Algérie: Des lois critiquées avant même d’être rendues publiques  13/10/2019

Algérie: Des lois critiquées avant même d’être rendues publiques
























L’actualité du Mouvement populaire a apporté une nouveauté dans les rapports entre le pouvoir et la rue. Il est certes indéniable que le gouvernement Bedoui n’est pas en odeur de sainteté auprès du Hirak. L’on a même enregistré quelques tentatives de blocage des visites ministérielles. A partir de vendredi dernier, la critique est passée un nouveau cap, puisque la loi de finances et celle relative aux hydrocabures, qui devraient être aujourd’hui au menu du Conseil des ministres, ont été le centre d’intérêt des marches à travers le pays.

Les manifestants ont repris en chœur, dans toutes les villes, théâtres des marches pacifiques, leur rejet de ces deux textes législatifs. Cette synchronisation et la similitude des slogans, et surtout les reproches qu’on fait à ces deux lois appellent légitimement à s’interroger sur les tenants et les aboutissants de ces nouveaux slogans qui viennent mettre dans la rue des textes censés relever d’un niveau de technicité, difficile à démêler dans un tel lieu. Il y a dans cette offensive contre ces deux lois, quelque chose de réellement bizarre, sachant que l’opinion nationale n’en sait pas grand-chose.

Les ministres des Finances et de l’Energie en ont donné quelques grandes lignes, mais, à aucun moment, un document officiel estampillé du sceau du gouvernement ou de la présidence de l’Etat, n’a été rendu public. L’opinion nationale ne connaît donc pas le contenu de ces lois. Pourtant, on a tenu dans les marches de vendredi dernier et sur les réseaux sociaux des propos hallucinants, du genre que la loi de finances 2020 ouvrirait les portes aux étrangers, que l’économie nationale allait être bradée. Ces critiques qui circulaient, avant-hier, dans rues de la capitale et d’autres villes du pays, ne reposaient en réalité que sur des rumeurs distillées par les réseaux sociaux.

Concernant la loi sur les hydrocarbures, les attaques sont mieux élaborées. Des prétendus cadres supérieurs, affirmant avoir lu le projet de loi, développent sur plusieurs pages facebook des scénarios abracadabrants. Ils se cachent derrière un anonymat suspect et déroulent un chapelet d’accusations aussi insensées les unes que les autres. On y dit à titre d’exemple, que le pétrole sera purement et simplement bradé, qu’au titre de cette loi, l’Algérie perdra toute souveraineté sur son sous-sol.

Les tenants de cette attaque en règle contre les deux lois savent qu’en raison de leur complexité, les citoyens n’iront pas vérifier la véracité de leurs dires. Ils en profitent, via la télévision de l’ex-FIS, pour construire un argumentaire fallacieux pour amener les Algériens à faire pression sur le gouvernement. L’objectif poursuivi n’est pas l’amendement ou l’amélioration du contenu de ces lois, mais pour créer les conditions d’un pourrissement irréversible de la situation dans le pays. Les appels à manifester spécifiquement contre ces deux lois n’émanent certainement pas de la «dynamique populaire». Comment cela serait-il possible alors que l’on ne connaît pas les détails de ces textes ?. Il est clair que dans cette «opération», il y a une volonté de nuire, pas au gouvernement ou au Hirak, mais à l’Etat algérien.

En développant un discours vicieux, défendant la thèse qu’il existe un «désir gouvernemental» d’affamer les Algériens, de les dépouiller de leurs richesses, une réelle intention de faire dévier le Mouvement populaire. Le moyen d’y parvenir semble assez clair : on transforme la rue en un gigantesque tribunal à ciel ouvert, chargé de condamner et punir l’Exécutif, sans aucune espèce de débat. Le motif est tout trouvé, à savoir que la rue rejette le gouvernement. Ce dernier n’a pas à statuer sur des lois aussi essentielles que celle des hydrocarbures. quand bien même, cette approche serait légitimement défendable, la sagesse voudrait qu’on sache ce qu’il y a dans ces lois, qu’on en débatte entre spécialistes, qu’on en vulgarise les concepts pour les rendre accessibles au plus grand nombre, que l’on évalue les grands enjeux intérieurs et extérieurs, mais pas de prendre des positions aussi tranchées. Il faut croire que ceux qui ont mis ces deux lois dans la rue ne voulaient pas d’un débat citoyen. Ils y perdraient.

Il faut dire que tel que présentées dans les marches et sur les réseaux sociaux, il est difficile de ne pas voir dans les attaques contre la loi de finances et la loi sur les hydrocarbures, une manœuvre malintentionnée de quelques cercles hostiles. Ces derniers profitent certainement d’un grave déficit de communication des pouvoirs publics, mais cela ne les disculpe pas de leur intention de manipuler des lois complexes pour créer une situation d’impasse en Algérie.

