Ennahda remportent les élections en Tunisie, le parlement divisé  07/10/2019

Ennahda remportent les élections en Tunisie, le parlement divisé























Le parti d'Ennahda a obtenu dimanche une faible avance aux élections législatives tunisiennes, compliquant le processus de formation d'une coalition dans un contexte économique fortement dégradé, rapporte l'AFP.

La formation politique Ennahda, qui se présente comme un parti «musulman démocrate», a remporté 17,5% des voix, selon les premières estimations réalisées à l'issue des votes.

Son principal rival, le parti de l'homme d'affaires Nabil Karoui, Coeur de la Tunisie, a remporté 15,6% des voix.

Ces résultats laissent la jeune démocratie avec un Parlement divisé dans lequel Ennahda devra fonder des alliances pour gouverner. Or, les deux partis, qui avaient chacun annoncé avoir remporté le scrutin dimanche, ont exclu de travailler au sein d'une même coalition.

Les Tunisiens votaient pour élire leurs députés pour la troisième fois de leur histoire depuis la «révolution du jasmin», qui a vu le renversement de l'autocrate Zine Ben Ali.

Le taux de participation était de 41%, selon la commission électorale, un faible score qui témoigne d'un fort sentiment de frustration et de désillusion vis-à-vis de la politique.

«Je ne voterai pas parce que je suis convaincu que les nouveaux dirigeants seront pires que les précédents», a déclaré Karim Abidi, un coiffeur de 29 ans à Tunis en amont des élections.

Les deux partis ont fait de la lutte contre la pauvreté le thème phare de leur campagne. Interdit sous la présidence de Ben Ali, Ennahda a fortement lissé son image depuis la Révolution en prenant part aux coalitions de divers gouvernements.

Les élections législatives sont particulièrement scrutées dans le pays car c'est le Parlement qui est chargé d'élire le Premier ministre, lequel supervise la plupart des portefeuilles.

En vertu de la Constitution tunisienne de 2014, un Premier ministre issu du plus grand parti au Parlement contrôle la plupart des politiques intérieures, tandis que le président n'exerce qu'un contrôle direct que sur les affaires étrangères et la défense.

'il n'obtient par la majorité (109 sièges), le parti vainqueur dispose de deux mois à compter du scrutin pour former une coalition gouvernementale avant que le président puisse demander à un autre parti d'entamer des discussions. En cas d'échec, des nouvelles élections seront organisées.

Le professeur de droit Kaïs Saïd et l'homme d'affaires Nabil Karoui, qui se trouve en détention depuis le 23 août dernier, s'affronteront aux élections présidentielles lors d'un deuxième tour, dimanche prochain.

Nabil Karoui, qui possède la chaîne de télévision Nesma, est soupçonné d'évasion fiscale et de blanchiment d'argent. Il s'est vu refuser à quatre reprises une remise en liberté, mais a obtenu de la commission électorale l'autorisation de maintenir sa candidature tant qu'il n'était pas reconnu coupable.

https://fr.sputniknews.com/maghreb/201910071042222896-les-islamistes-dennahda-remportent-les-elections-en-tunisie-le-parlement-divise/

