Economie et pouvoir financier

Aies confiance, petit d’homme …


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Lundi 14 Janvier 2013

Aies confiance, petit d’homme …
Pour régler le problème du debt ceiling, un député voudrait émettre une pièce en platine d’un trillion de dollars.
L’histoire de la pièce magique remonte à l’été 2011, alors que l’administration Obama tentait d’exécuter un budget déficitaire de 1,5 trillion de dollars et que le debt ceiling (littéralement le plafond de la dette), le montant maximum de dette que le département du Trésor est autorisé à émettre[1 ] était déjà atteint (14,3 trillions[2 ] de dollars à l’époque). Le gouvernement des États-Unis était alors dans une impasse ubuesque : le Congrès refusait d’accorder au Président Obama les moyens de financer sa politique tandis que ce dernier exécutait le budget en avertissant qui voulait bien l’entendre qu’à défaut de rehaussement du plafond, les États-Unis d’Amérique risquaient de se retrouver en situation de cessation de paiement.
Début août 2011, un accord fut finalement trouvé et l’administration en place parvint à négocier une élévation du fameux plafond en l’échange de coupes budgétaires programmées en 2013 ; lesquelles, concomitantes avec la fin des allègements fiscaux hérités de l’ère Georges W Bush, ont donné naissance au feuilleton de ce mois de décembre : le non-moins fameux fiscal cliff. Mais cette crise a eut un autre effet remarquable : celui de stimuler la production d’idées destinées à permettre à l’exécutif américain de contourner purement et simplement l’écueil du debt ceiling. C’est à cette occasion, dans un simple commentaire sur un blog d’économie, qu’est née le One-Trillion-Dollar Coin, la pièce à 1 trillions de dollars.
La pièce magique
L’idée consiste à contourner le plafond de la dette en exploitant une faille de la législation américaine – plus précisément, le United States Code, titre 31, section 5112  – qui dispose que (k) le département du Trésor peut émettre des pièces de platine de n’importe quelle valeur faciale et que (h) les pièces ainsi créées ont cours légal aux États-Unis. En théorie, le Trésor pourrait donc frapper une pièce d’une once de platine avec une valeur faciale de 1 trillion de dollars, la déposer sur son compte auprès de la Réserve Fédérale et disposer ainsi d’un trillion de dollars sans émettre le moindre cent de dette supplémentaire. C’est aussi simple que ça.
Or, le plafond de la dette fixé à 16,39 trillions depuis le 30 janvier 2012 (c’est-à-dire plus de 100% du PIB) étant désormais atteint, cette idée revient avec insistance sur le devant de la scène et semble même être prise très au sérieux jusque dans les couloirs de la Maison Blanche. Selon ses nombreux défenseurs, elle est légale au sens où aucune loi en vigueur aux États-Unis ne s’y oppose et elle pourrait fonctionner ; c’est-à-dire qu’elle pourrait permettre au département du Trésor de se débarrasser effectivement de la contrainte du debt ceiling ; c’est-à-dire de passer outre le Congrès des États-Unis.
Sorcellerie monétaire
Si cette solution est bien légale, on est tout de même en droit de s’interroger sur le message qu’enverrait un gouvernement qui contourne ses propres lois et court-circuite le processus parlementaire. En revanche, d’un point de vue strictement économique et aussi rocambolesque qu’elle puisse paraitre, il est très probable qu’elle puisse effectivement fonctionner et ce, sans effets inflationnistes puisque la Réserve Fédérale peut stériliser cette création de base monétaire en revendant une bonne partie de son portefeuille de bons du Trésor (1,7 trillions au 2 janvier 2013) – du moins, dans un premier temps.
S’il est une leçon que l’histoire nous a apprise, c’est qu’un gouvernement – et, à plus forte raison, un gouvernement endetté – qui dispose d’un tel pouvoir en abusera tôt ou tard. La valeur de nos fiat monnaies modernes ne repose sur rien d’autre que sur la confiance que nous avons en leur pouvoir d’achat : en se dotant d’une capacité pratiquement infinie de financement de la dépense publique, c’est la crédibilité du dollar que le gouvernement des États-Unis mettrait en danger et, par la même occasion, l’intégralité du système financier mondial.
Pourtant, ce faisant, le gouvernement des États-Unis créerait un précédent, un cas de jurisprudence qui officialiserait une situation tout à fait nouvelle et extrêmement dangereuse : il disposerait alors de l’équivalent d’une planche à billets. Mettons les choses en perspectives : avec 17 de ces pièces – soit un budget d’environ 27 000 dollars main d’œuvre comprise –, le département du Trésor pourrait racheter l’intégralité de la dette des États-Unis. Ou encore : la frappe d’un One-Trillion-Dollar Coin revient à échanger une once de platine (soit un peu plus de 31.1 grammes et $1 558,9 au cours actuel) contre 1 trillion de dollars. Cette « solution » ne relève pas de l’économie mais de la sorcellerie.
