Paris promet une «forte» riposte européenne en cas de sanctions américaines contre la France  03/12/2019

Paris promet une «forte» riposte européenne en cas de sanctions américaines contre la France























La question de la taxe GAFA envenime toujours les relations entre Paris et Washington. Après que ce dernier a à nouveau menacé d'imposer des droits de douane additionnels, pouvant aller jusqu'à 100%, sur certains produits français, la France a rappelé qu'elle ne reculerait pas dans l’adoption de la taxe.

La France «n'a pas à reculer» sur la mise en place d'une taxe visant les géants de l'Internet, a insisté mardi la secrétaire d'État à l'Économie Agnès Pannier-Runacher, alors que les États-Unis menacent en représailles de surtaxer certains produits français à 100%, relate l’AFP.

«Il est très clair que nous n'avons pas à reculer par rapport à un sujet qui économiquement fait du sens, et qui est de justice fiscale (...) on doit être pugnace sur ce sujet», a indiqué Mme Pannier-Runacher sur Sud Radio, rappelant que cette taxe «n'est pas dirigée contre les plateformes numériques américaines» mais s'applique également aux plateformes françaises.

Le ministre français des Finances réagit

Bruno Le Maire a qualifié mardi d' «inacceptables» les menaces de représailles américaines contre la taxe française sur le numérique et espéré que l'Union européenne réplique «avec force» si elles devaient se concrétiser.

«Le simple projet, qui pourrait s'appliquer d'ici 30 jours, de nouvelles sanctions contre la France, c'est inacceptable», a affirmé M. Le Maire sur Radio Classique. «Ce n'est pas le comportement que l'on attend des Etats-Unis vis-à-vis de l'un de ses principaux alliés, la France, et d'une manière générale l'Europe», a-t-il ajouté.

Le ministre a précisé que les autorités françaises avaient pris contact lundi avec la nouvelle Commission européenne pour parler de la réaction de Bruxelles face aux menaces de l'administration Trump et «nous assurer que s'il devait y avoir de nouvelles sanctions américaines, il y aurait bien une riposte européenne, une riposte forte», a-t-il dit.

M. Le Maire a toutefois appelé à «éviter de rentrer dans cette logique de sanctions et de riposte entre les États-Unis et l'Europe. Cela n'intéresse personne. Ce n'est pas dans l'intérêt du commerce, pas dans l'intérêt de la croissance, de la stabilité politique».
Nouvelles menaces

Washington a menacé d'imposer des droits de douane additionnels, pouvant aller jusqu'à 100%, sur l'équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français en réponse à l'instauration en France d'une taxe sur les géants américains du numérique.

Parmi les produits qui pourraient être surtaxés figurent de nombreux fromages dont le Roquefort, les yaourts, le vin pétillant ainsi que des produits cosmétiques comme le savon et le maquillage ou encore les sacs à main.

Taxe GAFA: Washington menace de surtaxer des produits français jusqu'à 100%

Washington a menacé lundi d'imposer des droits de douane additionnels, pouvant aller jusqu'à 100%, sur l'équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français en réponse à l'instauration en France d'une taxe sur les géants américains du numérique, relate l'AFP.

Parmi les produits qui pourraient être surtaxés figurent de nombreux fromages dont le Roquefort, les yaourts, le vin pétillant ainsi que des produits cosmétiques comme le savon et le maquillage ou encore les sacs à main.

L'administration Trump semble donc pour l'heure épargner le vin traditionnel, un des produits d'exportation tricolore les plus emblématiques, par ailleurs déjà sous le coup de représailles américaines dans un autre litige commercial sur des subventions européennes à Airbus.

Cette annonce fait suite à une enquête ouverte en juillet dernier par le représentant américain au Commerce (USTR) concluant que cette législation française dite «GAFA» (Google, Apple, Facebook et Amazon) porte préjudice aux entreprises américaines.

«L'USTR s'attache à lutter contre le protectionnisme croissant des Etats membres de l'Union européenne, qui ciblent injustement les entreprises américaines», a commenté le représentant dans un communiqué lundi.

La proposition de l'USTR, qui doit encore recevoir l'aval du président américain Donald Trump, risque d'intensifier les frictions avec l'Union européenne et la France en particulier.

Lundi, bien avant l'annonce de cette menace de représailles, le ministre français de l'économie Bruno Le Maire avait prévenu que la France ne renoncerait «jamais» à sa taxe sur les géants de la tech, et reproché aux États-Unis de ne plus vouloir d'un grand accord international sur la fiscalité du numérique.

Ces nouvelles menaces sont en outre dévoilées la veille d'une rencontre entre Donald Trump et le président français Emmanuel Macron. Cette rencontre bilatérale, qui doit se tenir mardi à Londres à 14h00 GMT, dans le cadre du sommet de l'Otan, sera scrutée avec une attention particulière.

Le Président français a en effet jeté un pavé dans la mare début novembre en affirmant que l'Alliance était en état de «mort cérébrale», déplorant le manque de coordination entre les États-Unis et l'Europe face à l'offensive de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.

«Le rapport de l'USTR envoie un signal clair à la France, et avertit les autres pays qui sont en train de finaliser des mesures similaires que des taxes discriminantes ne seront pas tolérées», a réagi Matt Schruers, directeur exécutif de la fédération de l'industrie de l'informatique et des communications (CCIA), dans un communiqué.

Il faisait allusion au fait que l'administration Trump envisage par ailleurs d'ouvrir une enquête à l'encontre de l'Autriche, de l'Italie et la Turquie pour déterminer si leurs taxes menacent les entreprises américaines.

L'imposition de tarifs douaniers punitifs sur les produits français ne pourra, elle, pas intervenir avant la mi-janvier, à l'issue d'une période de consultations pour examiner les éventuelles demandes d'exemptions, selon le calendrier dévoilé par l'USTR.

La taxe française GAFA impose les géants du numérique à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France, notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes. Cette solution a vocation à n'être que temporaire dans l'attente d'un aboutissement de négociations internationales.

Les ministres des Finances du G20, réunis à Washington en octobre, avaient ouvert la voie à des négociations cruciales au sein de l'OCDE sur ce dossier, avec l'objectif de parvenir à un accord mondial d'ici le mois de juin.

La taxation des géants du numérique et des multinationales constitue un enjeu majeur pour adapter la fiscalité mondiale à la numérisation de l'économie de ces dernières décennies, afin que les Etats puissent percevoir des taxes même si les groupes ne sont pas physiquement présents sur leur territoire.

Cet été, après l'adoption définitive de la taxe en France, Donald Trump était monté lui-même au créneau sur ce dossier, dénonçant «la stupidité» du président Emmanuel Macron et menaçant de rétorsions le vin français. Paris s'est pourtant engagé à abandonner sa taxe, qui entre en vigueur cette année, dès qu'une solution internationale aura été trouvée sous l'égide de l'OCDE.

https://fr.sputniknews.com/international/201912031042521806-paris-repond-aux-menaces-us-de-surtaxe-de-produits-francais-jusqua-100/
https://fr.sputniknews.com/international/201912031042521605-taxe-gafa-washington-menace-de-surtaxer-des-produits-francais-jusqua-100/

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