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A quand les sanctions unilatérales et inhumaines contre le peuple syrien ?


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said hilal alcharifi
Samedi 19 Décembre 2015

Les populations civiles souffriront encore cette année du froid

A quand les sanctions unilatérales et inhumaines contre le peuple syrien ?

La presse atlantiste a pu se cacher durant plus de quatre années écoulées du conflit syrien, derrières des termes comme « le régime sanguinaire, le dictateur qui bute son peuple, la répression violente d’une révolution populaire pacifiste qui réclame la liberté et la démocratie ».
La communauté internationale, autrement dit, les États-Unis et leurs alliés européens, ont pu imposer plusieurs séries de sanctions visant, à obliger « le régime de Damas à céder le pouvoir aux rebelles » qui sont à la solde de Washington.
Les médias atlantistes se sont engagés, des les premières heures des manifestations qui ont eu lieu dans le cadre du « printemps arabe », à commencer par la Tunisie en décembre 2010, pour finir, avec fracas, au mois de mars 2011en Syrie.
Ainsi le magazine le point a commencé un article paru le 25 juin 2012 : « depuis quinze mois, le régime de Bachar el-Assad réprime dans le sang la révolte du peuple syrien ».
L’argument de ces sanctions contre soi disant « le régime sanguinaire » est bien là. Mais la presse atlantiste n’a jamais eut la peine d’explorer les impacts de ces sanctions dans la rue, ou sur les visages des populations civiles en Syrie.
Quand les États-Unis décrètent le 18 aout 2011, une « Interdiction d'importer des produits pétroliers et le gel des avoirs de l'État », les répercussions de cette décision qualifiée, pour le moindre, de dépassée, parce qu’elle a touché de plein fouet toute une population civile.
En hivers 2012, les ménages faisaient de longues files d’attente, souvent sous la neige et une température à -5° pendant la journée pour obtenir un bidon de 20 litres de fioul par semaine, rationnés sur le livret de famille.
En hiver suivant 2013, le programme de rationnement, fioul et fourniture d’électricité aux domiciles, est devenu plus dur avec la précarité des produits pétroliers et le gel financier interdisant toute transaction que le gouvernement syrien devrait faire, pour secourir ses populations.
Un ans après le lancement du « volcan de Damas et le séisme de la Syrie » en Juillet 2012 par Washington et Paris, via leurs mercenaires jihadistes, des dizaines de millier de familles se sont vues obligées, suite à l’invasion des hordes terroristes de leurs régions, de fouir leurs domiciles en pleine nuit, tout en laissant derrière eux leurs économies, argent liquide, ou or, mais surtout leurs souvenirs, sans avoir le temps de les emporter sous les tirs d’artilleries lourdes.
Ces familles arrivèrent le plus souvent à Damas en détresse, affolées, affamées après deux ou trois jours de marche à pieds, et comme les nuits de juillet sont douces en Syrie, elles dormaient à la belle étoile jusqu’au mois de novembre.
Encombré par des centaines de milliers d’hommes, de femmes et enfants, le gouvernement à opté pour transformer les locaux d’une université tout récemment construite, ainsi que des centaines d’écoles dans les zones sécurisées à l’ouest de Damas, en centre d’hébergement pour ces milliers de familles sans abris.
Sur 20 mille écoles publiques, il ne reste actuellement que la moitié après des rudes batailles contre des jihadistes venus des quatre coins du monde, pour renverser une république laïque et installer un califat islamique à la place.
Sur ce qui restait d’écoles non détruite, il a fallut mettre les élèves en classes de 60 élèves au lieu de 25 avant la crise humanitaire, pour libérer un maximum d’établissements scolaires. Ce qui a valut une dégradation catastrophique dans le processus de l’éducation nationale.
Il fallait mener le processus éducatif avec un manque considérable d’enseignants, notamment pour les matières scientifiques, dans des classes bondés d’élèves, et non chauffées surtout quand les températures ont enregistré entre le 15 décembre 2014 et le 30 janvier 2015 une moyenne de -10°.
Les parents, n’envoyant pas leurs enfants aux écoles tout au long de la tempête polaire, les résultats scolaires de fin d’année furent décevantes.
Il est donc interdit, depuis 2011, au gouvernement syrien d’importer légalement ses besoins de produits pétroliers, pour motif que ces produits serviraient à « la machine de guerre du dictateur qui réprime à feu et à sang une révolte pacifiste ».
Avant l’apparition fracassante de l’EI en 2014, le Front al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda en Syrie) contrôlait les champs pétroliers à l’Est du pays, privant ainsi depuis 2012 les autorités syriennes de leurs ressources d’énergie locale (350 000 barils par jour).
Contrairement à L’EI, le front al-Nosra utilisait des moyens primitifs dans les techniques de raffinerie de ce pétrole lourd, en obtenant uniquement du fuel et de l’essence, souvent de mauvaise qualité, mais au moins il avait le mérite de le revendre à bas prix dans les zones dites « libérées ».
L’EI, quant à lui, n’ayant aucune sympathie pour les syriens, pas plus pour ceux qui les ont soutenus à un moment donné, ils vendaient ce pétrole à un client turc.
Le journal allemand « Bild » paru le 27 Novembre 2015 à Berlin confirme les accusations portées par le Président russe Vladimir Poutine en signalant que je cite « Les déclarations de Vladimir Poutine au sujet de la complicité de la Turquie avec les terroristes sont bien fondées. La Turquie est même l'acheteur principal de l'or noir de Daech ». Souligne l’édition.
Le froid frôle actuellement les sphères de la Syrie annonçant le début d’un hiver, qui sera encore plus dur à gérer sans fioul, sans électricité, dans un silence et une indifférence mondiale sans précédent.

said hilal alcharifi
Journaliste syrien francophone


Samedi 19 Décembre 2015


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