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Zeineb est née… Nouveau roman historique de l’écrivain tunisien Hatem El Karoui


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Nouveau roman historique de l’écrivain tunisien Hatem El Karoui qui paraîtra à la rentrée littéraire en septembre prochain. L’auteur s’est installé dans le créneau de ce genre de fiction, qui en fait se rapproche beaucoup du documentaire. Il a déjà produit trois œuvres similaires : « Le destin tragique du Juif Baittou en 2003, « Meurtre au Palais du Bardo » en 2006 et « La résurrection d’Ulysse » en 2009. Le prochain roman s’appelle « Lady Zeineb », et a pour cadre la Tunisie précoloniale dans une période charnière qui se situe entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle…
Ci-après un entretien avec Hatem El Karoui afin d’obtenir plus de précision sur cette œuvre…


Abou Mehdi
Mardi 17 Août 2010

Zeineb est née… Nouveau roman historique de l’écrivain tunisien Hatem El Karoui
Vous avez appelé votre roman, « Lady Zeineb ». Pourquoi ?
 H.E.K
 Le nom complet de Zeineb est « Nazli Zeineb Fadhel ». J’ai gardé l’un des prénoms qui est Zeineb et j’y ai ajouté « Lady » parce ce qu’elle avait eu beaucoup de relations avec les Anglais, qui avaient colonisé son pays d’origine qui est l’Egypte.
 Qui est Lady Zeineb ?
 H.E.K
 Lady Zeineb est la fille du Prince Mustapha Fadhel, demi-frère du Khédive Ismaïl, qui avait été évincé du règne sur le trône d’Egypte au profit Tewfik Pacha, fils du précédent monarque au début de la seconde moitié du 19ème siècle. En cette période, l’Empire Ottoman, amorçait une phase de déclin et prenait souvent ses décisions sur l’injonction des puissances européennes et en particulier de la Grande Bretagne, laquelle colonisait pratiquement l’Egypte. La princesse Zeineb avait alors toute sa vie supporté ce mauvais coup de sort qui s’était abattu sur sa famille, ce qui l’avait son doute influencée dans le combat acharné qu’elle avait mené plus tard contre toutes les formes d’injustice. Ce facteur avait aussi déterminé le choix de vie qu’elle avait pris, celui des grands voyages initiatiques. Elle avait commencé par s’installer à Istanbul où son mari avait été nommé Ministre des affaires étrangères de la Porte, et l’avait suivi à Paris où il y était Ambassadeur ; son père, qui avait été nommé par le Sultan Abdulaziz Grand vizir, l’y avait rejoint pour y vivre en consommant une rupture définitive avec le pouvoir ottoman…Et après son retour en Egypte pour ouvrir un salon littéraire à la mort de son premier mari, l’Emira Zeineb avait voyagé en Tunisie pour ouvrir un autre club littéraire à la Marsa, et y épouser Khalil Bouhajeb, qui était devenu deviendra par la suite Maire de Tunis et Grand Vizir de Mohamed Lahbib Bey.
 Les faits que vous relatez dans votre roman sont par conséquent historiquement exacts ?
 H.E.K
 Oui. Le roman « Lady Zeineb » dont tous les évènements sont prouvés historiquement est assimilable à un essai documentaire ponctué par quelques retouches cosmétiques pour essayer de lui donner plus de poésie. Il constitue une occasion pour suivre le parcours de Zeineb Hanam, qui avait beaucoup contribué, non seulement à l’accompagnement de la réforme en Egypte et en Tunisie mais aussi en particulier à la lutte pour la libération de la femme orientale.
 Qu’est ce qui vous a poussé à écrire ce roman ?
 H.E.K
 D’abord, il faut dire que la princesse Zeineb avait beaucoup attiré ma curiosité par sa personnalité mystérieuse… En effet on imaginait mal au départ qu’une princesse égyptienne pouvait renoncer à tous les attributs de sa condition pour prendre le pari de refaire sa vie ailleurs…et dans un autre pays arabe…Et les ressorts de cette prise de décision méritaient d’être analysés. Ensuite j’avais tenu à mettre en scène dans ce roman le personnage de mon grand père paternel qui était un contemporain de la princesse et l’avait côtoyée. Il s’agi de l’Amiralay Mohamed Karoui qui avait été Directeur au Collège Sadiki, premier Doyen de la Khaldounia et l’un des fondateurs spirituels de l’école de le rue du Pacha…Dans le précédentes œuvres écrites sur la Princesse Zeineb Nazli Fadhel, comme le livre de Aboul Kacem Kerrou ou de Nazli Hafsia, on n’avait pas mentionné le rôle joué par mon grand père pour contribuer à la réforme en Tunisie et j’avais tenu à corriger cette lacune…  Quel est le message que vous recherchez à transmettre par ce livre ?
 H.E.K
 En fait l’Afrique du Nord avait produit de grands leaders dans la lutte contre le colonialisme, qu’il soit français ou britannique. Dans les essais ou les œuvres historiques précédentes, qu’elles soient égyptiennes ou tunisiennes, je ne me souviens pas d’avoir lu un ouvrage unique associant la contribution combinée de ces personnalités politiques pour aboutir au résultat recherché de part et d’autre, à savoir l’obtention de l’indépendance…Alors qu’en fait c’est ce qui manque à cette région qui cherche à s’unifier : répertorier le patrimoine commun au niveau littéraire, historique et politique et le capitaliser pour parfaire l’union poursuivie…Il n’y à qu’à voir les difficultés qu’à le Maghreb de se former ! En réalité au niveau du découpage géographique selon les critères usités, l’Afrique du Nord comprend la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Egypte. Or le système colonial a éparpillé cette union et a procédé à un nouveau découpage…Et avant de s’unir économiquement il est nécessaire de retrouver les repères historiques qui nous lient en essayant de recoller petit à petit les morceaux…  Le livre parle-t-il le plus de la Tunisie ou de l’Egypte ?
 H.E.K
 Les deux. Il était important d’exploiter l’aspect fictif pour mesurer le niveau différentié de la colonisation française en Tunisie et anglaise en Egypte. Le commun dénominateur était que les deux pays étaient des provinces ottomanes ce qui constituait également une occasion pour parler d’abord de la Turquie et aussi de la Libye…  Avez-vous l’intention d’exporter votre livre?
 H.E.K
 Pour le moment mon éditeur Maghreb Média va commencer par le diffuser en Tunisie, après on verra.
 Pensez vous que votre livre est exploitable pour une transposition à l’écran?
 H.E.K
 Pourquoi pas ? Une coproduction tuniso-égyptienne et dans ce cadre très possible. Et même le sous-titrage dans d’autres langues permettrait l’exportation de l’ouvrage cinématographique qui serait produite et l’exportation du travail obtenu. D’ailleurs les possibilités de financement sont multiples…
 
 
 Propos recueillis par Abou Mehdi



Mardi 17 Août 2010


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