Marianne est un « news magazine » – un hebdo d’information généraliste – qui prétend combattre la « pensée unique » et proposer une information et des enquêtes hors norme, voire dissidentes, à la différence de ses concurrents directs (Le Point, L’Express, Le Nouvel Observateur). Le journal fondé par Jean-François Kahn tombe plutôt dans les travers d’une presse qu’il dénonce, et tend surtout à user des mêmes stratagèmes d’interpellation du badaud.
par Mathias Reymond
Marianne, hebdomadaire de la politique sarkophage
Nicolas Sarkozy, bête noire de Marianne, est le cœur de cible de la moitié des « unes » de cet hebdomadaire. Depuis janvier 2008, pas moins de 16 couvertures (sur 32) ont été consacrées en partie ou en totalité au Président de la République. Pour évoquer sa politique ? Pratiquement jamais. La politique, à la « Une » de Marianne, c’est la politique dépolitisée, résumée à son rôle et à sa personne.
LA politique, c’est lui : « 10 mois après… La France le quitte » (15 mars) ; « Putain 4 ans… Pourquoi n’y arrive-t-il pas ? Déjà la guerre de succession. Sondage exclusif : ça va mal finir ! » (3 mai), « Demain, le putsch de Fillon » (1er mars).
SA politique, c’est encore lui : « L’argent, la vie privée et lui » (12 janvier), « Le cas Sarkozy expliqué par les femmes » (31 mai), « La bourgeoisie et Sarkozy : ce qu’elle pense vraiment de lui » (19 juillet)… Elles participent aussi à la personnification à outrance de la politique :
Des titres parfois cruels, mais dénués de toute verve satirique et surtout de tout contenu politique : les « unes » de Marianne sont à la l’actualité sociale et politique ce que les « unes » de Gala sont à la vie artistique et culturelle.
Marianne, hebdomadaire des vraies révélations
On s’en rend compte très vite : les « unes » de Marianne prétendent constamment annoncer de révélations chocs. Quand les magazines people sont parfois plus allusifs (« PPDA – Chazal : toujours ensemble ? »), Marianne est généralement beaucoup plus péremptoire.
Les prétendues explications qui n’expliquent rien ou pas grand-chose ? C’est dans Marianne : « Hier ils se couchaient… aujourd’hui ils le lynchent ! Les vraies raisons d’un effondrement [à propos de Sarkozy] » (9 février), « Comment Sarkozy balade les médias » (5 janvier), « Enquête : pourquoi la politique détruit les couples » (5 juillet)
Les acteurs cachés enfin démasqués, c’est dans Marianne : « Les vrais assassins de l’Europe » (21 juin)
Les révélations chocs, c’est aussi dans Marianne : « La vérité sur les cancers au travail » (10 mai), « Nouvelles révélations sur l’argent de l’UIMM » (29 mars),
Marianne , hebdomadaire du racolage érotique
C’est l’été, et Marianne, comme tout bon hebdo, ne déroge pas à la règle : le sexe est le sujet incontournable ! A partir du 12 juillet, l’hebdo consacre 30 pages dans un « spécial été » annoncé en couverture avec comme sous-titre : « Histoire, tourisme, idées, érotisme et notre feuilleton "Meurtres à Saint-Tropez" ». Puis dans les numéros qui suivent, Marianne ne lésine pas sur le racolage passif du passant en tongs :
« Les hommes préfèrent-ils encore les blondes ? » (19 juillet),
« Sexe, travail, politique… La France des machos. L’enquête qui fâche » (26 juillet),
« Les rétro-sexuels » (9 août) et sur chacune de ces couvertures, des femmes blondes, forcément peu vêtues, même pour annoncer l’enquête sur « Les Russes de la Côte d’Azur » (9 août)..
… Et cette « Une » par laquelle, sous couvert d’interpeller ses confrères, Marianne s’interroge sur son propre avenir :
Les « Unes » d’un titre de presse n’en épuisent pas le contenu. Et il arrive que les enquêtes de Marianne vaillent mieux que ses titres.
Mais privé de la manne publicitaire à laquelle il a aspire, cet hebdomadaire applique à sa propre promotion les techniques publicitaires qui valent pour n’importe quel produit. Pour preuve de son originalité, Marianne ne propose pas à la « Une », des « enquêtes sur les prix de ventes de l’immobilier [1] ou sur les classements des Ecoles ou de hôpitaux. En revanche, Marianne imite les stratégies d’accroche des magazines « people » : pléthore de titres, accompagnés d’images chocs (ou « sexy » pour l’été), qui annoncent des révélations fracassantes, dont la recette est simple : suggérer que l’assassin de Kennedy a été retrouvé dans la demeure où Elvis Presley finit paisiblement ses jours (aux côtés de John Lennon, bien sûr)…
Le plus désespérant c'est les lecteurs ! Tant qu'il y aura des esclaves pour lire de ce genre de truc c'est évident que l'horizon révolutionnaire sera très loin, parce que ce genre de niaiserie a au moins un effet, c'est de t'enlever tout sens critique !
2. Posté par
totoavelo le 18/08/2008 12:37
c est la presse rothschild.....ça frole le néant, des fois que la "populasse" se réveillerait contre "eux"...
3. Posté par
chris13 le 18/08/2008 14:54
Voilà un magazine qui veut ce la jouer science&vie,mais qui ressemble beaucoup plus a closet (water) ou voichier ....
4. Posté par
Proto le 18/08/2008 15:28
Et c'est sans compter toute l'affaire autour de l'article "Plus fort que Thierry Meyssan: Marion Cotillard", où il est apparu que Marianne2 pratique la désinformation à large échelle.
5. Posté par
Gerard le 18/08/2008 17:11
Ce magazine est un gros piège! Une diversion flagrante! Elle focalise sur des sujets certes intéressants mais qui n'ont pas d'incidence sur la france; car ce qui a une incidence sur ce pays, ce sont les lois votées en force, en catimini, en douce!! les séances à l'assemblée!! Que dit Marianne là dessus? Rien!!!! Bizarre...... MARIANNE COLLABOS?????
hISTOIRE D' EN RIRE
Citations
> La presse, comme la femme, est admirable quand elle avance un mensonge, elle ne vous lâche pas qu'elle ne vous ait forcé à y croire, et elle déploie les plus grandes qualités dans cette lutte où le public, aussi bête que le mari, succombe toujours.
[Honoré de Balzac]
> Si on se mettait à composer les journaux avec de seules véracités, ils tomberaient du coup au format de la feuille de papier à cigarette.
[Alphonse Allais]
Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C'est pire !
[Coluche]
> Le journalisme consiste pour une large part à dire "Lord Jones est mort" à des gens qui n'ont jamais su que Lord Jones existait.
[Gilbert Keith Chesterton]
> Les journalistes disent une chose qu'ils savent ne pas être vraie, dans l'espoir que, s'ils continuent à l'affirmer assez longtemps, elle deviendra vraie.
[Arnold Bennett]
La liberté de la presse, c'est le droit de dire ce que ne pense pas le propriétaire du journal à condition que ça ne gêne pas les annonceurs.
[Hannen Swafer]
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