Histoire et repères

7 – ISRAËL ET L'ONU


De multiples résolutions ont été adoptées par l'ONU depuis la création de l'État d'Israël. Par suite de l’incapacité de l’Organisation de les faire respecter par Israël, toutes ces résolutions sont restées lettre morte. Les principales sont les suivantes :


Mercredi 1 Mars 2006











La résolution 181 du 29 novembre 1947 instituant le partage de la Palestine en trois parties :

. un État juif de 14 000 km2 avec 558 000 juifs et 405 000 arabes,

. un État arabe de 11 500 km2 avec 804 000 arabes et 10 000 juifs,

avec entre eux une union économique, monétaire et douanière,

. enfin, une zone sous régime international particulier comprenant les Lieux saints, Jérusalem et Bethléem avec 106 000 arabes et 100 000 juifs.



La résolution 194 du 11 décembre 1948 (après la guerre de 1947-48)

Cette résolution de l’Assemblée générale, face au départ forcé de centaines de milliers de Palestiniens, stipule : « qu'il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les gouvernements ou autorités responsables. »



La résolution 242 du 22 novembre 1967 (après la guerre israélo-arabe)

Cette résolution du Conseil de sécurité décrète « l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la guerre » et « exige l'instauration d'une paix juste et durable au Moyen-Orient », qui passe par « le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés pendant le récent conflit » et le « respect de la souveraineté de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque Etat de la région, et leur droit de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, à l'abri de menaces et d'actes de force. »

Cette résolution - selon laquelle la base de la paix au Proche-Orient réside dans l'évacuation par Israël des « territoires occupés »[40] - sera reprise en vain dans toutes les négociations ultérieures de l'ONU.



La résolution 338 du 22 octobre 1973 (après la guerre israélo-arabe)

Cette résolution du Conseil de sécurité réaffirme la validité de la résolution 242 et appelle au cessez-le-feu et à des négociations en vue « d'instaurer une paix juste et durable au Moyen-Orient ».



La résolution 242 du 22 novembre 1974

Cette résolution de l'Assemblée générale réaffirme le « droit inaliénable des Palestiniens de retourner dans leurs foyers et vers leurs biens, d'où ils ont été déplacés et déracinés, et demande leur retour » et « le droit à l'autodétermination du peuple palestinien ».



La résolution 465 du 1er mars 1980 condamnant la politique de colonisation d’Israël et demandant le retrait immédiat des territoires occupés



La résolution 478 du 20 août 1980

Cette résolution est la réponse de l'ONU au décret israélien du 30 juillet 1980 instituant Jérusalem comme « capitale éternelle de l'État d'Israël ». Elle dénonce « une violation du droit international » et déclare cet acte de force de « la puissance occupante » comme « nul et non avenu ».



La résolution 1322 du 7 octobre 2000 condamnant les actes de violence contre les Palestiniens



À noter aussi que :

- l'Assemblée générale des Nations unies réitère chaque année depuis 1948 « le droit au retour » pour les réfugiés palestiniens ou, pour ceux qui renonceraient, le droit à des compensations financières,

- le Conseil de Sécurité appelle Israël depuis 1948 à ne pas étendre ses colonies et notamment à abandonner son projet de Grand Jérusalem. La déclaration du 13 juillet 1998, par exemple, prie Israël de : « ne prendre aucune autre mesure qui compromettrait l'issue des négociations sur le statut définitif de la ville » et de « se conformer scrupuleusement à ses obligations découlant de la 4ème convention de Genève ».



Toutes ces déclarations restent sans suite, de même que les multiples condamnations formulées à l’encontre d’Israël. Parmi ces dernières, citons quelques exemples :



- 1975 : la résolution 3379 de l’Assemblée générale condamne le sionisme comme « une forme de racisme et de discrimination sociale », mais les Israéliens et leurs protecteurs américains parviennent, à la Conférence de Madrid - à la suite de l'effondrement du bloc soviétique qui modifie la répartition des votes aux Nations Unies - à faire annuler la condamnation précédente, par la résolution 4686 du 16 décembre 1991

(À noter qu’à la suite de ce vote, les dirigeants israéliens et le représentant des Etats-Unis, poussant l’aplomb à un rare niveau, demandent à l'Assemblée générale de l’ONU de condamner l'antisionisme. Cette demande est néanmoins rejetée).



- 1990 : à la suite de la tuerie dite "des mosquées" par l'armée israélienne, tuerie qui fait 18 morts et 150 blessés, l'ONU nomme une commission d'enquête. Israël refuse de la recevoir, l'ONU ne réagit pas...



- 1992 : Israël expulse vers le Sud-Liban 415 Palestiniens à la suite de l'assassinat d'un garde-frontière par le Hamas... L’ONU condamne Israël qui ne tient pas compte de cette condamnation. L'ONU ne réagit pas...



- 1996 : à l'occasion de l'opération "Raisins de la colère" menée au Sud-Liban, l'armée israélienne bombarde notamment le camp de l'ONU abritant des réfugiés libanais : 98 civils sont tués. L'ONU ne réagit pas...



- 1998 : le Conseil de sécurité des Nations Unies demande à Israël le 13 juillet de renoncer au Grand Jérusalem. Israël poursuit son projet : l'ONU ne réagit pas... Depuis la colonisation de Jérusalem-Est s'est poursuivie à un rythme toujours croissant, y compris pendant les pourparlers entre les Israéliens et l'OLP sous l'égide des États-Unis.



