Histoire et repères

9 - LA COLONISATION SOPHISTIQUÉE ET INÉDITE ET DE LA PALESTINE


depuis la création de l'État d'Israël


Mercredi 1 Mars 2006









Dès 1945 et la fin de la guerre, un vaste réseau d’organisations des migrations juives (la Britah) est mis en place en Palestine par le mouvement sioniste. Sa mission est d’attirer le plus grand nombre possible de Juifs d’Europe de l’Est vers les camps de personnes déplacées pour développer l’immigration clandestine, tout en suscitant l'émotion de l’opinion publique internationale et en accroissant les pressions sur le gouvernement britannique en charge du Mandat. Par ailleurs, dans leurs zones d’occupation en Allemagne et en Autriche, les autorités américaines apportent une aide notable à l’Agence juive chargée de cette même politique d’immigration juive vers la Palestine.



Avec la création de l'État d'Israël en 1947 de nombreux autres facteurs vont venir s'associer, permettant l'expansion démographique spectaculaire des Juifs. Parmi eux, citons :

- la loi dite « du retour » qui accorde systématiquement aux juifs la citoyenneté israélienne et l'aide à leur établissement dans le pays ;

- un redoutable arsenal juridique, notamment les lois dites "d'urgence" qui autorisent la confiscation de terres appartenant aux Arabes ;

- l'afflux massif de capitaux en provenance, d’une part des communautés juives de l'Occident, d’autre part de diverses communautés réformées des États-Unis tributaires du mythe chrétien selon lequel le retour des Juifs en Palestine précède le retour du Christ sur terre et la Parousie. Ces capitaux permettent notamment de subventionner les colons qui ne payent qu'une fraction minime de la valeur des terrains acquis aux Arabes ;

- la mise en œuvre de méthodes inédites de colonisation : implantations multiples, disséminées dans les territoires peuplés de Palestiniens et destinées à asphyxier progressivement ces territoires avant de les judaïser.



C'est ainsi que le nombre de Juifs qui, en 1948, est de l'ordre de 600 000 environ est multiplié depuis par plus de 8. Dans les années 70, les immigrés sont majoritairement des Juifs d'Afrique et d'Asie. Dans les années 80, la nouvelle vague provient avant tout d'URSS. Après entente avec le Président Mikhaïl Gorbatchev et moyennant des sommes d'argent considérables, elle se compose en majorité de gens d'un niveau professionnel élevé (ingénieurs, chercheurs, professeurs d'Université, médecins...).

Quant aux Juifs d'Éthiopie (les Falashas, très pauvres) ils sont ramenés à l'occasion d'une terrible famine après pression des dirigeants israéliens sur les autorités éthiopiennes. Triés parmi les populations affamées, ils sont transportés par avion en Israël.



La valeur des terres et des biens perdus par les Arabes au profit des Juifs à l’occasion du processus de colonisation a donné lieu à bien des estimations. Citons celle de la commission tripartite (anglo-franco-turque) qui concerne simplement le bilan de la guerre de 1947-1948. Selon ses conclusions, les biens abandonnés par les Palestiniens devaient être estimés à environ 1 124 000 000 livres sterling (ce qui représente aujourd'hui plusieurs centaines de milliards de dollars).

Pour Dominique Vidal[48], journaliste au Monde, avec cette colonisation les Israéliens se sont emparés de trois cent mille hectares, ce qui est considérable compte tenu de la superficie du territoire, de 73 000 pièces d'habitation et de 8 700 magasins et ateliers ».



La colonisation des territoires occupés a toujours été la priorité absolue des différents gouvernements israéliens de gauche ou de droite. Elle s'est perpétrée dans l'indifférence des nations et dans le mépris le plus total de la 4e Convention de Genève de 1949 qui stipule dans son article 49 que : « La Puissance occupante ne pourra procéder au transfert d'une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle ».



