Blog de Jacques Sapir fermé : le chercheur pointe la responsabilité d'un conseiller ministériel  27/09/2017

Blog de Jacques Sapir fermé : le chercheur pointe la responsabilité d'un conseiller ministériel











Face à la fermeture de son blog Russeurope hébergé sur le portail universitaire OpenEdition, Jacques Sapir dénonce une décision basée, selon lui, sur des motifs fallacieux. Plusieurs membres des milieux universitaires lui ont apporté leur soutien.

Accusé d'avoir utilisé son blog comme «tribune politique partisane» et de publier des textes «déconnectés du contexte académique et scientifique» par Marin Dacos, chercheur au CNRS et fondateur d'OpenEdition, Jacques Sapir a dénoncé auprès de RT France «une accusation parfaitement gratuite, et fausse».

«Tous mes textes sont en relation, directe ou indirecte, avec mes recherches. Quand OpenEdition et Hypotheses.org m’ont signifié qu’il y avait un problème, les quatre notes qu’ils ont cités étaient des copies d’articles, ou des références à mon travail», nous a-t-il confié le 27 septembre.

L'économie peut être elle traitée sans parler de politique ? «C’est strictement impossible», répond le chercheur à l'EHESS, avant de préciser que toutes ses notes «politiques» sont en références à ses recherches, à ses livres et à ses articles. «Je ne me suis jamais prononcé hors de ce cadre», a-t-il assuré.

Constatant que d'autres blogs, tels que celui de son ami sociologue Michel Wieviorka, contenant des articles publiés dans des journaux, Jacques Sapir s'interroge sur la différence de traitement dont il fait l'objet.

«Je m’interroge aussi sur les fonctions aujourd’hui occupées par le responsable, Marin Dacos, et je me demande s’il n’y a pas, pour le moins, conflit d’intérêts», a-t-il lâché, faisant référence à la fonction de conseiller scientifique pour la science ouverte au Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation du responsable d'OpenEdition.

Contacté par RT France, Marin Dacos n'a pas encore donné suite à notre sollicitation.
«Même académique, la pensée unique doit d'abord rester... unique !»

Jacques Sapir a reçu le soutien de nombreux internautes et d'universitaires, mais aussi de personnalités telles que Philippe Béchade, économiste membre des Econoclastes, pour qui le chercheur paye avant tout ses prises de positions opposées à la politique d'Emmanuel Macron.

«La censure de Jacques Sapir par son hébergeur Hypothèses démontre que même académique, la pensée unique doit d'abord rester... unique !», a-t-il affirmé dans un deuxième tweet.

«La dictature en marche ! Toute ma solidarité à Jacques Sapir», a tweeté Paolo Becchi, professeur de philosophie à l'université de Gênes.

Hélène Clément-Pitiot, économiste à l'EHESS, a elle aussi apporté son soutien au chercheur. «Censure à outrance ! La dictature en marche passe à la vitesse supérieure», a-t-elle déclaré sur le réseau social Twitter. «Briser les formes institutionnelles de ce dialogue est un affront», a-t-elle ajouté dans un second message.

«C'est très exactement le problème. Et c'est pourquoi il faut faire pression sur Hypothèses», a commenté Jacques Sapir sur le réseau social, répondant à sa collègue économiste.

https://francais.rt.com/france/43837-blog-jacques-sapir-ferme-conseiller-ministeriel

Commentaires

1.Posté par saidab le 27/09/2017 13:46 | Alerter
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Quand les pratiques fasciste règnent à ce niveau-là, d'une façon aussi agressive, il ne reste plus d'autres solutions que celles exposées par François Asselineau : les révoltes populaires (https://www.youtube.com/watch?v=9Ovi5QFmUB0). Mais ... Qui croit encore que la traitrise des clercs va cesser ?

Puisque, d'après cette vidéo, l'histoire de France (comme ailleurs sans aucun doute) est jalonnée de traitrises de haute fonction, auxquelles le peuple réagit en dernier recours en masse ; pour ou contre. Alors on peut se demander si les réactions populaires sont une solution. Puisque, toujours d'après Asselineau, ce qui s'est déjà produit plusieurs fois se reproduira nécessairement encore d'autres fois (c'est la leçon de la chouette). Ce qui implique que tant qu'il y aura des clercs, il y aura trahison. Donc, à terme, révolte.

On en conclut que les réactions populaires ne sont qu'un intermède entre une trahison et une autre. Jusqu'à quand ...
Seul un changement total de paradigme, donc de système politique, peut convaincre les clercs à venir de leur intérêt à être les gardiens jaloux des intérêt de leurs populations. Et ça, les mouvements d'humeur ne le feront pas.

C'est dans un soutien public permanent visible à ceux que les clercs tentent de museler, ainsi que dans un boycott systématique des services traîtres, qu'ils soient politiques, économiques, industriels ou éducatifs. Surtout éducatifs puisque c'est là que les enfants sont contraints d'apprendre très tôt à se soumettre aux plus forts, ou à se perdre.

2.Posté par Kissifrot le 01/10/2017 11:17 | Alerter
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Le bonhomme a soigneusement fait le jeu de l'oligarchie en évitant au maximum d'aborder les analyses et proposition de M. Asselineau durant toute la campagne présidentielle, sans jamais gêner se gêner de citer à outrance le club des 5 qui le nourrissait. La soupe était bonne. M. Sapir en a mangé comme les autres "spécialistes" retenus par Attali et sa clique.
Bref, le kleenex a bien servi son système, et le système n'a plus besoin de lui. On ne versera pas de larme sur le mouchoir.
Pendant ce temps, M. Asselineau est à nouveau blacklisté de tous les grands médias depuis la fin du 1er tour, parce qu'il est finalement le seul opposant réel, avec un parti de bientôt 30000 adhérents réels et convaincus.
Mais ça évidemment, ça ne fait l'objet d'aucun article hors UPR, alors qu'on parle quand même de la notion même de démocratie.

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