- mai 2000 : à la suite de tirs de mortiers du Hezbollah sur le nord d’Israël, Israël bombarde les centrales électriques du Liban. Plusieurs centaines de milliers de Libanais sont privés d’électricité, de nombreux morts sont à déplorer (notamment par l'arrêt de certains appareils de nécessité vitale dans les établissements hospitaliers). L'ONU se contente d'appeler le Hezbollah et Israël à « plus de retenue ».



- avril 2002, le camp de réfugiés de Jénine est soumis à des destructions massives de la part de l'armée israélienne. Le secrétaire général de l'ONU au Proche-Orient, le scandinave Terje Roed-Larsen déclare alors : « Ce que j'ai vu est absolument inacceptable, d'une horreur qui dépasse l'entendement. Les experts qui sont avec nous et qui ont l'habitude des guerres et des tremblements de terre disent qu'ils n'ont rien vu de tel. Il est inacceptable que le gouvernement israélien n'ait pas autorisé, onze jours durant, les équipes de sauvetage à entrer dans ce camp. C'est moralement répugnant. »

Richard Kook, directeur en Cisjordanie de l'agence des Nations Unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRVA) parle, quant à lui, de « dommages énormes » et Javier Zuniga d'Amnesty International affirme : « C'est l'une des pires scènes de dévastation que j'aie jamais vues. »

Pour le secrétaire d'État adjoint américain chargé du Proche-Orient, William Burns, il s'agit d'une tragédie humaine pour des milliers de Palestiniens innocents » tandis qu’un diplomate européen parle d’ « un déchaînement de violence aveugle sans commune mesure avec la résistance rencontrée ».

À la suite de ce drame, l'ONU désigne une commission d’enquête de 28 membres, mais quelques jours plus tard elle dissout cette commission sous le prétexte que le gouvernement israélien, ne veut pas la recevoir.



- juillet 2004 : l’Assemblée générale des Nations Unies, à la suite de la Cour internationale de justice de La Haye, condamne Israël pour avoir établi un mur de séparation en Cisjordanie. Le résultat du vote est le suivant : 150 voix pour (notamment celles des Européens unanimes en la circonstance), 6 contre et 10 abstentions. L’ONU demande le démantèlement et l’indemnisation les Palestiniens. Israël fait fi de la décision.



Intervention de la Cour Pénale Internationale du 20 juillet 1998

La Cour émet la motion suivant laquelle « la colonisation de territoires par une puissance occupante doit être assimilée à un crime de guerre »

Les pays sont appelés à exprimer leur position. Le résultat est le suivant :

121 pays votent la motion, 21 s'abstiennent, Israël vote contre.

Il s’ensuit que les pays signataires, notamment ceux de l'Europe, se sont implicitement engagés (dès ratification par leur Parlement) à procéder aux arrestations des responsables israéliens criminels de guerre pénétrant sur leur territoire. Jusqu’ici aucune arrestation n’a eu lieu...

À noter qu’en cette même année 1998, alors que les États-Unis demandent à Israël d'arrêter la colonisation, Netanyahu, Premier ministre d’Israël, déclare : « Israël traverse une période qui nécessite une activité énergique pour renforcer la mainmise juive sur la terre » tandis que son ministre des Affaires étrangères, Ariel Sharon, invite les colons « à passer à l'assaut » en leur proclamant : « tout ce que vous prendrez restera entre nos mains ».



C'est dire qu'Israël et ses dirigeants ont toujours fait fi des résolutions et des vœux de l’ONU. Suivant la phrase célèbre de Ben Gourion : « peu importe ce que disent les Gentils, l'important c'est ce que font les Juifs ». Ammon Kapeliouk, journaliste à Jérusalem, fait remarquer que cette phrase est connue de tous les écoliers israéliens.



Si Israël s'est toujours moqué de l'ONU, il lui arrive aussi de se comporter de même avec ses amis américains. En 1992, le Secrétaire américain, James Baker, avait lié l'octroi de garanties bancaires pour un prêt de 10 milliards de dollars à Israël à l'arrêt de la colonisation juive en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Quelque mois plus tard Israël devait recevoir la garantie pour son prêt tout en poursuivant sa colonisation



Ainsi l'ONU a accepté d'Israël, membre à part entière depuis 1949 :

- la violation permanente des frontières ;

- l'application ininterrompue d'une politique d'élimination, d'annexion, d’expansion et de colonisation, alors que la Cour internationale de justice assimile la colonisation à un "crime de guerre" ;

- la prétention d'Israël à résoudre seul - hors de toute intervention de l'ONU - les conflits qu'il a lui-même provoqués ;

- la violation permanente des droits de la personne tels qu'ils sont définis par la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 (en ce qui concerne notamment la torture et à la prise d'otages) ;

- le non-respect les Conventions de Genève dans les territoires occupés ;

- le refus de tout contrôle de l'Agence Internationale de l'Énergie atomique ;

- la production d’armes chimiques et biologiques.



Si l'ONU avait, dans sa dramatique erreur de 1947, quelques circonstances atténuantes (son intention de protéger les Juifs et le fait que le racisme inhérent à l'idéologie sioniste était alors méconnu), comment ne pas voir que cette excuse n'existe plus depuis longtemps ? Errare humanum est... perseverare diabolicum !

Comment ne pas voir que seules les sanctions diplomatiques, économiques, voire militaires, émanant de l'ONU sont susceptibles de faire céder Israël et le ramener dans le droit international ?

Comment ne pas voir que l’État sioniste ne permettra jamais à un quelconque État libre et indépendant, autre que lui, de voir le jour sur le territoire de la Palestine historique ?



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Samedi 1 Avril 2006

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