Par Georges Kaplan.
Commentaires de Menthalo -
Puisque Kaplan parle de sorcellerie monétaire, cela nous à ramène aux Gobelins de Gringott’s Bank…  depuis le 28 décembre, vous avez eu le temps de rafraichir vos souvenirs de Harry Potter…
gobelins
Cette pièce en platine de Mille Milliards de Dollars serait elle une aberration ? Les Gobelins qui gèrent la monnaie, depuis que nos Princes leur ont abandonné ce privilège et le seignoriage, qui allait avec, ont déjà répondu à cette question, dans les faits.
La monnaie n’est qu’une convention.
Jadekaurineolithisch1.1a Les cauris ont servi de monnaie en Chine entre 3000 ans  avant JC et 200 ans avant. Ces coquillages, ou copies de coquillages en jade ou autres matériaux, ont servi aux échanges commerciaux en Asie, dans le Pacifique et Afrique et même en Amérique jusqu’au XIXieme siècle. C’est même l’emblème de la Banque malienne de développement. Un sac de cauris (mais cela ne dit pas la taille du sac) vaut 2.000 francs CFA ou 3 euros. Et pourtant, vous en trouverez sur les plages, il suffit de se baisser pour les ramasser. C’est gratuit.
Cela n’a rien de ridicule, c’est une convention… j’ai un peu l’impression de revisiter « Le Petit Prince » de Saint Exupery quand « l’homme d’affaires », tout seul sur son astéroïde explique au Petit Prince venu lui rendre visite, qu’il est très occupé à faire ses comptes. … et qu’il n’a pas le temps de bavasser avec un inconnu.
Regardez dans vos poches. Vous avez un portefeuille avec sûrement quelques morceaux de papier dedans. Sur ces morceaux de papier, il y a écrit 5 euros, 20 euros ou même 500 euros. C’est une convention.
Le papier jaune vaut 200 euros et le papier rose en vaut 500. Et pourtant le papier, lui même, ne vaut rien. Si vous preniez une tonne de billets de 500 euros et que vous cherchez à les revendre comme papier à recycler, les industriels de la récupération vous en auraient donné  88€ la tonne en septembre 2008, mais seulement 72€ la tonne le mois suivant.  C’est fou ce que le prix du billet de 500 euros a baissé en octobre 2008. Remarquez, ce n’est rien à côté du prix des mines d’argent qui avaient perdu 93% de leur valeur.
Mais pour revenir aux gobelins, pourquoi en 2002 une once d’or valait-elle officiellement 250$ et qu’il faut maintenant sortir 1700$ pour avoir la même chose ?
Zimbabwe-dollars
On se souvient des malheurs monétaires du Zimbabwe. Il fallait 100 Milliards de Dollars Z pour acheter 3 œufs de poule.
Le Zimbabwe, ancienne Rhodésie, est le quatrième producteur de platine au Monde avec 4,4 tonnes/an soit 2% de la production mondiale, mais surtout le pays aurait 5,2 Millions d’onces de platine en réserve. Si les Etats-Unis frappent une pièce d’une once de platine avec une valeur faciale de 1000 Milliards de Dollars, la valeur des réserves du Zimbabwe montera t’elle à 5 quintillions de US$ ?
Ben non …
Le kilo de platine vaut environ 38.300 euros… seule la pièce du Trésor américain aura une valeur exceptionnelle, par convention…
Ils auraient pu faire une pièce en plastique d’un Trillion de Dollars… c’est pareil.
Le Trésor Américain avait 14 Trillions de Dollars de dettes, ils sont passés à 16 T$ récemment. C’est totalement abstrait. Ceux qui prêtent au Trésor, encaissent des coupons exprimés en Dollars. Ils en ont tellement, qu’ils ne savent qu’en faire, donc ils vont les prêter au Trésor, qui l’année prochaine, à Pâques ou à la Trinité, leur versera un coupon en Dollar … qu’ils prêteront au Trésor…
Chicago3
A la fin, vous vous trouvez avec des mystères comme ces 279 Millards de Dollars de vrais Bons du Trésor de 1934, saisies par les douanes italiennes aux portes de la Suisse sur des diplomates asiatiques, qui ont été suivis d’une saisie de 6.000 Milliards de $ en Bons du Trésor saisis en Suisse….  puis Lord Blackheath dénonçant devant le Parlement Britannique une fraude de 15.000 Milliards de Dollars  et un procès des familles du Dragon contre Gringott’s et ses Gobelins. Mais chut ! Les Ministères de la magie des différents pays ne veulent pas que ces affaires ne s’ébruitent, ni que les braves moldus puissent douter de la valeur de leurs coquillages sacrés, de leurs médailles commémoratives en platine, de leurs billets roses, verts ou bleus. La monnaie fiduciaire, comme son nom l’indique, est basée sur la confiance. Alors petit d’homme… Aies confiance!
Tu ne comprends pas, tout cela n’est qu’une histoire de convention. Personne n’oserait se moquer de toi dans une telle démesure… Personne !
Aies confiance. Crois en moi…

LIESI


Lundi 14 Janvier 2013


Commentaires

1.Posté par Matt le 30/01/2013 12:21 | Alerter
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Si je comprend bien , on a 15trillard de dette, et hop y'a plus rien. Franchement, que ça passe .. J'attend les réactions.

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