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Samedi 04 Juillet 2009
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À l’ombre des jeux olympiques, les US ont lancé une guerre par procuration contre la Russie
Un dernier coup tordu de Bush. Il a profité de ce que les médias sont accaprés par l'ouverture des XXIXèmes olympiades de Pékin pour lancer son protégé de Géorgie contre la République Sud-ossète. Le principe mis en avant est l'intégrité territoriale de la Géorgie.
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Jeudi 02 Juillet 2009 - 10:20 « Les Etats-Unis et l’Iran ont le monopole de la violence, à parts égales » Interview d’un ex-agent de la CIA, Robert Baer |
Lundi 29 Juin 2009 - 13:05 Iran Chine US : Beijing Met en Garde Les US Sur L'Iran |
abdellah.ouahhabi@online.fr Samedi 09 Août 2008
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Photo: Ria Novosti
Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, nuit qui a précédé l’ouverture des XIXèmes jeux olympiques, l’armée géorgienne a engagé son armée dans une offensive contre l’Ossétie et l’Abkhazie, des pays musulmans indépendants depuis la chute de l’URSS, situés entre les frontières actuelles de la Russie et de la Géorgie,.
Sans le soutien financier et militaire des USA cette nouvelle guerre du Caucase, à la frontière directe de la Russie, était inimaginable. Quels en sont ses enjeux ?
Le principal protagoniste dans cette affaire, ce sont les USA. Sans eux, cette bataille n’aurait pas pu commencer. Ils ont fourni l’aide nécessaire (financière, réseaux d’influence, diplomatie, etc.) au parti du président actuel de Géorgie pour qu’il gagne des élections truquées par ailleurs. Puis, ils l’ont incité à annexer les pays en question.
On ne peut certes pas totalement effacer le rôle des protagonistes locaux. Mais depuis la guerre froide, on sait que les décisions principales dans ces « conflits secondaires », que ce soit au Vietnam ou à Cuba ou au Moyen-Orient, se prennent très loin du champ de bataille.
En 1973, en pleine guerre du Vietnam, les USA furent obligés de concéder publiquement, par des accords signés par Richard Nixon, l’égalité stratégique des USA et de l’URSS. Cette égalité fut même corrigée au profit de l’URSS par la victoire des Vietnamiens, grâce à l’aide soviétique.
Par la suite, l’éclatement de l’URSS a donné naissance à l’espoir aux Américains de non seulement neutraliser l’ancienne super puissance soviétique, mais de prendre le contrôle de ses richesses naturelles immenses.
Quand l’URSS se fut dissoute, la primauté du respect à la souveraineté nationale a cédé dans cet espace post-soviétique devant le respect du droit des peuples à l’autodétermination. Des États nouveaux sont nés sur la base de ce droit des peuples. La Géorgie est née ainsi. La République Sud-Ossète, l’Abkhazie, l’Adjarie, la Transnistrie aussi. Par la force, la Géorgie refuse l’indépendance de l’Ossétie du sud, de l’Abkhazie, de l’Adjarie.
Dans le conflit présent entre la Géorgie et l’Ossétie du sud, les ficelles sont tirées depuis Washington et Moscou.
Selon Moscou, il est impensable de permettre à la Géorgie d’annexer ces deux mini-États récemment créés si celle-ci devait intégrer l’OTAN. En effet, dans une telle perspective, ces deux régions seraient utilisées contre la Russie. C’est somme toute une position légitime : la Russie est sur la défensive face aux avancées US qui veulent intégrer la Géorgie dans l’OTAN.
Selon le régime de Géorgie, né des révolutions oranges, téléguidées par les USA, l’appartenance à l’OTAN est le meilleur rempart contre un retour d’influence séculaire russe.
Pour les USA, il faut enserrer la Russie dans réseau de bases militaires de l’OTAN et de pays hostiles. C’est le meilleur moyen de « clouer définitivement le bec » de la Russie sur la scène internationale, de l’isoler, de neutraliser sa diplomatie par la menace à sa sécurité et si nécessaire (si les relations USA-Russie devaient un jour aller jusqu’à la confrontation) pour pouvoir lancer impunément une première frappe paralysante imparable à cause du très court délai entre le lancement des vecteurs US et leur impact sur les centres névralgiques russes. Le but ultime étant d’amener à terme la Russie à céder ses richesses naturelles à vil prix.