Commentaires

1.Posté par jehaislescookies le 08/10/2019 14:19 | Alerter
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de toutes façons en Tunisie comme en fFance les sytème de l'élection est pervers, Etienne chouard nous explique :
https://www.pressenza.com/fr/2019/10/entretien-avec-etienne-chouard-notre-impuissance-politique-1-3/
La dévastation du bien commun Etienne CHOUARD : « Le constat que je fais, il est celui d’une dévastation du bien commun par les représentants politiques, qui au lieu de servir l’intérêt général, servent les intérêts d’une toute petite poignée d’humains qui sont ultra riches, et qui se servent de l’état, c’est à dire de la puissance publique qui a été instituée, pour protéger la multitude contre la loi du plus fort.
Ils se servent de cette puissance publique à leur profit eux, qui sont déjà les plus forts économiquement, et qui deviennent les plus fort politiquement et militairement grâce à l’état dont ils ont volé le contrôle.
Et donc, j’observe en toutes sortes de dysfonctionnements, c’est plus grave que des dysfonctionnements : j’observe des rapines, un pillage de la société, une dégradation inédite, jamais vue, des conditions de vie de la plus grande partie des travailleurs, les mises aux travaux forcés de la société, un rançonnage, un pillage. »
Notre impuissance politique Etienne CHOUARD : « Je rattache chacun de ces crimes, économique et sociaux, je rattache chacun de ces crimes à l’impuissance politique des citoyens à y résister.
C’est à dire que chacun de ces mauvais gestes, ces mauvaises lois, de ces lois scélérates est dénoncé par la société civile. Il y a des militants qui se spécialisent sur chacune de ces lois, chacun de ces forfaits, et ces militants dénoncent le forfait, décrivent ce qu’il faudrait faire à la place, tout ça dans un contexte d’impuissance politique total. »
Quelle cause ?
Etienne CHOUARD : « La cause commune de mon point de vue, de l’humanité, c’est d’enfin se préoccuper de son impuissance politique, de l’impuissance politique populaire.
Et donc, prenant conscience de cette impuissance et du fait que c’est notre faute, c’est parce que nous le laissons faire que ça a lieu, l’humanité s’empare du processus constituant deviennent constituant, que les humains arrêtent de démissionner du processus constituant, et enfin se mettent à écrire les règles du pouvoir, c’est-à-dire :
comment sont désignés les acteurs,
comment ils sont contrôlés,
comment ils sont punis quand on n’est pas content,
comment les citoyens peut contrôler eux-mêmes les représentants avec des citoyens tirés au sort.
Donc le constat est accablant, mais en même temps que je constate, dans le constat je met l’observation de notre impuissance à résister aux méfaits.
Et cette impuissance politique, dans le même geste ou je l’observe, je la constate, je cherche à la régler, en essayant de réveiller mes congénères humains, pour qu’ils s’entrainent à écrire eux-mêmes la puissance politique qui nous manque, pour résister aux injustices sociales. »
Articles connexes:
Etienne CHOUARD : https://www.pressenza.com/search_gcse/?q=etienne%20chouard
https://www.facebook.com/etienne.chouard
Philippe PASCOT : https://www.pressenza.com/search_gcse/?q=Philippe%20PASCOT
https://www.facebook.com/philipe.pascot

