La faim dans le monde toujours en progression, déplore l'ONU  15/07/2019

La faim dans le monde toujours en progression, déplore l'ONU




























La faim dans le monde affectait 821,6 millions de personnes dans le monde en 2018, contre 811 l'année précédente, selon un rapport annuel publié lundi par plusieurs organisations de l'ONU qui déplorent une troisième année consécutive de hausse.

Après des décennies de baisse, la sous-alimentation a repris de la vigueur depuis 2015, notamment à cause des conflits et du réchauffement climatique. Figurant parmi les objectifs de développement durable fixés pour 2030, la perspective d'un monde sans aucune personne en état de sous-alimentation à cette échéance relève d'un "immense défi", note le rapport.

"On n'atteindra pas d'ici 2030" cet objectif, a asséné le patron du Programme alimentaire mondial, David Beasley, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU.

"C'est une mauvaise tendance", a-t-il ajouté. "Sans sécurité alimentaire, nous n'aurons jamais de paix et de stabilité", a averti le responsable, en soulignant l'interaction entre ces paramètres. Partout où des groupes extrémistes ont de l'influence, la faim est utilisée par eux comme une arme pour diviser ou recruter, a mis en garde David Beasley.

Le rapport a été rédigé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, avec le concours du Fonds international pour le développement de l'agriculture, l'Unicef, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

"Il est essentiel de mettre en place des politiques économiques et sociales pour contrecarrer à tout prix les effets des cycles économiques défavorables, tout en évitant de réduire les services essentiels tels que les soins de santé et l'éducation", affirme le rapport.

En appelant à une "transformation structurelle" inclusive avec les plus démunis, les auteurs du document demandent d'"intégrer les préoccupations de sécurité alimentaire et de nutrition dans les efforts de réduction de la pauvreté", tout en luttant contre les inégalités entre les sexes et l'exclusion de groupes sociaux.

- Retard de croissance -

La sous-alimentation reste prévalente sur de nombreux continents: en Afrique (près de 20% de la population concernée), en Amérique latine et dans les Caraïbes (moins de 7%) et en Asie (plus de 12%).

Plusieurs ONG ont réagi défavorablement aux chiffres du rapport.

"La faim fait rage mais a disparu de l'agenda politique", a dénoncé Oxfam, en réclamant d'urgence de nouvelles stratégies. En Afrique et Amérique latine, la hausse de l'insécurité alimentaire touche principalement les pays émergents et non plus uniquement ceux considérés comme les moins avancés, a observé l'ONG française CCFD-Terre solidaire.

En ajoutant les populations souffrant de famine aux personnes touchées par l'insécurité alimentaire, l'ONU estime que plus de deux milliards de personnes, dont 8% vivent en Amérique du Nord et en Europe, n'ont pas régulièrement accès à des aliments sains, nutritifs et en quantité suffisante.

La FAO juge par ailleurs que les progrès sont insuffisants pour réaliser l'objectif 2030 de réduire de moitié le nombre d'enfants souffrant d'un retard de croissance. Aujourd'hui, 149 millions d'enfants sont concernés par un tel retard.

Paradoxalement, le rapport note que la surcharge pondérale et l'obésité continuent d'augmenter dans toutes les régions, en particulier chez les enfants d'âge scolaire et les adultes.

En 2018, environ 40 millions d'enfants de moins de cinq ans avaient un excès de poids. En 2016, 131 millions d'enfants de 5 à 9 ans, 207 millions d'adolescents et 2 milliards d'adultes étaient en surpoids, selon le rapport.

https://www.la-croix.com/Monde/faim-monde-toujours-progression-deplore-ONU-2019-07-15-1301035558

Commentaires

1.Posté par saidab le 15/07/2019 21:21 | Alerter
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"Déplorer" ... Est-ce là tout ce que l'ONU est en capacité de faire ?
Peut-être est-il temps d'adapter les services de cette honorable instance à une situation globale qui ne correspond plus à ses prérogatives au temps de sa création. Aujourd'hui, il ne suffit plus d'émettre des avis. Il faut pouvoir contraindre. Evidemment, il ne faut pas être naïf : les puissances occidentales n'y consentiront pas. Alors, qu'elles fassent l'effort de se contraindre à un peu moins de lâcheté. Un tout petit peu moins. Et cesser de faire perdurer un espoir vain chez les populations en situation de détresse.
Je parle des Occidentaux parce que ce sont eux qui dirugent le monde. D'autres sociétés sont plus riches, mais elles ne comptent pas ; elles se contentent d'obéir aux ordres.

2.Posté par jehaislescookies le 15/07/2019 22:59 | Alerter
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alors que si on fait le bilan "technique" on apprend que
"Ni memorigu ankaŭ, ke en 30 jaroj, la monda nutroproduktado kreskis de 2 300 kalorioj tage por unuopuloj ĝis 2 700, do respektive 90 procentoj ĝis 109 procentoj de la fundamentaj bezonoj, kaj tiuj rezultoj aperis per nombro da agrokultivistoj pli kaj pli eta."
la produktion mondiale alimentaire a cru au point de représenter 109% des besoins de l'humanité au lieu de 90% ces 30 dernières années (avec une population croissante, et par moins d'agriculteurs).
Donc il ne devrait pas y avoir de faim dans le monde, la raison est, ben dans cette bonne vielle LUTTE DES CLASSES, inégalités , spéculations capitalistes, déréglements économiques, guerres, tous créées par l'interêt des impérialsimes et des "stratégie d'ensemble" du grand capital, et tout ça

3.Posté par Peter le 16/07/2019 15:46 | Alerter
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La faim elle est pourtant cotée en Bourse non?
Ca s'appelle "Prix du riz" !!

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