Le rôle colonisateur des kibboutzim



Sans nier l’idéalisme des pionniers sionistes porteurs d’un certain idéal collectiviste, leur entreprise répond d’abord aux impératifs stratégiques de l’État juif. Pour le Mapam lui-même, une des fonctions essentielles des kibboutzim est d’être « le facteur le plus important dans l’établissement de l’hégémonie territoriale d’Israël ». Chaque kibboutz-frontière est considéré comme une unité militaire autonome dont les membres initialement pacifiques et obligatoirement juifs sont destinés, compte tenu de la tension persistante régnant dans le pays, à se transformer rapidement en militaristes particulièrement intransigeants, agressifs et convaincus du bien fondé des représailles.

À noter que le ministère de la Défense intervient directement dans la sélection des terres à coloniser par les kibboutzim tandis que l’Agence juive assure le financement de leurs «besoins normaux et spéciaux ». Le principe politique sous-jacent à cette organisation sophistiquée est particulièrement réfléchi : « aucune ligne de fortifications ne peut égaler une chaîne vivante de villages dont les fermiers sont prêts à la fois pour le travail et la défense ».


La colonisation inédite des territoires occupés : la Cisjordanie et la bande de Gaza



Les prétextes sont multiples pour exproprier, avec l'aide de l'armée, de la police, des forces religieuses juives, les terres des Arabes au profit des colons juifs, d'autant plus que la jurisprudence rabbinique favorise systématiquement les Juifs dans les conflits avec les non-Juifs. Le nombre des colonies et leur étendue n'ont ainsi jamais cessé de s'accroître dans la perspective commune à tous les Juifs sionistes : la récupération de l'ensemble des territoires de l'ex-Palestine et la création de Eretz Israël. Colonisation brutale ou rampante, la tactique a pu changer en fonction notamment du contexte international mais la stratégie - avancer, réduire le rythme (ou faire semblant de le réduire ici pour occulter ce qui se passe là), ne jamais reculer - est restée parfaitement immuable avec les années. À ce propos, Weizmann peut écrire en 1933 : « Comme un capitaine qui ne veut pas mettre en danger son vaisseau, nous surveillons le reflux et le flux afin de ne pas bouger au moment du reflux et de tirer tous les avantages quand vient le flux ». Lorsque la communauté internationale a d'autres préoccupations urgentes, comme la guerre du Golfe, la guerre de Yougoslavie ou celle d'Afghanistan, les implantations juives s'accélèrent avec frénésie. Comme le dit très simplement un rabbin opposé au processus de paix, il s'agit de « créer une situation sur le terrain qui rende impossible tout règlement du conflit ». « Chaque nouvelle colline conquise fait progresser la nation. Ce n'est pas le gouvernement qui nous fait venir ici, ce sont la Torah et nos rabbins » dit aussi un de ses collègues. « Nous sommes là pour récupérer des terres appartenant à Israël » renchérit un autre religieux en brandissant la Bible, ce titre de propriété attribué par Yahvé.

Le général Sharon a aussi le mérite de la franchise. « Si nous étions dix millions de Juifs en Israël, nous n'aurions plus de problèmes » affirme-t-il, en faisant un appel pressant aux Juifs du monde entier pour les engager à venir en Israël. Pour lui et pour nombre de ses compatriotes, la lutte pour la terre doit continuer à jamais, « la guerre d'indépendance n'est pas terminée et peut être qu'elle continuera à jamais. Un peuple normal ne se pose pas de telles questions comme :"vivrons-nous toujours par le glaive ?" [...] Le glaive est une partie de la vie. Ceux que le caractère sacré de la terre enthousiasme ne seront jamais satisfaits de ce qu'ils ont. Il y a beaucoup de dunums palestiniens qui attendent leur rédemption. Un par un, ils connaîtront cette rédemption. Grâce à nos héros et, ajoutés aux "bandes de sécurité" ils seront des terres sans Arabes ». Comment mieux traduire la composante fasciste du sionisme dominateur avec ce culte de la force et des héros et des martyrs célébré avec une telle solennité par le célèbre général ?