Cette ligne politique régionale des USA entre dans le cadre d’une vision plus large dont l’objectif principal, issu de la déconfiture de l’URSS est de ne jamais permettre que, de nouveau, ils soient dans l’obligation de reconnaître à un autre pays le statut d’alter ego. C’est d’ailleurs pour cette même raison qu’ils ont toujours fait le nécessaire pour empêcher l’émergence d’une politique étrangère européenne indépendante et son corollaire, une industrie militaire et une armée intégrées.
Ils veulent résolument être et rester le seul pays à pouvoir décider du destin des autres peuples du monde et à disposer des richesses naturelles de la planète. Cela a abouti à au plan visant à proclamer le monde entier comme nouveau champ d’intervention de l’OTAN.
Or la Russie, née d’une maladie existentielle de l’URSS, a actuellement reconstitué en partie son économie et ses structures étatiques. Ce n’est plus un pays en déshérence. Elle tend à reprendre la défense de ses intérêts. Et donc à sa frontière immédiate en ne permettant pas l’installation de l’OTAN à sa frontière. D’où le choix posé à la Géorgie : la colonisation de l’Ossétie du Sud en échange du refus d’entrer dans l’OTAN.
La Géorgie a pris la Russie de vitesse.
Juste après la proclamation de la sécession-indépendance du Kosovo, ancienne province de la Serbie. État immédiatement reconnu par les USA au grand dam de la Russie. Celle-ci aurait pu reconnaître en réponse l’indépendance des provinces d’Ossétie, d’Abkhazie, de Transnistrie. Une telle reconnaissance en temps opportun aurait autorisé juridiquement la Russie à fournir à l’Ossétie toute aide militaire nécessaire y compris une intervention directe aux côtés des troupes du pays.
Mais, la Russie a temporisé. Les USA en ont profité ; ils ne lui ont pas donné le loisir de prolonger le suspens sur ses intentions relativement aux « conflits gelés » d’Europe centrale : ils ont dégelé par la force militaire et l’argent (le président géorgien peut promettre 40 milliards de dollars US en réparation aux victimes de son agression militaire) celui qui existait entre la Géorgie et L’Ossétie du Sud.
La Russie est restée bouche bée, ce lendemain d’attaque militaire menée avec des tanks, de l’artillerie, avec des avions.
Les autres conflits semblent en attente d’une action analogue de la Géorgie. ; faut-il les considérer comme des conflits désormais réglés et classés… aux dépens de la Russie.
Dans l’avenir, si l'action géorgienne est couverte de succès, la carte stratégique du monde sera plus claire : à court terme, l’OTAN va se retrouver directement à la frontière de la Russie, avec ses tanks, ses radars, ses missiles et les USA loin derrière cette frontière chaude et ses dangers. La Russie aura perdu une partie serrée et elle aura perdu aussi pour plus longtemps son crédit de grande puissance sur l’arène internationale. Elle avait vendu son accord pour la première agression contre l’Irak ; elle n’a rien fait pour empêcher la seconde. Elle a déjà vendu son vote au sein du Conseil de Sécurité pour valider les sanctions illégitimes et post-coloniales contre l’Iran. Elle a bradé l’unité de la Serbie qu'elle aurait pu soutenir militairement. Elle aurait enfin abandonné ses alliés et subi la mort violente de ses propres citoyens, juste à sa frontière géorgienne.
Que lui resterait-t-il encore à défendre contre les appétits US sinon son territoire ?
Mais ce sont là des hypothèses conditionnelles...
Paradoxalement, pour le reste du monde, cette dernière agression va certainement créer un nouveau contexte où la Russie capitaliste va enfin comprendre que le danger qui la menaçait durant la guerre froide n’a pas disparu avec la fin de celle-ci : l’opposition USA-URSS n’était pas tant idéologique qu’économico-militaire. Les visées expansionnistes impérialistes sont toujours là. Plus que jamais. Par conséquent, la Russie va redécouvrir l’utilité d’alliances internationales pour la défense des souverainetés nationales.
