Deux morts dans une fusillade au Cachemire  21/08/2019

Deux morts dans une fusillade au Cachemire




























Un «terroriste» et un officier de police sont morts au Cachemire sous contrôle indien dans une fusillade qui a opposé des activistes aux forces de sécurité, a indiqué la police mercredi.

L'incident qui s'est déroulé dans le district de Baramulla, dans le nord du Cachemire, est le premier à être rapporté par les autorités indiennes depuis qu'elles ont révoqué le statut d'autonomie spéciale dans la partie du Cachemire qu'elles contrôlent.

«Un terroriste a été tué (...) des armes et des munitions ont été découvertes», a indiqué la police sur Twitter, précisant qu'un officier de police avait été tué et qu'un autre blessé dans l'incident était traité dans un hôpital militaire.

Affilié à une organisation armée

Dans un autre tweet, la police a identifié l'activiste abattu comme étant affilié au «Lashkar-e-Taiba» (LeT), une organisation armée basée au Pakistan, accusée par New Delhi et Washington d'avoir organisé les attaques sanglantes de Bombay en 2008.

Un blocage des communications et de fortes restrictions à la circulation avaient été imposés par les autorités indiennes la veille de l'annonce, le 5 août, de la révocation de l'article 370 de la Constitution, qui conférait ce statut d'autonomie spéciale à la région himalayenne.

Fréquents affrontements

Les affrontements sont fréquents entre les forces de sécurité indiennes et les militants opposés à la domination indienne, des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart civiles, ont perdu la vie au cours des 30 dernières années, ajoutant au ressentiment envers New Delhi.

Quelque 80'000 paramilitaires indiens supplémentaires ont été déployés dans le Cachemire indien. Un demi-million de soldats s'y trouvent déjà en temps normal. L'Inde et le Pakistan, qui se sont partagé le territoire du Cachemire après leur indépendance en 1947, se sont depuis livrés trois guerres, dont deux à propos du Cachemire.

Des milliers d'arrestations depuis la fin de l'autonomie

Environ 4000 personnes ont été interpellées au Cachemire indien depuis la révocation de l'autonomie de ce territoire par New Delhi il y a deux semaines, ont déclaré à l'AFP des sources gouvernementales. Ces dernières craignent des manifestations.

Elles ont été interpellées en vertu de la loi sur la sécurité publique, a précisé à l'AFP un magistrat s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Cette loi controversée permet aux autorités d'emprisonner une personne jusqu'à deux ans sans accusation ni procès. Dans ce territoire revendiqué également par le Pakistan, les tensions demeurent vives depuis le 5 août, date à laquelle l'Inde a révoqué l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu'elle contrôle.

Evacuation par avion

«La plupart d'entre elles (les personnes interpellées) a été évacuée par avion du Cachemire parce que les prisons n'ont plus de capacité», a précisé le magistrat, ajoutant qu'il avait eu recours à un téléphone satellite qui lui avait été attribué pour collecter les chiffres auprès de ses collègues à travers le territoire.

Un black-out sur les communications et de fortes restrictions à la circulation avaient été imposés par les autorités indiennes la veille de l'annonce le 5 août de la révocation de l'article 370 de la Constitution, qui conférait ce statut d'autonomie spéciale à la région himalayenne.

Trump offre sa médiation au Cachemire

Le président américain Donald Trump a de nouveau proposé mardi, malgré les réserves de New Delhi, de jouer les médiateurs entre l'Inde et le Pakistan face à la «situation explosive» au Cachemire. Il s'est entretenu ces derniers jours au téléphone avec les premiers ministres indien et pakistanais.

«Le Cachemire est un endroit très compliqué. Vous avez les Hindous et vous avez les musulmans et je ne dirais pas qu'ils s'entendent vraiment entre eux», a expliqué le président des Etats-Unis.

«Je ferai de mon mieux si je peux servir de médiateur», a-t-il ajouté, après avoir parlé au téléphone avec le premier ministre indien Narendra Modi et le chef du gouvernement pakistanais Imran Khan pour évoquer la nécessité de «réduire les tensions au Cachemire».

Ce n'est pas la première fois que le milliardaire républicain, qui vante volontiers ses talents supposés de négociateur hors pair, offre ses services dans ce dossier, qui a déjà été à l'origine de deux des trois guerres que l'Inde et le Pakistan se sont livré depuis leur partition en 1947.

Pression diplomatique

A défaut de médiation à ce stade, la communauté internationale commence toutefois à faire monter la pression pour que les deux pays voisins trouvent une issue.

Le premier ministre britannique Boris Johnson s'est entretenu mardi au téléphone avec Narendra Modi, qui rencontrera jeudi à Paris le président français Emmanuel Macron, puis Donald Trump en marge du sommet du G7 ce week-end à Biarritz, en France.

Le Royaume-Uni a «clairement indiqué» que l'Inde et le Pakistan devaient «résoudre bilatéralement» et «par le dialogue» les problèmes liés au Cachemire, a rapporté un porte-parole de Boris Johnson.

https://www.lematin.ch/monde/Deux-morts-dans-une-fusillade-au-Cachemire/story/28027269
https://www.lematin.ch/monde/milliers-arrestations-fin-lautonomie/story/11570024
https://www.lematin.ch/monde/trump-offre-mediation-cachemire/story/27159916

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