Economie et pouvoir financier

Allianz, un ancien agent général déballe


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Olivier Renault
Vendredi 25 Juillet 2014

Allianz, un ancien agent général déballe

 

En 1996, André Ricci, alors âgé de 42 ans, prend une première agence d'assurances aux AGF à Delle (90) qui vont devenir Allianz en 1996. André Ricci prend une deuxième agence à Belfort en 1999.

C'est encore AGF, l'assureur français pour lequel André Ricci travaille comme agent général. Mais l'assureur français va être dévoré par l'assureur allemand qui porte comme logo l'aigle. «Tout un symbole !» comme le dit André Ricci. Pour ce deuxième portefeuille, André Ricci a emprunté et payé la somme de 151 869 euros à Allianz en décembre 2003. Il a demandé à Allianz le détail de son acquisition qui mentionne la liste des clients, les numéros de contrats, les commissions, comme le veut la loi, mais Allianz refuse. En mai 2007 Allianz absorbe en totalité les AGF. André Ricci explique qu'avec l'arrivée de l'assureur allemand en France, alors qu'il avait développé un important portefeuille d'assurances entreprises, il découvre comme des centaines d'autres agents généraux français l'enfer des pressions et du stalking de l'assureur allemand, « une technique bien huilée pour liquider les agents généraux où Allianz se sert de tout un tas de prétextes dans le cadre d’une politique générale, concertée en haut lieu ». Allianz va dans le cadre de sa politique commerciale, « pour d’obscures raisons», commencer unilatéralement à résilier des contrats y compris rentables qui vont saboter des années de travail des agents généraux. Alors qu'Allianz ne peut prouver une seule malversation à André Ricci, Allianz débarque dans son agence avec un huissier et prend par la force tous les dossiers des clients.

D'anciens agents d'Allianz vont connaître la même situation qu'André Ricci en France. Les pressions d'Allianz provoquent ruine, divorces, crises psychologiques (André Ricci a récupéré son épouse au bord de la voie ferrée), des maladies, des suicides. Allianz prend les portefeuilles clients des agents généraux par la force et n'hésite pas à hypothéquer leurs maisons. Selon d'autres victimes d'Allianz, le règne de la peur et de la terreur est mis méthodiquement en place par l'assureur allemand. Des fonctionnaires de Bercy en passant par la banque de France, tous savent mais se taisent car pendant que « le massacre des agents généraux commençait avec l'arrivée d'Allianz, les dirigeants d'Allianz/AGF France s'enrichissaient», explique André Ricci. « Faussement accusé par Allianz, ma réputation est massacrée», dénonce-t-il. La rumeur publique continue de courir dans sa ville qu'André Ricci serait parti menotté entre deux gendarmes. Dans ses recherches, ce dernier apprend qu'Allianz emploie les mêmes techniques inhumaines et impitoyables pour dégraisser et explique qu'Allianz a assuré les camps de la mort, la fabrication du Zyklon B… André Ricci informe sur ces fait historiques et dénonce que l'assureur allemand n’a pas changé dans sa mentalité. Sa volonté de se battre, de dénoncer les représailles d'Allianz et sa volonté d'informer que l'assureur allemand a participé à l'holocauste provoque l'ire d'Allianz qui veut la peau d'André Ricci. Celui-ci a mis le doigt dans un scandale d’Etat et dans un scandale de gestion d'entreprise, et mène le combat. Le service presse d'Allianz, informé des accusations d'André Ricci, ne nous a pas encore répondu.

LVdlR : Vous dénoncez le statut d'agent général en France ?

André Ricci : En effet, le statut de l'agent général d'assurance en France est totalement délirant. C'est en réalité un mandat de gestion. L'agent n'est pas propriétaire de la clientèle, y compris celle qu’il a lui-même créée. Résultat au nom de la pseudo-protection de ses intérêts, Allianz s'autorise tout, absolument tout ! Mon expert comptable les a traités de voyous…

LVdlR : Vous aviez le statut 1949. Expliquez-nous.

