Histoire et repères

12 – EXPULSÉS, DÉPORTÉS ET RÉFUGIÉS


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L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a recensé, au 30 juin 1999, 3,6 millions de réfugiés palestiniens, auxquels s'ajoutent plusieurs centaines de milliers de personnes de Cisjordanie et de Gaza déplacées pour la plupart vers la Jordanie en 1967. 59 camps sont répertoriés. Enfin il existe plusieurs centaines de milliers de réfugiés non recensés.


Mercredi 1 Mars 2006









À l'occasion des diverses guerres ayant ensanglanté la Palestine depuis la création de l'État d'Israël (guerre judéo-palestinienne de 1947-48, guerres israélo-arabes de 1967 et de 1973, guerre du Liban de 1982), les Palestiniens ont connu en effet plusieurs vagues d'exil.

Dans la plupart des guerres - comme celles que la France a bien connues - la motivation de la quasi-totalité des réfugiés est la peur devant les combats ou la perspective de rester en territoire ennemi et, pour une très petite minorité, la volonté d’entrer « en résistance » pour préparer la revanche. Mais, dans ces conflits issus de l'idéologie sioniste, s'ajoute une donnée nouvelle et spécifique : la volonté délibérée de ses tenants de faire un État réservé à une population déterminée, les Juifs.



C'est ainsi, dans la circonstance, que quelques questions particulières se posent :

1 - Y a-t-il eu un plan d'expulsion systématique des Palestiniens de la part des dirigeants sionistes ?

2 - Y a-t-il eu déportation organisée des populations ?

3 - Y a-t-il eu pressions des sionistes pour que les Palestiniens quittent en masse leur pays ?

4 - Les Palestiniens sont-ils partis sur la demande des nations arabes de voisinage dans la perspective de revenir ultérieurement en vainqueurs ?



Globalement, on peut dire tout d'abord, d'après le compte-rendu de Moshe Sasson, adjoint du Chef du Département arabe des services de renseignements de l’armée juive de juin 1948, compte-rendu qui semble représenter une référence valable, que la fuite vers l'exil à la suite d'attaques sionistes ou par peur de nouvelles attaques a concerné 70 % des Palestiniens.

Pour l'historien israélien Tom Segev, ce sont ainsi 400 000 « unités de logement » qui ont changé de mains, ce qui signifie sans doute bien plus que les 800 000 Palestiniens reconnus de la guerre de 1948 (auxquels s'ajouteront 440 000 autres lors de la guerre de 1967). En ce qui concerne les biens abandonnés, Greilsammer[81] écrit « qu'il s'agissait de millions de dounams, de dizaines de milliers de maisons, et de biens estimés à des milliards de dollars d'aujourd'hui".

Pour Ilan Pappe, un nouvel historien, dans The Making of the arab-Israeli Conflict 1947-1951, il ne fait aucun doute que les dirigeants du Yichouv (la communauté juive de Palestine) ont bien mis en œuvre un plan d'expulsion des Arabes hors des territoires. Le Plan Dalet de l'état-major sioniste notamment, prévu pour être mis en place au départ des Britanniques de Palestine et qui fut appliqué en fait dès le début de 1948, comportait l'évacuation des civils et des opérations d'expulsion au besoin manu militari en direction de la frontière la plus proche.

« Alors que les expulsions forcées avaient été rares pendant les premiers mois de la guerre cette pratique devint plus systématique au cours de l’été 1948 afin de réaliser une continuité territoriale "purement juive" » nous dit Alain Dieckhoff[82] .

Dans les rares archives israéliennes encore accessibles sur le sujet, les historiens ont retrouvé des ordres caractérisés d'expulsion, tel celui d'Itzhak Rabin alors lieutenant-colonel concernant la ville de Lydda (70 000 habitants). Dans ses mémoires, Pinkas Sherut ,il raconte: «Nous marchions dehors aux côtés de Ben Gourion. Allon (Ygal, commandant du front sus répéta la question : "Que devons-nous faire de la population ?" Ben Gourion agita la main en un geste qui signifiait : "Chassez-les." Allon et moi avons tenu conseil. J’étais d’accord avec lui qu’il était essentiel de les chasser […] La population ne quitta pas volontairement les lieux. Il n’y avait pas d’autre moyen que d’utiliser la force et les tirs d’avertissement pour contraindre les habitants »[83]. Il en fut de même pour les importantes agglomérations de Ramleh (30 000 habitants) et de Mjdlet où la population arabe fut, ou contrainte par les bataillons israéliens de vider les lieux ou embarquée à froid sur des camions en direction de Gaza. Entre le 12 et le 13 juillet 1948, nous dit Greilsammer[84], Igal Allon, Itshak Rabin expulsent soixante mille habitants, qui partent dans l’été brûlant à pied ou en autobus. On sait aussi qu’en octobre-novembre 1948 ce sont de 100 000 à 150 000 Palestiniens qui furent expulsés et jetés sur les routes de l’exil lors d’attaques menées en Galilée et dans le Néguev.



