Venezuela L’opposition de Guaido s’essouffle  16/06/2019

Venezuela L’opposition de Guaido s’essouffle
























En mai, les deux parties ont accepté d’entamer un dialogue sous la médiation de la Norvège, avec pour la première fois des échanges directs entre représentants. Soutenu par Moscou et Pékin, Nicolas Maduro menace d’organiser des élections législatives anticipées.

Cinq mois après l’apparition surprise de l’opposant Juan Guaido qui promettait une fin rapide au pouvoir du président Nicolas Maduro, le jeu politique au Venezuela s’est figé dans un face-à-face où l’armée et les États-Unis donnent le ton.
L’auto proclamation de Juan Guaido, président de l’Assemblée nationale, comme président par intérim le 23 janvier avait remobilisé les opposants contre le pouvoir chaviste.
Mais depuis la tentative ratée de soulèvement militaire le 30 avril contre les chef de l’Etat, les grandes manifestations qui occupaient régulièrement les rues du pays ont marqué le pas.
Désormais, le chef de file de l’opposition parcourt l’intérieur du pays, avec un impact médiatique de plus en plus limité — le pouvoir chaviste, accuse-t-il, monopolise les moyens de communication nationaux — en s’accrochant à la reconnaissance que lui ont accordé une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis.
«L’opposition est en train de perdre un peu de sa vigueur, non seulement car elle n’a pas pu déloger Maduro (du pouvoir), mais aussi parce que les sanctions imposées par les Etats-Unis ont encore plus appauvri la population», explique David Smilde, analyste au centre de recherches WOLA, dont le siège est à Washington.

Mis sous pression par les restrictions imposées par Washington, qui aggravent une situation économique déjà désastreuse, Nicolas Maduro s’est appuyé sur son vaste pouvoir institutionnel, notamment la justice et surtout l’armée, pour affaiblir son adversaire. Quinze députés sont poursuivis dans le cadre de l’enquête sur la tentative avortée de soulèvement militaire, et le Haut-Commandement militaire affiche une unanimité pro Maduro à toute épreuve.
Le vice-président de l’Assemblée nationale a été emprisonné, les autres se sont réfugiés dans des ambassades, ont fui à l’étranger ou sont entrés dans la clandestinité.
Pendant des mois, le chef de file de l’opposition et les Etats-Unis n’ont eu de cesse d’appeler les soldats à retirer leur soutien au chef de l’Etat, 56 ans, qui s’est attiré les faveurs des militaires de haut rang. Mais les tentatives de Juan Guaido ne visent pas la bonne cible, le commandement militaire étant un «élément corporatiste qui agit en bloc». Nicolas Maduro, sans marge de manœuvre pour mettre fin au blocus économique, et Juan Guaido, sans force interne pour le renverser, se retrouvent sur un pied d’égalité, alors que les conditions de vie des Vénézuéliens ne cessent de se dégrader. David Smilde prévoit ainsi que l’exode des Vénézuéliens se poursuivra alors que 3,3 millions d’entre eux ont déjà fui le pays depuis 2015, selon l’ONU.

En mai, les deux parties ont accepté d’entamer un dialogue sous la médiation de la Norvège, avec pour la première fois des échanges directs entre représentants. Pour Juan Guaido, toute médiation doit conduire au départ du chef de l’Etat et à l’organisation d’élections. Soutenu par Moscou et Pékin, Nicolas Maduro menace de son côté d’organiser des élections législatives anticipées pour faire basculer l’Assemblée nationale, unique institution contrôlée par l’opposition.
«Malgré la perception générale que les discussions en Norvège permettent à Maduro de ‘‘gagner du temps’’, en réalité cela a permis à l’opposition, qui montre des signes de fatigue, de respirer», estime David Smilde. Juan Guaido, 35 ans, subit aussi les pressions d’une partie de l’opposition et réclame une intervention militaire étrangère, option qu’a régulièrement brandie le président américain Donald Trump.
Mais l’option militaire ne paraît pas si simple au moment où Donald Trump brigue une réélection en 2020, dans laquelle le vote hispano pourrait jouer un rôle clé, et alors que les pays de la région se montrent réticents.

https://www.lexpressiondz.com/internationale/l-opposition-de-guaido-s-essouffle-316972


Commentaires

1.Posté par jehaislescookies le 17/06/2019 15:25 | Alerter
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après ce qu'il a fait, dans n'importe quel pays, y compris démocratique, Guaido serait en prison ! Et dans certains pays carrément fusillé.


2.Posté par Saber le 17/06/2019 23:30 | Alerter
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Sa capacité de nuisance est finie comme sa carrière de traitre.

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