Palestine occupée

bint jbeil n 1



flavourose@yahoo.fr
Jeudi 3 Août 2006

Pour les combattants du Hezbollah, qui ont affronté les parachutistes israéliens pendant une semaine dans des combats de rue acharnés au Liban-Sud, la bataille de Bint Jbeil fait figure de victoire, voire d’épopée, malgré les pertes qu’ils ont subies.
Profitant de quelques heures de repos, un cadre de la formation a évoqué ces affrontements qui ont fait rage dans les rues maintenant en ruines de ce bastion du parti de Dieu.
Celui qui se présente sous le nom de Hussein – patronyme du héros mythique des chiites, mort dans la bataille de Kerbala en 680 – retient ses larmes lorsqu’il parle des combats.
« Vous pouvez imaginer les armes qu’ils ont, et les armes que nous avons », explique à un journaliste de l’AFP ce spécialiste des mortiers, âgé de 42 ans. « Comment les avons-nous battus ? C’est le secret des croyants, c’est le lien qui existe entre le combattant et son Dieu. »
Les soldats israéliens se sont retirés de cette localité le 28 juillet, pour se préparer à ce que les combattants du Hezbollah s’attendent être une nouvelle offensive encore plus dure.
Derrière eux, ils ont laissé des champs de ruines, que les ambulances de la Croix-Rouge n’ont pu atteindre que lundi pour évacuer les derniers habitants de Bint Jbeil, des vieillards, des infirmes et des malades.
Dans les décombres des maisons écrasées, des cadavres se décomposent et une odeur de putréfaction règne dans l’air surchauffé.
« Nous contrôlons la ville et nous sommes vainqueurs », assure Hussein. « Les Israéliens souffrent et la résistance n’a même pas encore commencé. Ils ne se sont pas retirés, ils ont dû battre en retraite. »
Il caresse sa barbe avec fierté, en mêlant le récit des souffrances des habitants et celui des exploits de ses hommes, assis avec son ami de toujours, un autre combattant du Hezbollah, Ahmad, 30 ans. Tous deux se sont retrouvés dans de grandes embrassades après 20 jours sans nouvelle l’un de l’autre.
« Le commandement a donné aux combattants une instruction simple. Ils nous ont dit : “Quand vous verrez les Israéliens, attaquez-les” . Et nous avons attendu pour nous battre, comme un homme attend sa mariée. »

L’assaut
Les combats rapprochés ont commencé lorsque les soldats israéliens ont pris position dans une villa construite au sommet d’une colline par un riche chiite, en villégiature aux États-Unis. « Nous ne leur avons laissé aucune chance de faire arriver des renforts », assure Hussein : « Nous les avons attaqués immédiatement. »
L’assaut a commencé à 01h30 le 28 juillet. Des combattants ont encerclé la villa et Hussein a commencé à bombarder le secteur aux mortiers. « Les combattants m’appelaient sur la radio et me disaient “balance”! Et nous tirions une salve d’(obus) pour les soutenir. »
Puis le Hezbollah est passé à l’attaque. Trente combattants ont chargé tirant au kalachnikov, à la mitrailleuse lourde, aux lance-roquettes et aux armes antichars. La bataille a duré trois heures et demie.
« Vous êtes un franc-tireur. Vous passez à l’attaque, puis vous vous retirez. Et vous répétez ça tant que vous le pouvez. Vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir peur », dit Hussein.
Finalement, les troupes israéliennes se sont retirées après ce qui fut le dernier épisode de la bataille de Bint Jbeil qui a duré plusieurs jours et fait des tués de part et d’autre. Elles mettront plusieurs heures pour parcourir les cinq kilomètres qui les séparent de la frontière.
Aujourd’hui, la villa du riche Libanais est détruite. Le sol est jonché de douilles de kalachnikovs et de M-16, l’arme individuelle en dotation dans les rangs de l’armée israélienne. Les impacts d’obus se suivent à courte distance attestant de la violence des bombardements. Hussein se penche et ramasse dans les débris une paire de jumelles de vision nocturne.
« Voilà quelque chose de valeur, nous n’avons pas de jumelles de vision nocturne, dit-il. Il en sera fait bon usage. Elles seront envoyées à Beyrouth, pour que la télévision du Hezbollah, al-Manar, les montre comme un trophée. Puis elles retourneront au front, où elles seront encore plus utiles. »



Mercredi 2 Août 2006


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