André Ricci : C'est le statut des agents généraux d'après guerre. L'agent général a des pouvoirs de souscriptions, gère ses sinistres, procède aux encaissements des cotisations et un commissionnement correct. Il n'y en a plus beaucoup et de toute façon la pression est mise pour les amener au nouveau statut nettement moins favorable ! En effet, les compagnies d'assurance ont souhaité mettre fin à ce mandat et en mettre en place un nouveau fin des années 1990 : moins de pouvoirs de souscriptions, commissionnements en baisse, pas d'encaissement et pas de gestion des sinistres. La raison essentielle tient au fait que les compagnies ont procédé à d'importantes concentrations de compagnies avec pour corollaire des sureffectifs en nombre d'agents et surtout trop de personnel interne. Et pour se faire, quoi de mieux que de mettre la pression sur les vieux agents statut 49, prendre de jeunes agents en nouveau statut et donner du travail à des salariés internes y compris la reprise d'agences par des ex-inspecteurs de compagnies. Sauf qu'Allianz en France avait un grand nombre de gens à débarrasser et à caser, d'où la brutalité de la méthode !

LVdlR : Allianz vous prend manu-militari les dossiers de vos clients. Racontez-nous.
André Ricci : Révocation le lundi, inspection comptable le mardi. Tout est réglé à la demande d'Allianz sur la base d'une comptabilité invérifiable, débarquement d'un transporteur le mercredi qui emmène tous les dossiers… et mon personnel. Du jour au lendemain, vous n'avez plus rien sauf des charges à continuer de payer, un solde d'emprunt à payer pour l'achat du portefeuille de 150 000 euros, le remboursement d'emprunt pour un local que vous vous aviez acheté 155 000 euros 17 mois plus tôt… Qui ressort indemne d’une situation pareille ? Et le samedi, je reçois un courrier comme quoi ma révocation était annulée sans me donner des indications précises de réinstallation. Sauf qu'entre-temps ma réputation était noircie dans toute la ville, mon épouse et ma fille présentes au moment des faits sont en dépression… Cela m'a rappelé les méthodes noires que l'on a connues durant la seconde guerre mondiale…/N


LVdlR : Allianz va-t-il prendre en charge le coût des licenciements ?

André Ricci : Non, Allianz a refusé de prendre sa responsabilité, me laissant seul à devoir régler la note de 30 000 euros sans me proposer non plus une indemnisation honnête du préjudice de la perte de portefeuille entreprises.

LVdlR : Allianz a causé votre ruine, vous a diffamé en public, mais ne vous a toujours pas dédommagé ?

A.R. : Si, 100 000 euros sur la base de leurs… calculs ! Faux bien entendu ! Et j'avais payé plus de 230 000 euros de portefeuille ! Quant à m'avoir indemnisé de mon préjudice : 0 euros ! Et on vous met sur la paille à 52 ans ! Sans état d'âme !

LVdlR : Vous n'êtes pas le seul dans cette situation. Vous dénoncez aussi la situation de l'assureur général ?

A.R. : Malheureusement non. D'autres agents généraux sont en procès, en vain, depuis des années à quelques kilomètres de chez moi et ailleurs. En fait, nous sommes tous arrivés à la conclusion que cela ne sert à rien d'aller en justice, Allianz le sait. Les décisions de justice ne s’apparentent pas à celle que l’on est en droit d’attendre d’un… Etat dit de droit ! Mais les taxes sur les assurances rapportent tellement d’argent au Trésor Public… Ceci explique…cela ! L'omerta !

LVdlR : Vous voulez dire que l’Etat français ferme les yeux sur les agissements d'Allianz car il y trouve son intérêt ?

A.R. : Mais bien entendu ! Nous sommes au cœur de ce que l'on peut nommer la voyoucratie financière où l’individu n’est rien ! Que représente les drames vécus par quelques familles au regard du fric que ça rapporte ?

LVdlR : Comment expliquer que de 3000 agents en 2000, il n’y en ait plus qu'environ 1500 aujourd'hui ?

