travail qui a coûté quelque 1.2 milliards de dollars aux
contribuables américains. L'Ambassade la plus fastueuse du monde, ainsi que disent
d'aucuns se dresse le long de l'Euphrate sur une surface aussi grande que celle du
Vatican. Ses innombrables pièces pourraient accueillir à la fois des centaines de
personnes. Plus de 600 appartement et de studio y sont prévus pour loger les
employés ou abriter des bureaux et des
sections administratives.

Les Américains ont employé les ouvriers de bâtiment népalais et bengalais pour les
travaux de construction par manque de confiance à l'égard des Irakiens. Les murs
sont conçus d'une manière qu'ils résistent aux attaques à l'explosif quelque soit
son intensité. Il va sans dire que cette super résidence comporte ses centres
commerciaux, une bande d'atterrissage pour des hélicoptères destinés aux
déplacement des autorités de hauts rangs ainsi qu'un système indépendant de
fourniture d'électricité et d'eau potable. Cette ville dans la ville dispose
également d'un système de télécommunication et d'IT indépendant. Des terrains du
sport (golfe, tennis...), des salles de gymnase, des piscines font légion. Outre ces
équipements divers, « l'Ambassade » est équipée d'un système de climatisation
ultramoderne qui permet de faire face à tout sorte d'attaque microbiologique ou
chimique.

Ce chef d'œuvre d'architecture est aussi un chef d'œuvre de mensonge : car qui
croirait que les forces américains iraient dans un avenir proche quitter l'Irak
pour laisser les Irakiens bénéficier d' une aussi coûteuse construction. La
présence américaine en Irak ne fait que commencer. Ainsi que le soulignait il n'y
pas si longtemps l'ancien inspecteur au désarmement de l'Onu Hans Blix, c'est en
Irak que les Américains envisagent de fonder leur future bases militaires en
remplacement de celles dont ils disposent en Arabie saoudite. Apres la seconde
guerre du Golfe persique, selon Blix, les Américains ont maintenu une partie de
leur troupe dans la région et plus précisément en Arabie saoudite. C'est l'Irak
qui devra prochainement l'accueillir. Mais le grand oublié de ce tohu bohu
stratégique qui règne à Washington est sans doute l'Irak et sa reconstruction. Il
va sans dire que les occupant pensent plus au triomphe de leur intérêt qu'au
rétablissement de l'ordre et de
sécurité en Irak. Le conte de l'Irak libre et prospère n'était après tout destiné
qu'à acheter du temps et à assommer les adversaires !


Samedi 24 Novembre 2007

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