Quelques éclaircissements d’un spécialiste

Cette campagne a été par la suite soutenue et encouragée par la presse en ligne et les réseaux sociaux. Des slogans avec toutes les couleurs du drame et de la désolation. «Ils ont bradé nos richesses.» «Ils vont vendre le Sahara aux Américains et aux Français.» «Nous allons acheter notre essence et diesel chez Total» etc... Certes, l’opacité et l’absence de débats dont a fait preuve le gouvernement ont facilité l’émergence, ensuite la propagation de telles spéculations, mais hélas, la vérité est ailleurs : l’innoficiel et l’illégitime gouvernement actuel aurait tout simplement expliqué aux citoyens algériens de quoi il s’agit. À travers des recherches que j’ai eu à effectuer sur cette question, je peux me permettre de dire en toute modestie que cette campagne contre la nouvelle loi des hydrocarbures ne tient pas la route.

Premièrement : si l’on se réfère aux slogans des médias qui disent que le gouvernement actuel vient d’offrir les richesses du Sahara en pétrole et en gaz aux compagnies pétrolières américaines et françaises, dans ces conditions on aurait sans aucun doute vu les titres boursiers des compagnies pétrolières comme Exxon Mobil, Chevron et Total partir dans des hausses euphoriques, mais hélas, non seulement les actions cotées en Bourse de ces trois entreprises citées n’ont pas connu de hausse mais au contraire elles ont chuté. En voici quelques cotations. L’action de Exxon : 72,30 dollars le 23 septembre, 67,37 dollars le 9 octobre. L’action de Chevron : 124,88 dollars le 23 septembre, 113,14 dollars le 9 octobre. L’action de Total : 53,90 dollars le 23 septembre, 49.09 dollars le 9 octobre. Ces cotations viennent démentir et tourner au ridicule les slogans des médias algériens.

Deuxièmement : dans le domaine du gaz de schiste, les Américains restent toujours les maîtres de la technologie des exploitations des gaz et pétrole de schiste dans le monde. Même la compagnie pétrolier Total n’échappe pas á la domination américaine dans ce domaine. Donc si l’Algérie, qui est classée troisième réserve de ce genre de gaz dans le monde, décide d’explorer et exploiter son gaz de schiste, elle sera obligée de se tourner vers les entreprises américaines comme le font tous les autres pays d’ailleurs. Cependant, il serait à mon avis dans l’intérêt de l’Algérie, de solliciter les compagnies pétrolières américaines spécialistes uniquement dans cette technologie, Chesapeake energy. Ce genre de compagnies offrent un coût moins élevé pour l’exploration des gaz de schiste que leurs concurrents les cinq majors du pétrole. La question sur la rentabilité de l’activité des gaz de schiste en Algérie est la plus importante.

Troisièmement : au sujet des actifs d’Anadarko en Algérie. Depuis le mois de novembre 2018, Anadarko a clairement affiché ses intentions de vendre ses actifs africains y compris ceux en Algérie. Au mois d’avril, s´est déclenchée une bataille d’offres entre les deux compagnies pétrolières américaines Chevron et Occidental pour le rachat de tout le groupe Anadarko. Profitant de cette situation et poussée par des motifs politiques, stratégiques et mercantiles, la compagnie pétrolière française Total lance une offre pour le moins alléchante de 8,7 milliards de dollars pour le rachat de tous les actifs de Anadarko en Afrique. Pendant tout ce temps les gouvernements algériens (l’ancien et l’actuel) n’avaient pas bougé le petit doigt pour manifester un accord ou un désaccord sur cette question très sensible et importante. Ce n’est qu’une fois que cette affaire était clôturée avec l’accord final conclu entre Anadarko et Total, que notre ministre de l’Energie lâchera quelques mots où il a affiché son opposition.

Gaz de schiste algérien et gaz de schiste français: Sur la question de l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste en Algérie on entend certains de nos compatriotes se poser cette question : pourquoi le gouvernement français avait refusé l’exploration des gisements de gaz se trouvant sur le territoire français alors que la compagnie pétrolière Total veut exploiter le gaz de schiste en Algérie ? La réponse est que primo : les gisements des gaz de schiste français se trouvent près des agglomérations d’où le risque écologique est extrêmement élevé. Secundo : le lobby du nucléaire en France est très puissant avec des ramifications á Paris et à Bruxelles. Ce lobby voit d’un mauvais oeil, le gaz se substituer à l´uranium et dans ce contexte il faut rappeler que 70% des besoins énergétiques français sont tirés à partir de l’énergie nucléaire. Enfin, la technologie pour l’exploration des gaz et pétrole de schiste est toujours une propriété américaine, chose dont les Français cachent mal leur refus de dépendance. En Algérie, le risque écologique est moins élevé qu’en France, puisque les gisements de gaz de schiste algérien se trouvent dans des lieux désertiques .

https://www.lexpressiondz.com/nationale/le-cheval-de-troie-322121
https://www.lexpressiondz.com/nationale/quelques-eclaircissements-d-un-specialiste-322119

Commentaires

1.Posté par benz le 13/10/2019 18:02 | Alerter
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"En Algérie, le risque écologique est moins élevé qu’en France, puisque les gisements de gaz de schiste algérien se trouvent dans des lieux désertiques" .
En Algérie le risque écologique est lié a la possibilité de voir la nappe albienne du Sahara complètement contaminée: Ce qui est un risque écologique majeur.

2.Posté par nation le 13/10/2019 18:26 | Alerter
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Cette mafia barbare ne reconnait la loi Algérienne.

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