L’existence d'un plan concerté au plus haut niveau de l'Organisation sioniste pour éliminer la population non juive de la Palestine est soutenue par certains historiens juifs modernes mais elle est néanmoins contestée par d'autres. Tel est le cas de Benny Morris dans The Birth of the Palestinian Refugee Problem 1947-1949. On peut affirmer, par contre, qu'il y a bien eu de multiples plans partiels visant, pour une raison ou pour une autre, à expulser tous les habitants d'une zone précise. Alain Gresh[85] nous dit ainsi que c’est en avril 1947, et avec la mise en œuvre du plan Dalet, que les commandements sur le terrain ont reçu « carte blanche ». Cette directive militaire prône des « opérations contre les centres de population ennemie situés au sein de notre système de défense ou à proximité […] Ces opérations peuvent être menées de la manière suivante : ou bien en détruisant les villages (en y mettant le feu, en les dynamitant et en déposant des mines dans leurs débris), et spécialement dans le cas de centres de population difficiles à maîtriser ; ou bien en montant des opérations de ratissage et de contrôle […] En cas de résistance, la force armée doit être anéantie et la population expulsée hors des frontières de l’État ».



Par ailleurs Benny Morris contredit et rejette avec force arguments la thèse officielle israélienne selon laquelle les Palestiniens seraient partis de leur plein gré ou à l'appel radiophonique de la Ligue arabe. Pour lui et pour les nouveaux historiens, les Arabes de Palestine ont quitté leurs villes et villages, avant tout sous la contrainte des forces sionistes, en raison des pillages et des atrocités destinés plus ou moins volontairement à créer la panique : les prétendus appels des États arabes et de leurs radios invitant les Palestiniens à quitter leur pays sont de purs mensonges. Il affirme avec force : « Il n'y a pas eu d'ordre arabe demandant aux Palestiniens de quitter la Palestine ».



On peut affirmer, aussi et surtout, qu'il y a eu depuis le début de l'aventure sioniste un climat tendant à préparer cette « élimination » et que nombre de responsables sionistes avaient bien eu cette volonté de voir procéder à des « transferts » plus ou moins forcés, avaient réfléchi sérieusement aux modalités pratiques d'exécution et imaginé les solutions les plus efficaces. Pour Uri Ben Eliezer, comme le rapporte Greilsammer[86], « il y avait la volonté d'expulser, il y avait une idéologie, il y avait une connivence non écrite entre la direction politique et les militaires et pour cela un ordre explicite n'était pas nécessaire. L'ordre tacite d'expulser n'est que la partie visible de l'iceberg, le reflet d'une culture politique datant d'avant 1948 selon laquelle le départ des Arabes de Palestine allait de soi, était normal et inévitable ».

Les moyens et des méthodes mis en œuvre en 1948, pour terroriser les Palestiniens et les déporter, n'ont pas été sans créer chez certains Juifs une grave crise de conscience. Ahara Zisling, ministre de l'agriculture pouvait déclarer : « Maintenant, les Juifs aussi se conduisent comme des nazis, et mon être entier en est ébranlé ».

Selon les nouveaux historiens : « il ne fallait pas le dire, il ne fallait pas l'écrire, il fallait le faire » (Greilsammer[87]).



Il faut d'ailleurs savoir à ce propos que, bien avant la création de l'État d'Israël, il existait des "Commissions de transfert" des populations non juives, commissions qui, nous dit encore Greilsammer, devaient agir « comme une sorte de lobby auprès du gouvernement et organiser elles-mêmes la destruction de villages abandonnés ». Elles avaient aussi pour but affiché « de faire en sorte que les Arabes qui avaient fui ne puissent pas revenir sur leurs domaines ».



Les textes qui témoignent de cette ferme volonté de récupérer tout le territoire de la Palestine pour les Juifs sont multiples et parfaitement explicites. Et, comme on peut s’en rendre compte, ils ne sont pas tous dépourvus d'un certain cynisme !



Dès 1895, Theodor Herzl note dans son Journal du 18 juin : « Nous tenterons d'encourager la population miséreuse à passer la frontière en lui procurant de l'emploi dans les pays de passage, tout en lui refusant tout travail dans notre pays. Le double processus d'expropriation et de déplacement doit être mené de façon à la fois prudente et discrète. Que les propriétaires fonciers s'imaginent qu'ils nous roulent et nous vendent leurs biens à des prix exagérés ; nous, pour notre part, ne leur revendrons rien ».