Fruit d’un racisme institutionnel caractérisé sans doute inédit dans l’Histoire, tout un arsenal juridique inventé et merveilleusement adapté par les hommes de Loi au but poursuivi (arsenal bien décrit dans le rapport d'Amnesty International de décembre 1999), les références au Talmud, les prétextes les plus divers comme la présence des ancêtres deux mille ans auparavant, ou les nécessités stratégiques, sont toujours utilisés au service des expulsions, des expropriations de terres, des destructions par le feu ou les bulldozers de centaines et de centaines de maisons palestiniennes, de l'arrachement de milliers d’oliviers, sans parler de l'accaparement systématique de l'eau au bénéfice des seuls Juifs. Eli Lobel[49] peut écrire à ce propos : « Dans aucun autre pays du monde les juristes et les religieux n’auront apporté leur concours à une entreprise d’une telle perversité [...] Quand le paysan arabe croyait avoir paré à une attaque tendant à l’arracher à sa terre, il était frappé par une nouvelle loi exhumée de l’arsenal juridique ou spécialement créée à cet effet. Et quand cela fut nécessaire, la force suppléa ou remplaça la loi ».

C'est ainsi qu'en 1999, 40 % de la bande de Gaza et 73 % de la Cisjordanie (contre 41 % en 1984) sont aux mains des Juifs. Avant 1948, les Juifs détenaient 7 % du territoire qui forme aujourd’hui l’État d’Israël ; en 2002, l’État juif en détient 93 %.

« Détruire, rénover, réattribuer » tel fut le régime appliqué aux bourgades arabes, précisent Gresh et Vidal dans leur ouvrage déjà cité…



Par ailleurs, certaines tactiques, ruses et astuces de colonisation nous sont maintenant bien connues grâce aux archives israéliennes. L'une d'elles est parfaitement décrite par le général Moshe Dayan, un des principaux chefs militaires d'Israël et ministre de la Défense d'avant 1967. À propos des conflits frontaliers entre la Syrie et Israël, affrontements qui officiellement étaient causés par la Syrie, Dayan, dans une lettre à son ami journaliste Rami Tal écrit ceci : « Pour au moins 80 % des affrontements, cela se passait de la manière suivante : on envoyait un tracteur labourer une parcelle, là où il était impossible de rien faire, dans la zone démilitarisée. Si les Syriens ne tiraient pas, on disait au tracteur d'aller plus loin, jusqu'au moment où, perdant patience, ils tiraient. Alors nous utilisions l'artillerie et ensuite les forces aériennes. C'est ainsi que cela se passait ».

De son côté, le général Mattiyahou Peled affirme que « plus de 50 % des incidents frontaliers avec la Syrie avant la guerre des six jours étaient le résultat de notre politique de colonisation dans la zone démilitarisée. »

Ainsi que le rapporte Israël Shabak[50], pour convaincre qu'avant Israël la Palestine était un "désert", des centaines de villages ont été rasés au bulldozer avec leurs maisons, leurs clôtures, leurs cimetières et leurs tombes.



Parmi les 1300 ordres promulgués par l'Autorité militaire depuis 1967 dans les territoires occupés, citons par exemple ceux-ci :

- il est interdit de puiser de l'eau sur terre ou sous terre sans permis spécial (n° 158) ;

- il est interdit d'importer ou d'utiliser un tracteur ou tout équipement agricole sans autorisation (n° 134) ;

- il est interdit de planter des arbres fruitiers et certains légumes sans autorisation (n° 1015, 1039, 1140) ;

- il est interdit d'exporter la plupart des fruits et légumes, les produits industriels, les pierres, les algues, les timbres-poste, les antiquités ;

- toute terre dont le propriétaire est absent ou ne peut pas prouver ses droits est propriété d'État (n° 59, 364, 1091, 1308) ;

- toute terre confisquée pour des raisons d'intérêt public ou de sécurité est propriété d'État ;

- toutes les propriétés d'État peuvent être cédées à des colons ;

- l'Autorité militaire décide des livres autorisés ou interdits dans les écoles et les collèges (n° 107, 812) ;

- l'Autorité militaire peut boucler tout secteur ou bloquer la circulation sans préavis ni explication (n° 378) ;

- l'Autorité militaire peut arrêter et détenir toute personne pour une période de 6 mois renouvelable par simple décision administrative (n° 378, 1229-0, 1236, 1254) ;

- les comités d'appel peuvent prendre en considération des éléments de jugement sans les communiquer à l'accusé (n° 1311) ;

......

