La Deutsche Bank va créer une banque poubelle pour y loger 50 milliards d’euros d’actifs douteux  19/06/2019

La Deutsche Bank va créer une banque poubelle pour y loger 50 milliards d’euros d’actifs douteux
























La deuxième banque allemande peine toujours à se remettre des conséquences de la crise des subprimes en 2008 à laquelle elle a été très exposée. Aujourd’hui elle essaye de réduire la voilure et recentre ses activités sur l'Europe.

Citant «une source proche du dossier» l’agence Reuters a confirmé le 17 juin une information publiée le jour même par le quotidien britannique Financial Times selon laquelle la première banque allemande, la Deutsche Bank envisage de réorganiser ses activités avec la mise sur pied d’une structure de défaisance, qui détiendra des dizaines de milliards d’euros d’actifs financiers. La banque envisagerait également la réduction, voire la fermeture, de ses activités de trading situées hors d’Europe, et en particulier aux Etats-Unis.

Selon le quotidien britannique Financial Times, les actifs appelés à être logés dans la structure de défaisance pourraient valoir après ajustement des risques jusqu’à 50 milliards d’euros et seraient composés de produits dérivés à longue échéance (contrats à terme).

Avec la création de cette structure, le président du directoire de Deutsche Bank Christian Sewing poursuit la réorientation stratégique de l’établissement avec une réduction de la voilure dans la banque d’investissement et une concentration sur les services et la gestion des fortunes privées.

La division banque d’investissement, qui reste une importante source de revenus pour Deutsche Bank, n’a pas réussi à renouer avec une profitabilité durable depuis la crise financière de 2007-2009.

L’établissement a essayé de redresser cette division mais a rencontré des obstacles multiples, tels des accusations de blanchiment d’argent et des échecs à des tests de résistance. Deutsche Bank avait approché Commerzbank, son concurrent le plus proche, en vue d’une fusion mais le projet a avorté en avril.

Sous la pression de certains investisseurs, Christian Sewing a dit fin mai, lors de l’assemblée générale, que Deutsche Bank était prête à effectuer des «réductions drastiques» dans la banque d’investissement, dont l’avenir ne cesse de s’assombrir après l’échec de plusieurs restructurations.

«Comme nous l’avons dit lors de l’assemblée générale du 23 mai, Deutsche Bank met au point des mesures destinées à accélérer sa transformation en vue de l’amélioration de sa rentabilité durable. Nous tiendrons au courant tous les actionnaires quand cela sera nécessaire», a annoncé l'établissement bancaire dans un courriel en réponse aux informations du Financial Times.
Impact durable de la crise des subprimes

Le journal note que Christian Sewing pourrait annoncer les changements à l’occasion de la publication des résultats semestriels de Deutsche Bank, prévue le 24 juillet.



Fondée à la fin du XIXe siècle pour financer le commerce extérieur allemand, la Deutsche Bank fut longtemps une des premières banques d’Europe et figurait encore il y a quelques années dans le top 10 mondial des banques privées (gestion de patrimoine). Mais la crise des subprimes en 2008 lui a été fatale. Accusée par les autorités judiciaires des Etats-Unis d’y avoir contribué elle a dû payer en 2016 près de 7 milliards d’euros d’amende.

Depuis, elle a dû procéder à plusieurs augmentations de capital, mais le cours de son action n’a cessé de chuter. Après l’annonce de la création de la structure de défaisance le cours est tombé aux environs de 6 euros. Depuis le début de l’année la valeur de Deutsche Bank a chuté de près de 12% après une chute de 56,1% en 2018.

Depuis un plus haut en 2010 aux environs de 54 euros, la capitalisation de la Deutsche Bank a fondu de près de 85%. A titre de comparaison, l’indice regroupant les valeurs bancaires européennes est quasiment inchangé depuis le début de l’année (-0,3%) après une baisse de 28% l’an dernier.

Après l’échec de la tentative de fusion avec sa première concurrente nationale, la Commerzbank, c’est désormais la survie même de la Deutsche Bank qui est en jeu. Mais pour ses cadres supérieurs tout va bien. En mai le quotidien les Echos publiait les résultats d'une enquête selon laquelle la Deutsche Bank arrivait en tête des banques européennes, loin devant Barclays, HSBC et BNP Paribas pour le nombre de cadres payés plus d'un million d'euros par an.

https://francais.rt.com/economie/63059-deutsche-bank-va-creer-banque-defaisance

Commentaires

1.Posté par Ferux le 20/06/2019 00:17 | Alerter
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« Ô vous qui croyez, craignez Dieu ! et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants, Si vous ne le faites pas, attendez-vous à une guerre de la part de Dieu et de Son envoyé, Tandis que si vous vous repentez, votre capital vous restera : vous ne léserez pas et vous ne serez pas lésés. » Sourate AL-Baqara (2:278-279)

2.Posté par Saber le 20/06/2019 18:57 | Alerter
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Le cas de la Deutche-Banque est beaucoup plus grave que l'usure, il s'agit de produits dérivés financiers très toxiques pour ainsi mortel pour toute l'économie réelle. 5O OOO Milliards de dette.

3.Posté par Ferux le 20/06/2019 23:47 | Alerter
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@Saber

La titrisation a été à l’origine de la crise des « subprimes », qui a démarré aux États-Unis à l’été 2007 avant de gagner toute la planète financière.
Le principe de la La titrisation est simple. La banque accorde des crédits avec intérêt bien sûr pour des achats immobiliers par exemple.
La banque cède ensuite ces créances à des Fonds Communs de Créances qui procèdent à la conversion des crédits en titres, c'est-à-dire, le plus souvent en obligations.
Un investisseur qui peut être une autre banque pourra racheter ces obligations. Les risques afférents à ces crédits sont ainsi transférés et partagés entre de multiples acteurs. Si bien qu'à la fin plus personne ne sait vraiment ce que contiennent ces obligations.
En 2007, il s'agissait de crédits accordés à des personnes qui étaient incapables de rembourser leurs emprunts. Or à partir de 2005 les taux d'intérêts vont repartir à la hausse.
Cette hausse des taux va se combiner à la baisse des prix de l’immobilier pour la première fois aux USA depuis la fin de la seconde guerre mondiale. C’est ce qui va causer les faillites des organismes de crédit qui avaient délivré des subprimes et la réaction en chaine dans tout le système financier.
Donc c'est bien l'usure qui est en question. Mais cela ne leur a pas servi de leçon car c'est reparti de plus belle depuis.

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