Israël Zandwill, écrivain juif de Grande-Bretagne et porte-parole du mouvement sioniste écrit en 1905 : « Si nous voulons donner un pays à un peuple sans pays, il serait absolument fou de lui permettre d'être le pays de deux peuples. Cela ne peut que créer des problèmes. Les juifs souffriraient, et nos voisins aussi. De deux choses l'une : il faut trouver un autre lieu, soit pour les juifs, soit pour leurs voisins ».

Et en 1920 : « Nous ne pouvons pas permettre aux Arabes de se mettre en travers d'une entreprise de reconstruction historique aussi précieuse. Aussi devons-nous les convaincre gentiment de "prendre la piste". Après tout ils ont l'Arabie avec ses millions de kilomètres carrés, ils n'ont aucune raison de s'accrocher à ces quelques kilomètres carrés. Plier leur tente et disparaître en silence est leur habitude : qu'ils la mettent donc maintenant en pratique ».

Moshe Beilinson, écrivain et proche collaborateur de Ben Gourion, écrit de même en 1929: « Il y a une différence fondamentale et décisive entre la situation des Arabes en tant que nation et celle des Juifs en tant que nation. Les Arabes, du point de vue national, n'ont pas besoin de la Palestine. Ils sont liés à d'autres centres. Là, en Syrie, en Irak, dans la péninsule arabique, gît la patrie des Arabes. Nous ne sommes pas responsables du fait que tel individu est né à tel endroit, et non pas quelques kilomètres plus loin ».



En 1937, Bonné, directeur d'un Institut au Fonds national juif (KKL), lors d’une réunion du "Comité du transfert" peut dire : « les arguments pour ou contre le caractère obligatoire du transfert doivent être énoncés en détail. Il est vital de ne pas renoncer trop facilement à la proposition de "coercition" qui a originellement été suggérée, non par les juifs, mais par les Anglais ».

« Je suis convaincu, dit de son côté Shmuel Zukhovitsky, spécialiste des questions agricoles, lors d'une réunion de l'exécutif de l'Agence juive, qu'il sera tout à fait impossible d'accomplir le transfert sans coercition. Je ne vois dans cette mesure rien d'immoral. Je veux aider les juifs à rejoindre l'état juif et je veux aider les Arabes à rejoindre l'État arabe ».

À la même réunion de 1938, Menahem Ussishkin : « Si vous me demandez s'il est moral de déplacer 60 000 familles de leur lieu de résidence et de les transférer ailleurs, je dirai que c'est moral... Je suis prêt à aller défendre la moralité de la chose devant le Tout-Puissant et devant la Société des Nations... Il n'y a pas que le gouvernement britannique qui puisse procéder au déplacement forcé et, à cet effet, deux choses sont nécessaires : de la poigne anglaise et de l'argent juif ».

Tandis que pour David Remez, Président du Comité national, secrétaire général de la Histradout à la même époque : « Il y a des choses délicates dont il n'est pas facile de parler. Néanmoins nous devons dire ces choses en dépit du risque que cela comporte. Nous devons avoir la force de confisquer des terres dans l'État juif pour le développement et la mise en œuvre du plan de colonisation qui est à la base de la structure tout entière ».

Quant au directeur du "Fonds national juif", Yosef Weitz, il écrivait en 1940 : « Il doit être clair pour nous qu’il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Si les Arabes le quittent, cela nous suffira [...] sinon il n'existe pas d'autre moyen que de les déplacer tous ; il ne faut pas laisser un seul village, une seule tribu. Il faut expliquer à Roosevelt, et à tous les chefs d'États amis, que la terre d'Israël n'est pas trop petite si tous les Arabes s'en vont, et si les frontières sont un peu repoussées vers le Nord, le long du Litani, et vers l’Est, sur les hauteurs du Golan ». (Journal, Tel-Aviv, 1965)

Et en 1941 : « Pendant tout le voyage, mes réflexions tournaient autour de ce plan auquel nous pensons depuis des années. Le plan d'évacuation du pays à notre profit, je connais les difficultés... mais c'est seulement du transfert des populations que le salut viendra. Il n'y a pas de place pour nous avec nos voisins. Le développement est un processus trop lent. Ils sont trop nombreux et trop enracinés. La seule manière, c'est de les éradiquer, d'arracher leurs racines ».