Comme l'affirmait en 1995 B’Tselem l'organisation israélienne des droits de l'homme : «Depuis vingt-cinq ans, Israël viole la loi internationale et les principes fondamentaux de la démocratie pour réaliser à Jérusalem ses objectifs politiques : préserver la primauté démographique de la population juive ».

Ainsi, chaque jour qui passe, la Palestine des Arabes se rétrécit, rongée kilomètre après kilomètre carré, dunum après dunum, par une colonisation inexorable se nourrissant tour à tour du calme et de la violence… Edward W. Saïd (professeur de littérature à l'Université de Columbia aux États-Unis), à l'occasion d'un voyage en Cisjordanie, note, par exemple, que : «presque toutes les voies, toutes les voies de contournement et tous les petits villages où nous sommes passés ont été le théâtre d'une tragédie quotidienne : terre confisquée, champs saccagés, arbres et plantes déracinés, moissons arrachées, maisons détruites, exactions contre lesquelles les propriétaires sont totalement impuissants ».



Cependant, la spoliation des non-Juifs ne suffit pas aux colonisateurs : il s'agit de dés-arabiser la terre, toute la terre et de l’hébraïser. « Cette hébraïsation, nous disent Attias et Benbassa[51], est un rachat, une rédemption ; elle contribue aussi à assurer le primat de la langue et du mot - et donc à la dé-territorialisation, à la prise de possession de la terre par le mot ». Ces mêmes auteurs signalent, par exemple, que dans « une région du désert du Néguev dénuée de toute tradition historique, on a donné entre 1949 et 1950 des noms hébraïques à quelque 533 lieux et sites géographiques » et « qu'on a aussi traduit de l'arabe les noms de structures topographiques, de plantes, d'animaux, en un mot de tout ce qui était intimement lié à la terre et au paysage ».



«Christian Salmon[52], de retour d’un voyage en Israël et Palestine en mars 2002 avec plusieurs de ses collègues du Parlement international des écrivains, peut écrire : « ici on ne se contente pas de changer les noms. On défait les lieux. Forêts, Collines, Routes. La main de l'homme se retourne contre le paysage. Elle arrache, pille, déracine ; elle déplace, dépeuple». Et il ajoute : « Il ne s'agit pas ici d'habiter, mais de déloger. De détruire. C'est la première guerre menée avec des bulldozers. Un effort de dé-territorialisation sans précédent dans l'Histoire. C'est une guerre totale, dans le sens où elle n'est pas faite seulement aux populations civiles, mais au territoire lui-même. C'est une guerre agoraphobique. Qui ne vise pas au partage, mais à la dissolution du territoire. » À l’instar de la terreur totalitaire il ne s’agit pas seulement de détruire mais d’effacer toute trace de ce qui est détruit.



En associant l’hébraïsation subreptice de la terre, la destruction systématique du patrimoine historique et l'implantation d'unités disséminées destinées à éliminer tout voisinage non-juif, cette colonisation des territoires à conquérir, inédite dans l'histoire, est particulièrement habile et redoutable d'efficacité. Atomisant le corps social et néantisant tout ce qui précédait , elle n'est pas sans rappeler les métastases cancéreuses, ces cellules « folles » qui s'en vont coloniser les organes et les détruisent - par asphyxie - inexorablement.



Ainsi, nous dit Michel Warschawski[53], « au cours des trois dernières décennies, les territoires occu­pés de Cisjordanie et de la bande de Gaza ont été bouleversés : des dizaines de milliers d'hectares de terres ont été expropriés, des dizaines de milliers d'arbres déracinés, des milliers de maisons arabes détruites ; plus de cent cinquante colonies ont été établies, dont une dizaine de plus de 10 000 habitants, plusieurs centaines de kilomètres d'autoroutes de contournements, construits pour desservir ces colonies où résident aujourd'hui plus de 350 000 personnes, dont plus de 200 000 à Jérusalem-Est. La population palestinienne a été confinée dans moins de 60 % du territoire, le reste étant laissé à l'usage de l'armée d'oc­cupation et des colons ».