Par exemple, l’Iran ne lui apparaîtra plus comme un voisin « à vendre aux USA et à Israël » en échange de l’accès à l’Organisation Mondiale du Commerce et/ou au marché US, mais comme un précieux allié pour damer le pion à l’expansionnisme US au Moyen-Orient et pour éloigner les appétits américains de son propre territoire.
Faut-il aller jusqu’à espérer qu’elle fournira des missiles anti-hélicoptère et anti-avion aux Palestiniens du Hamas qui en ont tellement besoin pur se défendre contre les agressions israéliennes maintes fois condamnées par l’Assemblée Générale de l’ONU ?
Point trop n’en faut. Une telle décision serait raisonnable du point de vue de ses intérêts nationaux puisqu’Israël qui abritait déjà des dépôts d’armes US pré positionnées pour une éventuelle guerre contre la Russie va bientôt accueillir un radar du même type que celui qui sera installé en Tchéquie… et ce radar sera géré par des militaires US.
Mais je doute que les dirigeants russes actuels iront jusque là dans l’analyse de leurs intérêts immédiats, à moyen et long terme.
Pour le moment, il faut plutôt interpréter ces reculades successives de la Russie comme le signe d’une dépendance réelle ou perçue comme telle, trop grande de son économie actuelle vis-à-vis des brevets US et vis-à-vis des échanges commerciaux avec les USA. Il est vrai qu’il existe en Russie un fort courant idéologique, basé sur les puissances financières créées avec l’argent volé au peuple russe et préconisant la soumission totale aux USA en échange de quelques miettes des rapines impérialistes à travers le monde.
Ces idéologues russes anti-russes oublient que le gâteau à partager entre les USA, le Royaume-Uni, la France, etc., c’est eux-mêmes, ce sont leurs biens, ce sont les richesses de la Russie : le pétrole, le gaz, les forêts, les gisements miniers de Sibérie et de la région arctique.
Mais la perception de cette dépendance par les dirigeants russes ira-t-elle au point de paralyser leur diplomatie et la coopération militaire avec ses alliés ?
Si tel était le cas, alors, la lutte des peuples pour le respect des souverainetés et pour le droit au développement, le droit de libre accès aux sciences devra passer par les périphéries comme l’Afghanistan, l’Irak, le Venezuela, le Belarus, l’Iran, la Corée du Nord, la Bolivie, le Nicaragua, Cuba, etc. Parce que les USA, quelle que soit leur puissance militaire et économique, ne peuvent pas vaincre partout et en même temps.
Les peuples agressés, pillés, épris de justice n’ont de toute façon aucune alternative que la lutte pour défendre leurs droits, leurs biens, leur développement autonome. Les intellectuels de ces pays et plus particulièrement ceux des pays développés, eux ont un choix : vendre leur âme au diable dollar ou sauver leur honneur en se mettant aux côtés des forces vives des nations pour le progrès de l’humanité vers une application réelle et universelle de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.
En attendant, nous avons vu avec beaucoup d’émotion la cérémonie d’ouverture des XXIXèmes olympiades des temps modernes à Pékin. Nous y avons vu Bush. Nous y avons vu Poutine ; Monsieur Medvedev est resté à Moscou, sans doute pour mieux suivre la situation en Ossétie du sud.
Pendant ce temps, des Sud-Ossètes, des Musulmans se faisaient assassiner par des Géorgiens, financés et aidés par des Américains. Le parlement sud-Ossète a publié une déclaration où on peut lire :
« Le peuple de l'Ossétie du Nord multiethnique est indigné par les démarches déployées des responsables politiques géorgiens qui ont dépassé toutes les limites de l'éthique humaine. Dans le même temps, nous sommes très étonnés de la passivité des casques bleus russes dans une situation où des civils meurent et où une minute de retard apporte de nouvelles victimes. Nous nous sentons dépourvus de toute protection, quand la petite ethnie ossète est en cours d'extermination ».
L’agression géorgienne n’est pas survenue dans un ciel bleu.
