Sciences et croyances

Adieu MESSENGER


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Stephen Smith
Lundi 23 Mars 2015

Adieu MESSENGER

Planète Mercure.
Crédit : NASA/Laboratoire de Physique Appliquée de l’université Johns Hopkins/Institution Carnegie de Washington
Agrandissement


The Thunderbolts Project, Stephen Smith, 20 mars 2015


    Après quatre ans en orbite autour de Mercure, la mission MESSENGER touche presque à sa fin.


    Le 3 août 2004, depuis Cap Canaveral, la NASA a lancé l’expérience Mercury Surface, Space Environment, Geochemistry and Ranging (MESSENGER). Après avoir parcouru près de huit milliards de kilomètres, l’engin spatial de 485 kg a amorcé sa mise en orbite autour de Mercure le 17 mars 2011, puis a entamé sa mission scientifique le 23 mars 2011.


    En avril 2015, un jour ou l’autre, l’engin spatial mettra fin à sa vie en s’écrasant à la surface de Mercure. Le propergol de manœuvre de MESSENGER étant susceptible de s’épuiser, il sera envoyé planer sur une orbite rasant le sol, jusqu'à ce qu'il entre finalement en collision avec la planète.


    Les études de MESSENGER ont confirmé beaucoup de choses : La planète Mercure est petite, 4878 km de diamètre. Les lunes Ganymède, de Jupiter, et Titan, de Saturne, sont plus grandes. Mercure tournant en orbite à une distance moyenne de 57.910.000 kilomètres du Soleil, son année dure 88 jours. Effectuant une rotation en 58,6 jours, la planète en achève trois toutes les deux orbites.


    Mercure, comme la plupart des astres du Système solaire, a un champ magnétique faible, mais les scientifiques n’ont aucune idée de la manière dont il est produit. Le magnétomètre de MESSENGER n’a pas pu résoudre le problème l’origine de ce champ magnétique. Les théories modernes suggèrent qu’il est généré par la rotation d’une « dynamo » de métal en fusion à l'intérieur de Mercure, bien que personne ne sache comment un noyau en fusion puisse perdurer sur Mercure, qui semble froide et morte. L'intérieur en fusion aurait refroidi il y a des lustres.


    Étant donné la forte estimation de sa densité, on pense que Mercure, ferreuse à près de 75%, est entourée par une mince couche de roche riche en silicium. Les théories admises sur les nébuleuses protoplanétaires sont incapables d’expliquer l'abondance de fer : le rapport fer/silicium est opposé à celui des autres planètes rocheuses.


    Recevant en moyenne neuf fois plus de rayonnement à sa surface que la Terre, la température de Mercure dépasse 400°C à midi. Baignée dans la chaleur torride, bombardée de particules chargées provenant du Soleil, comment peut-elle avoir une atmosphère perceptible ?


    Selon les spécialistes des sciences planétaires, une planète dotée d’un champ de gravité faisant seulement 38% de celui de la Terre, et sous une irradiation solaire d’une telle intensité, ne devrait pas avoir la moindre trace d'atmosphère. Il est possible que Mercure puisse être une planète jeune, c’est pourquoi, comme Titan (peut-être une jeune lune de Saturne), elle conserve une partie de son enveloppe primordiale malgré sa faible gravité.


    MESSENGER a découvert des tubes de flux électromagnétiques reliant directement le faible champ magnétique de la planète au Soleil, avec de gigantesques filaments de courant électrique. En avril 2009, les satellites THEMIS de la NASA ont trouvé des « tornades électriques » similaires au-dessus de la Terre, à l'interface entre la magnétosphère et le vent ionique du Soleil.


    Bien connus des spécialistes de la physique des plasmas et des partisans de l’Univers électrique, ces courants ont surpris les spécialistes des sciences planétaires. L’existence de forces électriques affluant dans Mercure sous la forme de tornades géantes, évoque un temps où ces forces doivent avoir été beaucoup plus puissantes.


    Le bassin Caloris, l’une des particularités les plus intrigantes de Mercure, un « astroblème » de 1300 km, est prétendument l’œuvre d’une onde de choc ayant traversé entièrement la planète. Sur la face opposée de Mercure, de bizarres plissements et soulèvements sont censés être aux antipodes de la compression de la croûte que l'énorme pression a partiellement fondue, puis re-solidifiée en strates. Le bassin Caloris, dont nous avons déjà parlé dans des articles précédents de notre chronique Picture of the Day, ressemble à d'autres structures d’« impacts » à anneaux multiples.


    De multiples bassins, découverts sur Mercure comme sur plusieurs autres corps célestes, sont probablement formés au moment où l'électricité érode les matériaux du sol. Les cratères sont généralement circulaires du fait que les forces électromagnétiques sont forcées de les frapper perpendiculairement. Si un arc électrique est constitué de deux filaments en rotation autour d'un centre commun, la surface sera creusée par le plasma, ce qui laissera des flancs abrupts et un bord de débris comprimés. Si plusieurs filaments sont impliqués, les faisceaux de plasma peuvent découper un cratère à l’intérieur d’un autre, avec parfois un ou plusieurs petits cratères sur les bords.


    La plupart des débris parsemant la surface de Mercure semblent être des morceaux de matériaux retombés, qui ont été soufflés par les énergies explosives des décharges de plasma. Ordinairement, comme dans la vue agrandie de l'image en haut de la page, les cratères ont peu ou pas de matériaux de projection autour d’eux.



Original : https://www.thunderbolts.info/wp/2015/03/20/adieu-messenger/
Traduction Petrus Lombard



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Lundi 23 Mars 2015


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