Diverses institutions financées par les Juifs du monde entier contribuent puissamment à cette colonisation. Ce sont :

- l’Organisation juive mondiale, agence chargée d’aider concrètement les immigrants à s’installer en Israël,

- le Keren Hayessod qui collecte des fonds dans les communautés juives de par le monde

- le Fonds national juif qui est chargé de l’achat des terres aux non-Juifs et de leur mise en valeur par des Juifs.



À noter qu’une école spéciale destinée à la collecte de fonds, et appartenant à l’"Appel juif unifié" et à la "Fédération sioniste, vient compléter ce dispositif. « On considère, écrit Shahak[54], que la capacité de dévotion des Juifs à rassembler des fonds est infinie. Pour renforcer ce potentiel considérable […] cette école enseigne comment recueillir des informations sur les Juifs riches et les méthodes efficaces qu’il est bon d’employer avec de telles personnes. »



La « solution finale » des sionistes

On peut ajouter que la colonisation n'est qu'une étape de l'entreprise sioniste. Comme l'a écrit assez ingénument la professeur Benzion Dinur[55], historien et ancien ministre de l'Éducation nationale : « A l'heure actuelle, nous parlons de colonisation, et seulement de colonisation. C'est notre but à court terme…Mais il est clair que l’Angleterre appartient aux Anglais, l’Égypte aux Égyptiens et la Judée aux Juifs ».

L’homme éminent que fut Jabotinsky, fondateur du sionisme révisionniste, a parfaitement décrit en 1923, dans The Iron Wall (Le Mur d’acier) l’esprit du processus de conquête qu’il convenait de mettre en œuvre pour la pleine possession de la Palestine[56]. Dans son ouvrage, devenu dès sa parution, et resté depuis lors, la grande référence des colonisateurs sionistes, il écrit : « Nous ne pouvons offrir aucune compensation contre la Palestine, ni aux Palestiniens, ni aux Arabes. Par conséquent, un accord volontaire est inconcevable. Toute colonisation, même le plus réduite, doit se poursuivre au mépris de la volonté de la population indigène. Et donc, elle ne peut se poursuivre et se développer qu’à l’abri du bouclier de la force ce qui veut dire un Mur d’acier que la population locale ne pourra jamais briser. Telle est notre politique arabe. La formuler de toute autre façon serait de l’hypocrisie. » [57]

Ainsi la « solution finale » des sionistes, pour être floue dans l'opinion publique occidentale peu instruite du sujet ou subjuguée par le discours entendu, n’en est pas moins précisée dans de multiples écrits. Les deux volets qu’elle comporte sont conjoints : la possession de toute la Palestine historique (Eretz Israël) et l'élimination des non-Juifs. Car, à l’instar des Yankee d’Amérique dans leur conquête de l’Ouest[58], le sol nu représente une valeur inestimable pour les sionistes, les indigènes une valeur négative.



La colonisation israélienne, soutenue depuis 1948 par la force coercitive croissante du gouvernement et de l'armée, légitimée par des principes religieux tirés des Écrits du Judaïsme et par des ressources juridiques perpétuellement renouvelées en fonction des circonstances, appliquée à tous les domaines (politique, économique, culturel...), largement soutenue par les communautés juives occidentales et les communautés évangéliques des États-Unis, n’avait manifestement pas été prévue par les pionniers du sionisme qui, par delà leurs erreurs, étaient profondément marqués par la soif de justice et soumis à la morale civique. Par l’impérialisme dont elle témoigne, cette colonisation est sans nul doute la plus maléfique des temps modernes sur les populations asservies. Assimilée, comme nous l'avons déjà dit, à un « crime de guerre» par la Cour Pénale Internationale depuis le 20 juillet 1998, véritable ethnocide[59] du peuple palestinien et à ce titre « crime contre l’humanité », crime qui peut revêtir d’autres formes que le meurtre, elle n'en continue pas moins, face à la passivité des nations et suivant la logique interne de l’idéologie sioniste, d'avancer en toute impunité vers l’horizon qui lui a été assigné.



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Samedi 1 Avril 2006

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