Beaucoup de signes précurseurs ont été remarqués depuis plus d’un semaine : regroupement de forces, attaques exploratoires, survol de drones.
Les dirigeants russes savaient ce qui se tramait.
Les dirigeants US le savaient d’autant plus que c’est eux qui sont derrière cette agression.
L’armée russe ayant mandat pour séparer les belligérants était sur place. Jusqu’à aujourd’hui, elle n’a rien entrepris de décisif. Pourtant des « soldats de la paix » russes missionnés par l’Onu ont été tués par les forces géorgiennes.
La Russie n’a pas encore dit son dernier mot à ce dernier coup tordu de Bush.
Espérons un sursaut du patriotisme russe qui viendrait au secours des Sud-Ossètes.
Sans le soutien financier et militaire des USA cette nouvelle guerre du Caucase, à la frontière directe de la Russie, était inimaginable. Quels en sont ses enjeux ?
Le principal protagoniste dans cette affaire, ce sont les USA. Sans eux, cette bataille n’aurait pas pu commencer. Ils ont fourni l’aide nécessaire (financière, réseaux d’influence, diplomatie, etc.) au parti du président actuel de Géorgie pour qu’il gagne des élections truquées par ailleurs. Puis, ils l’ont incité à annexer les pays en question.
On ne peut certes pas totalement effacer le rôle des protagonistes locaux. Mais depuis la guerre froide, on sait que les décisions principales dans ces « conflits secondaires », que ce soit au Vietnam ou à Cuba ou au Moyen-Orient, se prennent très loin du champ de bataille.
En 1973, en pleine guerre du Vietnam, les USA furent obligés de concéder publiquement, par des accords signés par Richard Nixon, l’égalité stratégique des USA et de l’URSS. Cette égalité fut même corrigée au profit de l’URSS par la victoire des Vietnamiens, grâce à l’aide soviétique.
Par la suite, l’éclatement de l’URSS a donné naissance à l’espoir aux Américains de non seulement neutraliser l’ancienne super puissance soviétique, mais de prendre le contrôle de ses richesses naturelles immenses.
Quand l’URSS se fut dissoute, la primauté du respect à la souveraineté nationale a cédé dans cet espace post-soviétique devant le respect du droit des peuples à l’autodétermination. Des États nouveaux sont nés sur la base de ce droit des peuples. La Géorgie est née ainsi. La République Sud-Ossète, l’Abkhazie, l’Adjarie, la Transnistrie aussi. Par la force, la Géorgie refuse l’indépendance de l’Ossétie du sud, de l’Abkhazie, de l’Adjarie.
Dans le conflit présent entre la Géorgie et l’Ossétie du sud, les ficelles sont tirées depuis Washington et Moscou.
Selon Moscou, il est impensable de permettre à la Géorgie d’annexer ces deux mini-États récemment créés si celle-ci devait intégrer l’OTAN. En effet, dans une telle perspective, ces deux régions seraient utilisées contre la Russie. C’est somme toute une position légitime : la Russie est sur la défensive face aux avancées US qui veulent intégrer la Géorgie dans l’OTAN.
Selon le régime de Géorgie, né des révolutions oranges, téléguidées par les USA, l’appartenance à l’OTAN est le meilleur rempart contre un retour d’influence séculaire russe.
Pour les USA, il faut enserrer la Russie dans réseau de bases militaires de l’OTAN et de pays hostiles. C’est le meilleur moyen de « clouer définitivement le bec » de la Russie sur la scène internationale, de l’isoler, de neutraliser sa diplomatie par la menace à sa sécurité et si nécessaire (si les relations USA-Russie devaient un jour aller jusqu’à la confrontation) pour pouvoir lancer impunément une première frappe paralysante imparable à cause du très court délai entre le lancement des vecteurs US et leur impact sur les centres névralgiques russes. Le but ultime étant d’amener à terme la Russie à céder ses richesses naturelles à vil prix.
Cette ligne politique régionale des USA entre dans le cadre d’une vision plus large dont l’objectif principal, issu de la déconfiture de l’URSS est de ne jamais permettre que, de nouveau, ils soient dans l’obligation de reconnaître à un autre pays le statut d’alter ego. C’est d’ailleurs pour cette même raison qu’ils ont toujours fait le nécessaire pour empêcher l’émergence d’une politique étrangère européenne indépendante et son corollaire, une industrie militaire et une armée intégrées.