A.R. : Certainement pas et uniquement pas par des départs en retraite. Quand on met une pression épouvantable aux gens, que croyez-vous qu'il arrive ? Ne pas oublier que c'est Allianz qui détermine la politique commerciale. Allianz donne ou pas des facilités, comme du budget commercial par exemple, à certains agents pour travailler ! Tout cela en réalité a fait l'objet d'un plan concerté, bien organisé en amont pour réaliser des économies… quelle que soit la méthode ! Pour mémoire, du temps d'AGF il y avait 1400 agents… On a procédé à un « ajustement » manu militari !

LVdlR : Vous dites que l'ancien PDG Allianz France, Jean-Philippe Thierry, qui est depuis 2010 vice-président de l'Autorité de contrôle prudentiel, autorité notamment chargée de la supervision du bon fonctionnement des compagnies d'assurance et des banques, s'est enrichi avec l'arrivée d'Allianz. Que lui reprochez-vous, à lui et son équipe ?

A.R. : Tout simplement le fait que de nombreux agents généraux se retrouvent ruinés, mis au ban de la société… et que dans le même temps, Jean-Philippe Thierry a vendu pour plus de 57 802 000 euros de stocks options qui, additionnés à ceux perçus par neuf autres personnes, voit un montant qui s'élève à 155 millions d’euros, soit plus de 1 milliard de francs ! (Les relevés de l’AMF du domaine public en sont la preuve). Est-ce moralement admissible de surcroît dans notre société où beaucoup de gens sont au-dessous du seuil de pauvreté ? Et l'on s’étonne que des millions de gens roulent sans assurance ? 155 millions d’euros cela correspond grosso modo au coût annuel de plus de 400 000 assurances automobiles !

LVdlR : Allez-vous déposer une plainte au pénal contre Allianz et contre Jean-Philippe Thierry ?

A.R. : Ce sera la réponse du berger à la bergère. Non seulement j'ai l’intention de déposer une plainte contre Thierry mais également à l'encontre des personnes concernées par mon éviction et qui sont à l'origine de la réputation délétère qui me poursuit encore aujourd'hui de par leur faute !
Egalement pour escroquerie puisque l'on m'a vendu un portefeuille pour lequel on m'a écrit ne pas avoir le détail. On m'a fait payer…. du vent ! A ce prix là, c'est cher !

LVdlR : Voulez-vous dire qu'Allianz garde les méthodes appliquées durant le nazisme ?

A.R. : Je n'ai heureusement pas connu cette période mais on n'est vraiment en droit de se poser la question au vu de leur brutalité…

LVdlR : En fait ces méthodes employées par Allianz envers les agents généraux sont les mêmes méthodes employées à Continental pour liquider le personnel où toujours actuellement, les anciens Contis se suicident pratiquement tous les mois dans l'indifférence générale. Avons-nous à faire à une méthode allemande ?

A.R. : Je ne sais pas si elle est allemande mais pas française dans la démarche. Le seul constat est que l'individu est considéré comme un consommable au même titre que des matières premières, une variable ajustable du fait du Prince.

LVdlR : Vous décrivez Allianz comme une société aux méthodes brutales. Que faut-il conseiller aux assurés ?

A.R. : Au vu de ce que j'ai vécu et continue de vivre ainsi que d'autres agents, on est bien éloigné de la notion de partenariat réciproque agent – compagnie pourtant prônée par cette compagnie. Que dire aux assurés ? De se faire leur propre opinion. Les agents généraux sur le terrain sont méritants, travaillent beaucoup, investissent, s'endettent,… Que leur reprocher ? Rien.
Que leur souhaiter ? Bon courage !



 http://french.ruvr.ru/2014_07_24/Allianz-un-ancien-agent-general-deballe-Partie-2-5456/



Vendredi 25 Juillet 2014


Commentaires

1.Posté par JBL1960 le 25/07/2014 09:29 | Alerter
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Je ne sais pas si c'est lui qui a dénoncé cela en 1er, en tout cas je le savais depuis fort longtemps. Dans ces conditions, il n'y a qu'une solution, pour nous consommateurs : BOYCOTT. A chaque fois que je vois la pub, je le dis haut et fort : Jamais je ne souscrirait un contrat avec Allianz ; les assureurs des camps de la mort...

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