Prison pour l'agresseur d'une transgenre à Paris  22/05/2019

Prison pour l'agresseur d'une transgenre à Paris




























Coups, insultes et humiliations : un jeune homme ans qui avait agressé une femme transgenre fin mars à Paris, un événement qui avait connu un fort retentissement car il avait été filmé, a été condamné mercredi à 10 mois de prison, dont quatre avec sursis.

Seddik A., 23 ans, jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Paris, a été condamné pour «violences volontaires sans incapacité totale de travail (ITT) commises à raison de l'identité de genre». Son sursis a été assorti d'une mise à l'épreuve. Il a également interdiction d'entrer en contact avec la victime et de paraître aux abords de son domicile.

«La justice a fait son travail», a déclaré la victime, Julia Boyer, à l'issue de l'audience. «Je ne suis pas sûre que la prison soit la meilleure solution mais j'espère qu'il réfléchira et qu'il ne recommencera pas».



«Ce procès est un symbole, car la justice française aujourd'hui a pris en compte le caractère discriminatoire des actes transphobes», a ajouté son avocat Me Etienne Deshoulières.

Le 31 mars, lors d'une manifestation dans la capitale contre l'ex-président algérien Albdelaziz Bouteflika, Julia, 31 ans, avait été prise à partie à proximité d'une bouche de métro.

«Sale pédé», jets de bière, chants humiliants, cette vendeuse dans une boutique de luxe qui a commencé sa «transition» il y a huit mois est alors prise pour cible par un groupe d'hommes. Sur une vidéo-surveillance projetée mercredi lors de l'audience, on voit Seddik A. lui toucher les cheveux et lui asséner plusieurs coups violents au visage.

Julia finit par s'échapper par la bouche de métro grâce à l'aide de plusieurs agents du réseau métropolitain.

S'il n'a pas nié les violences, Seddik A. a en revanche affirmé ne pas avoir proféré d'insultes visant les personnes transgenres, déclarant à l'audience ne pas être «homophobe».

«C'est une peine sévère, qui répond à l'engouement médiatique autour de ce dossier», a estimé son avocate Me Mariame Touré.

«Le caractère transphobe n'a pas été prouvé», a abondé son second avocat, Rachid Madid. «Contrairement à ce que certains ont dit, ce n'était pas le procès de la transphobie : c'était le procès d'un homme qui a commis des violences sans ITT, comme on en voit quotidiennement dans ce tribunal», a-t-il ajouté.

Le prévenu a aussi été condamné à verser 3500 euros d'amende à Julia ainsi que 1500 euros à trois associations de défense des droits des personnes LGBT, qui s'étaient portées parties civiles.

https://www.lapresse.ca/international/europe/201905/22/01-5227101-prison-pour-lagresseur-dune-transgenre-a-paris.php

Commentaires

1.Posté par Kim le 23/05/2019 13:55 | Alerter
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Permettez-moi de ne pas partager le sentiment de "victoire" pour moi cette affaire est tout sauf une victoire. J'ai parcouru une bonne partie des medias mainstream, et ce que j'ai constaté est que plus de la moitié des commentaires sont haineux vis-à-vis de la communauté algérienne, maghrébinne, musulmane ou immigrée... cela a été une défouloir odieux... une bonne partie des autres commentaires se moquent de la victime quand à son passing notamment, mais aussi vis-à-vis des personnes trans en général... avec des rappels constants sur la génétique, le genre assigné à la naissance etc... Il n'y a pas de débats ni d'éveil des consciences, chacun.e y va de son avis au mieux moqueur, au pire raciste ou transphobe... quelques réactions qui restent condamnent la violence en général...
Je me pose aussi la question suivante: est-ce là un procès condamnant la transphobie... pour ma part c'est clair que non.. La victime, Julia, si elle avait été une personne cis, aurait pu subir exactement les mêmes violences... l'agresseur lui-même semble ne rien comprendre aux questions de transidentité, vu qu'il s'excuse en espérant "qu'il" (en parlant de Julia) "voudra bien accepter ses excuses".
C'est un procès ultra médiatisé par rapport à une violence ordinaire, que subissent tous les jours femmes ou hommes qui n'ont pas le look qu'il faut à l'endroit et au moment qu'il faut, et quand on a en face de soi l'intolérance et la bêtise...
Cette affaire n'a donc pas éveillé les consciences, elle a été un catalyseur de haines, de frustrations, d'incompréhensions... elle a juste rappellé que toute violence est condamnable par la justice mais que ça ne changera rien dans les mentalités... c'est la même chose par rapport au racisme, si les lois sont supposées encadrer cela, cela n'empêche pas que des gens peuvent garder une mentalité arrierée, les commentaires trouvés sur les medias en ligne le montrent très bien...

2.Posté par mourad le 23/05/2019 21:52 | Alerter
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