Le renforcement de la coopération militaire. Il s'agit du thème majeur du sommet russo-syrien à Sotchi, ville portuaire russe sur les rives de la mer Noire. Le président Bachar al-Assad et son hôte russe Dmitri Medvedev ont discuté surtout d'armements modernes notamment du système de défense anti-missile S-300 et de tanks que Moscou envisage de vendre à Damas, à ce proche allié de l'époque de la Guerre froide, au sein du Moyen-Orient. Dans les années 70, au paroxysme des rivalités de l'Union soviétique avec les Etats-Unis, Moscou avait mis sur pied une base navale sur les rives syriens de la Méditerranée et la Russie de 2007 avait livré, dans le cadre de ses coopérations militaires avec Damas, des Mig et un système sophistiqué de défense antiaérienne. Et le tout récent accord russo-syrien de consolider les bases de leur coopération d'ordre militaire, aux enjeux importants, est, aux yeux d'aucuns, une pure réaction aux menaces américano-israéliennes. Le tandem Tel-Aviv-Washington suit avec acharnement la politique d'isolement de Damas et de Moscou sur l'échiquier international. La Russie et la Syrie ont convenu d'élargir leur coopération militaire dans des circonstances où le régime sioniste a fourni des armes à Tbilissi, selon le Kremlin qui est aussi inquiet, de l'accord Washington-Varsovie d'installer des éléments du bouclier anti-missile US sur le territoire polonais, y voyant une menace d'ordre sécuritaire à ses portes. N'oublions pas aussi le rôle du régime sioniste dans la vente des drones espions et des tanks à la Géorgie, renforçant cette hypothèse que Washington et Tel-Aviv visent à détourner Moscou du Moyen-Orient en l'impliquant dans une crise caucasienne. Dans ce contexte, le président Assad se rend à Moscou où il a pris fait et cause pour la Russie dans le conflit avec la Géorgie. Il s'est aussi déclaré contre la politique occidentale d'isolement russe. Une telle prise de position prend de l'importance lorsque l'on met en parallèle les pressions de l'Occident d'isoler la Syrie et le souhait de Moscou de contribuer Damas dans le règlement des questions moyen-orientales. C'est justement dans un tel contexte que la proposition de Bachar Assad de négocier sur l'installation du système de défense anti-missile en Syrie pourrait retenir l'intérêt de Moscou d'autant que le Kremlin a toujours voulu avoir un rôle de premier plan au Moyen-Orient. Pourtant, la Russie est jusqu'à présent restée passive aux demandes des pays arabes de créer une sorte d'équilibre dans la région, face aux exactions du régime sioniste. Or, dans un contexte où les menaces anti-russes de Washington et de Tel-Aviv montent d'un cran en Europe et au Caucase, la Russie pourrait saisir l'occasion pour riposter à ses ennemis d'une part et de l'autre redynamiser son rôle dans le paysage moyen-oriental.