https://www.pressenza.com/fr/2019/10/entretien-avec-etienne-chouard-le-referendum-dinitiative-citoyenne-ric-correcteur-democratique-2-3/
Nos institutions Etienne CHOUARD  : « Nos institutions soi-disant démocratiques, sont anti-démocratiques depuis le début. Les penseurs politiques du gouvernement représentatif, c’est ça le nom officiel depuis le début, depuis 1789 du régime dans lequel on vit, c’est gouvernement représentatif.
On n’est pas démocratie. Et quelqu’un comme Sieyès en France, et Madison aux États-Unis, les penseurs, les plus grands penseurs du gouvernement représentatif savaient très bien ce qu’était la démocratie et ils n’en voulaient pas, et ils l’ont dit explicitement.
Il n’est pas question que la France ait une démocratie. Ils ont mis en place un système dans lequel, un régime dans lequel, le Peuple, Nous, sommes méthodiquement et systématiquement, tenus à l’écart de toute décision politique.
Donc l’état dans lequel nous vivons est celui de l’impuissance politique, qui a été programmé depuis le début.
Ce sont nos représentants qui sont les souverains et pas nous !
On nous dit, que nous sommes les souverains pour nous calmer, pour que nous restions chez nous. Mais à l’évidence quand on regarde la situation, on voit bien que le souverain, c’est celui qui décide et nous voyons bien que nous ne décidons de rien.
Donc nous sommes dans un régime d’impuissance politique. »
Des représentants hors contrôle
Etienne CHOUARD  : «Pourquoi ? Parce que ce sont les représentants qui ont tous les pouvoirs et qui se sont mis progressivement hors contrôle, complètement.
Je ne remets pas forcément en cause l’existence de représentants.
Nous avons probablement, vu notre nombre, nous avons probablement besoin de représentants. Mais notre problème c’est que ce sont les représentants qui ont écrit eux-même les règles de la représentation.
Or, je prétends, que seuls les représentés sont aptes, capables et légitimes à écrire les règles de la représentation. Notre problème, c’est que nous n’écrivons pas nous mêmes les règles de la représentation. »
Le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) et la démocratie directe
Etienne CHOUARD  : «Si nous écrivions nous mêmes les règles de la représentation, et je le vois dans les ateliers que je fais depuis 15 ans, tous les humains pensent au Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) qui est la procédure type, la procédure emblématique, la procédure décisive de souveraineté populaire dans un contexte représentatif.
Le RIC ce n’est pas la démocratie directe. En démocratie directe, les citoyens voteraient eux-mêmes toute leurs lois, toutes les lois seraient votées par les citoyens.
Ça ce serait la démocratie directe
Le RIC ce n’est pas ça. »
A quoi sert le RIC ? Etienne CHOUARD  :
«Le RIC c’est, dans un jeu d’institutions représentatives, dans lequel nous élisons, nous tirerons au sort, nous désignons par concours, peu importe la procédure, nous désignons des représentants parce que nous ne voulons pas faire de la politique tout le temps.
Nous voulons être représentés, et dans ce contexte là, nous voulons malgré cet accord à être représentés, nous tenons à garder la main sur les sujets que nous considérons comme essentiels, donc nous voulons garder l’initiative, sans que les représentants s’en mêlent.
Nous voulons être à l’initiative, pouvoir être à l’initiative :
de nouvelles lois,
d’abrogation de lois,
de révocation d’élus dont nous voulons plus,
et de modification de la constitution.
Et dans un contexte représentatif, le RIC est un correctif démocratique.
Ça n’est pas la démocratie directe. C’est une capsule de démocratie dans un régime représentatif.
Et un vrai RIC ne pourra être écrit que par les citoyens, que par les représentés.
A chaque fois que ce sont les représentants qui écrivent les règles du RIC, ça donne des fake, des faux RIC, des RIC qui n’en sont pas.
Les Gilets Jaunes dans le mouvement de 2018 – 2019 ont incroyablement aidé l’idée du RIC à progresser. C’est devenu dans l’esprit des gens, beaucoup plus de gens, grâce à une médiatisation et à une focalisation remarquable. La population en France en tout cas cette habituée à l’idée d’un RIC Écrit Par Nous Mêmes (EPNM) : ça c’est décisif !
On ne va jamais le risque on demandera aux élus, c’est pas la peine. C’est pas la peine de rêver à ça. Écrit par nous mêmes, et En Toute Matière (ETM), c’est à dire qu’il s’agit d’instituer une véritable souveraineté.
Ce qu’ont fait les gilets jaunes aussi, j’en terminerai avec ça parce que c’est absolument décisif, c’est que dans les ateliers constituants où ils ont se sont entraînés a écrire, et ils s’entraînent en ce moment à écrire eux-mêmes le RIC qu’ils veulent, localement et nationalement, les gilets jaunes et les citoyens constituants, ne manquent pas de penser à instituer l’indépendance des médias.
Parce que dans tous les pays du monde où existe le RIC, une trentaine à 35 pays à peu près, dans lesquels existe le RIC, ça change pas de façon sensible les choses sur le plan de l’oppression des travailleurs par les oisifs, les plus riches, mais c’est parce que les oisifs, les plus riches, ont pris le contrôle dans tous ces pays, comme chez nous, les médias.
Les médias sont achetés par les plus riches.
Or les médias permettent de façonner l’opinion, d’intoxiquer les citoyens, de les désinformer, et de proche en proche, de les faire voter contre leurs intérêts.
Donc un RIC bien pensé, et c’est ce que font les chez les Gilets Jaunes et c’est ce que feront les citoyens constituants, c’est ce que nous ferons quand nous serons tous devenus Gilets Jaunes Constituants, ou citoyens constituants si le mouvement des Gilets Jaunes finit par s’éteindre, un vrai RIC intégrera une, j’hésite avant de dire nationalisation ou une fonctionnarisation des journalistes.
Il faut que nous mettions les journalistes à l’abri des pouvoirs politiques, évidemment donc du gouvernement, des juges, du parlement, de tous les pouvoirs. Il faut que nous mettions les journalistes à l’abri des pouvoirs politiques, des pouvoirs institués, et des riches. Il faut que les journalistes n’aient pas besoin de l’argent des riches.
Donc il faut que ce soit nous qui les payons, que ce soit les citoyens qui payent les journalistes, comme nous payons les juges, et qui les protégions contre toutes les pressions.
Ainsi institué, le RIC français ou algérien, parce qu’il est possible qu’on se fasse doubler par les algériens qui font la révolution plus vite que nous, là nous on traîne un peu je trouve en ce moment, ça se passera je sais pas dans quel pays ça se passera en premier mais, un RIC écrit par les citoyens eux-mêmes, sera une vraie révolution.
Enfin les choses vont changer pour les pauvres gens, c’est à dire le plus grand nombre. » 
Références
L’Abbé Séyès : https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel-Joseph_Siey%C3%A8s
Articles connexes:
Etienne CHOUARD : https://www.pressenza.com/search_gcse/?q=etienne%20chouard
https://www.facebook.com/etienne.chouard
Philippe PASCOT : https://www.pressenza.com/search_gcse/?q=Philippe%20PASCOT
https://www.facebook.com/philipe.pascot

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