Ils veulent résolument être et rester le seul pays à pouvoir décider du destin des autres peuples du monde et à disposer des richesses naturelles de la planète. Cela a abouti à au plan visant à proclamer le monde entier comme nouveau champ d’intervention de l’OTAN.
Or la Russie, née d’une maladie existentielle de l’URSS, a actuellement reconstitué en partie son économie et ses structures étatiques. Ce n’est plus un pays en déshérence. Elle tend à reprendre la défense de ses intérêts. Et donc à sa frontière immédiate en ne permettant pas l’installation de l’OTAN à sa frontière. D’où le choix posé à la Géorgie : la colonisation de l’Ossétie du Sud en échange du refus d’entrer dans l’OTAN.
La Géorgie a pris la Russie de vitesse.
Juste après la proclamation de la sécession-indépendance du Kosovo, ancienne province de la Serbie. État immédiatement reconnu par les USA au grand dam de la Russie. Celle-ci aurait pu reconnaître en réponse l’indépendance des provinces d’Ossétie, d’Abkhazie, de Transnistrie. Une telle reconnaissance en temps opportun aurait autorisé juridiquement la Russie à fournir à l’Ossétie toute aide militaire nécessaire y compris une intervention directe aux côtés des troupes du pays.
Mais, la Russie a temporisé. Les USA en ont profité ; ils ne lui ont pas donné le loisir de prolonger le suspens sur ses intentions relativement aux « conflits gelés » d’Europe centrale : ils ont dégelé par la force militaire et l’argent (le président géorgien peut promettre 40 milliards de dollars US en réparation aux victimes de son agression militaire) celui qui existait entre la Géorgie et L’Ossétie du Sud.
La Russie est restée bouche bée, ce lendemain d’attaque militaire menée avec des tanks, de l’artillerie, avec des avions.
Les autres conflits semblent en attente d’une action analogue de la Géorgie. ; faut-il les considérer comme des conflits désormais réglés et classés… aux dépens de la Russie.
Dans l’avenir, si l'action géorgienne est couverte de succès, la carte stratégique du monde sera plus claire : à court terme, l’OTAN va se retrouver directement à la frontière de la Russie, avec ses tanks, ses radars, ses missiles et les USA loin derrière cette frontière chaude et ses dangers. La Russie aura perdu une partie serrée et elle aura perdu aussi pour plus longtemps son crédit de grande puissance sur l’arène internationale. Elle avait vendu son accord pour la première agression contre l’Irak ; elle n’a rien fait pour empêcher la seconde. Elle a déjà vendu son vote au sein du Conseil de Sécurité pour valider les sanctions illégitimes et post-coloniales contre l’Iran. Elle a bradé l’unité de la Serbie qu'elle aurait pu soutenir militairement. Elle aurait enfin abandonné ses alliés et subi la mort violente de ses propres citoyens, juste à sa frontière géorgienne.
Que lui resterait-t-il encore à défendre contre les appétits US sinon son territoire ?
Mais ce sont là des hypothèses conditionnelles...
Paradoxalement, pour le reste du monde, cette dernière agression va certainement créer un nouveau contexte où la Russie capitaliste va enfin comprendre que le danger qui la menaçait durant la guerre froide n’a pas disparu avec la fin de celle-ci : l’opposition USA-URSS n’était pas tant idéologique qu’économico-militaire. Les visées expansionnistes impérialistes sont toujours là. Plus que jamais. Par conséquent, la Russie va redécouvrir l’utilité d’alliances internationales pour la défense des souverainetés nationales.
Par exemple, l’Iran ne lui apparaîtra plus comme un voisin « à vendre aux USA et à Israël » en échange de l’accès à l’Organisation Mondiale du Commerce et/ou au marché US, mais comme un précieux allié pour damer le pion à l’expansionnisme US au Moyen-Orient et pour éloigner les appétits américains de son propre territoire.