Plus tard il explicitait parfaitement ce qui signifiait en pratique « rendre la Palestine "juive". « Il y en a qui croient que la population non-juive même en pourcentage élevé, à l’intérieur de nos frontières, sera plus facilement surveillée par nous ; et il y en a d’autres qui croient le contraire, c’est-à-dire qu’il est plus facile de surveiller les activités d’un voisin que celles d’un locataire. Je tends à soutenir ce deuxième point de vue et j’ai un argument supplémentaire : la nécessité de renforcer le caractère de l’État qui sera désormais juif (…) avec une minorité non-juive limitée à 15 %. J’étais déjà arrivé à cette conclusion fondamentale dès 1940 et je l’avais noté dans mon Journal : "Nous devons utiliser la terreur, l’assassinat, la confiscation des terres et la suppression de tous les services sociaux pour débarrasser la Galilée de sa population arabe"». (Rapport Koenig dans le journal israélien Al Hamishar du 7 septembre 1976)



Dans ses écrits, Baruch Kimmerling, professeur à l'Université de Jérusalem, rapporte aussi, nous dit Joseph Algazy[88], les propos du premier président de l'État d'Israël Haïm Weizmann selon lequel le vrai « miracle » lors de la guerre de 1948 n'avait pas été la victoire juive, mais le « nettoyage » du pays par l'éviction des Arabes. « Tout le monde le savait, écrit-il, mais ce sujet a toujours figuré parmi les tabous de l'historiographie israélienne ». Et Kimmerling d'ajouter : « Historiens et sociologues, tous ceux qui font ce que l'on exige d'eux - fournir au peuple une histoire partielle, préfabriquée, déformée, fondée sur des mythes - abusent de leur fonction de scientifiques comme de leur fonction intellectuelle ».

Dans le grand journal israélien Yediot Aharonoth du 14 juillet 1972, Yoram Ben Porath rappelle avec force l'objectif à atteindre : « C'est le devoir des dirigeants israéliens d'expliquer clairement et courageusement à l'opinion un certain nombre de faits que le temps fait oublier. Le premier de ceux-ci, c'est le fait qu'il n'y a pas de sionisme, de colonisation, d'État juif, sans l'éviction des Arabes et l'expropriation de leurs terres ».

Ben Gourion, qui fut sans doute le plus grand théoricien et praticien des transferts massifs de populations arabes, considérait d'ailleurs le transfert comme « une idée humaniste et sioniste importante ». En effet, pour lui, le transfert permettait de donner des terres nouvelles à la fois aux Juifs (venant en Palestine) et aux Arabes (transférés en Jordanie, en Syrie, ou en Irak). On peut noter, à ce propos, que le transfert des Arabes figurait dans le programme du Labour Party britannique en 1944 (Greilsammer[89]).

Rehavam Zeevi (ministre dans le gouvernement Shamir en 1983) n'hésite pas, quant à lui, à demander le transfert de tous les Palestiniens de Cisjordanie vers d'autres terres arabes au motif que Staline et les Polonais ont pratiqué ainsi en Poméranie, en Silésie, en Prusse en 1945 sans que le monde réagisse.

Quant à Rafael Eitan chef d’état-major des Forces armées israéliennes et dirigeant du parti raciste d’extrême droite Tsomet, il est plus précis encore : « Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit à s‘établir ne serait-ce que sur un centimètre d’Eretz Israël (…) La force est la seule chose qu’ils comprennent et qu’ils comprendront jamais. Nous utiliserons la force extrême jusqu’à ce que les Palestiniens viennent à nos pieds en rampant ». (Gad Becker, "Yediot Aharanot » du 13 avril 1983 ; New York Times du 14 avril 1983).

Favoriser le départ des populations arabes de Palestine en exploitant leur faiblesse ou organiser méthodiquement leur irréversible transfert à l'occasion des diverses guerres qui ont ensanglanté la Palestine a manifestement été une préoccupation majeure et quotidienne de nombreux sionistes depuis le début de leur entreprise, mais surtout, bien entendu, depuis 1947 et la création de l'État d'Israël. Si le transfert des Arabes n'est plus actuellement que dans le programme politique de l'extrême droite israélienne - ce « crime contre l’humanité » pour le droit international - il n'en reste pas moins que tous les gouvernements qui se sont succédé ont eu comme objectif prioritaire: "un État juif pour les seuls Juifs"!



Comme le montrent les statistiques, la réussite de ce plan, élaboré avec soin et mis en œuvre avec une persévérance sans faille, est incontestable et spectaculaire : une population de plusieurs millions de personnes a perdu sa place et ses biens au profit exclusif d'une autre population déterminée sur un critère racial.

Néanmoins, quelques « grains de sable » enrayent la machine infernale : désormais il y aura toujours des non-Juifs en Israël - à moins que la « folie » se donne libre cours et que l'abdication de l'ONU se perpétue, ce qui n'est nullement exclu - tandis que l'utopie sioniste dévoile progressivement sa malignité foncière à un nombre croissant de personnes et que le malaise et le doute rongent nombre de ses supporters.


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Samedi 1 Avril 2006

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