Faut-il aller jusqu’à espérer qu’elle fournira des missiles anti-hélicoptère et anti-avion aux Palestiniens du Hamas qui en ont tellement besoin pur se défendre contre les agressions israéliennes maintes fois condamnées par l’Assemblée Générale de l’ONU ?
Point trop n’en faut. Une telle décision serait raisonnable du point de vue de ses intérêts nationaux puisqu’Israël qui abritait déjà des dépôts d’armes US pré positionnées pour une éventuelle guerre contre la Russie va bientôt accueillir un radar du même type que celui qui sera installé en Tchéquie… et ce radar sera géré par des militaires US.
Mais je doute que les dirigeants russes actuels iront jusque là dans l’analyse de leurs intérêts immédiats, à moyen et long terme.
Pour le moment, il faut plutôt interpréter ces reculades successives de la Russie comme le signe d’une dépendance réelle ou perçue comme telle, trop grande de son économie actuelle vis-à-vis des brevets US et vis-à-vis des échanges commerciaux avec les USA. Il est vrai qu’il existe en Russie un fort courant idéologique, basé sur les puissances financières créées avec l’argent volé au peuple russe et préconisant la soumission totale aux USA en échange de quelques miettes des rapines impérialistes à travers le monde.
Ces idéologues russes anti-russes oublient que le gâteau à partager entre les USA, le Royaume-Uni, la France, etc., c’est eux-mêmes, ce sont leurs biens, ce sont les richesses de la Russie : le pétrole, le gaz, les forêts, les gisements miniers de Sibérie et de la région arctique.
Mais la perception de cette dépendance par les dirigeants russes ira-t-elle au point de paralyser leur diplomatie et la coopération militaire avec ses alliés ?
Si tel était le cas, alors, la lutte des peuples pour le respect des souverainetés et pour le droit au développement, le droit de libre accès aux sciences devra passer par les périphéries comme l’Afghanistan, l’Irak, le Venezuela, le Belarus, l’Iran, la Corée du Nord, la Bolivie, le Nicaragua, Cuba, etc. Parce que les USA, quelle que soit leur puissance militaire et économique, ne peuvent pas vaincre partout et en même temps.
Les peuples agressés, pillés, épris de justice n’ont de toute façon aucune alternative que la lutte pour défendre leurs droits, leurs biens, leur développement autonome. Les intellectuels de ces pays et plus particulièrement ceux des pays développés, eux ont un choix : vendre leur âme au diable dollar ou sauver leur honneur en se mettant aux côtés des forces vives des nations pour le progrès de l’humanité vers une application réelle et universelle de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.
En attendant, nous avons vu avec beaucoup d’émotion la cérémonie d’ouverture des XXIXèmes olympiades des temps modernes à Pékin. Nous y avons vu Bush. Nous y avons vu Poutine ; Monsieur Medvedev est resté à Moscou, sans doute pour mieux suivre la situation en Ossétie du sud.
Pendant ce temps, des Sud-Ossètes, des Musulmans se faisaient assassiner par des Géorgiens, financés et aidés par des Américains. Le parlement sud-Ossète a publié une déclaration où on peut lire :
« Le peuple de l'Ossétie du Nord multiethnique est indigné par les démarches déployées des responsables politiques géorgiens qui ont dépassé toutes les limites de l'éthique humaine. Dans le même temps, nous sommes très étonnés de la passivité des casques bleus russes dans une situation où des civils meurent et où une minute de retard apporte de nouvelles victimes. Nous nous sentons dépourvus de toute protection, quand la petite ethnie ossète est en cours d'extermination ».
L’agression géorgienne n’est pas survenue dans un ciel bleu.
Beaucoup de signes précurseurs ont été remarqués depuis plus d’un semaine : regroupement de forces, attaques exploratoires, survol de drones.
Les dirigeants russes savaient ce qui se tramait.
Les dirigeants US le savaient d’autant plus que c’est eux qui sont derrière cette agression.
L’armée russe ayant mandat pour séparer les belligérants était sur place. Jusqu’à aujourd’hui, elle n’a rien entrepris de décisif. Pourtant des « soldats de la paix » russes missionnés par l’Onu ont été tués par les forces géorgiennes.
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