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ZEID: POURQUOI TU TUES? JÜRGEN TODENHÔFER- COMPTE-RENDU DE LECTURE


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L’auteur, Jürgen Todenhôfer, n’est pas un inconnu en Allemagne. C’est avant tout un homme politique qui a été député au Bundestag de 1972 à 1990 où il était porte parole du Parti Démocrate Chrétien, chargé des questions du développement et du contrôle de l’armement. En 1987, il entame une carrière dans l’édition à la maison d’édition Burda dont il est actuellement directeur général adjoint.
Dans son ouvrage, l’auteur rompant avec le style traditionnel des chercheurs qui appréhendent l’objet de leur étude de loin et souvent à travers le prisme de la politique de leur pays, se transforme en journaliste d’investigation qui va sur le terrain partager le quotidien de ceux qu’il entend connaître.


tunisielibre@yahoo.fr
Vendredi 4 Juillet 2008

Zeid : Pourquoi tu tues ?
Auteur : Jürgen Todenhôfer
Editions : Birtalsman, Munich, 2008.

Compte rendu de lecture par Nabil Chabib

Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï



Ainsi, il n’a pas hésité à se déplacer dans les zones de conflit et à approcher « l’autre », que les médias occidentaux caricaturent et même ternissent l’image. Son premier voyage a été en Afghanistan, en 1980, pendant l’occupation soviétique, qu’il a revisité, ainsi que l’Irak, après l’occupation américaine.

Le livre, « Zeid : pourquoi tu tues ? », est le fruit d’un séjour de l’auteur dans la ville de Ramadi, à l’ouest de l’Irak, ainsi que de ses longs entretiens avec un grand nombre de résistants et d’une parfaite connaissance de la réalité de la guerre en cours. Son verdict, clair et net, est qu’il faut en finir avec les guerres américaines.

Un livre d’un autre genre :
A sa sortie, au début de mars 2008, ce livre a été au top des ventes, selon les deux journaux Der Spiegel et Stern et il n’est pas étonnant que les prochaines semaines améliorent cette position après que l’auteur ait été invité sur de nombreux plateaux de télévision, y compris le journal télévisé du matin, commun aux chaînes I et II.

Le titre « Zeid : pourquoi tu tues ? », a été développé sur 1/3 (124 sur 336) des pages du livre et dans lesquelles l’auteur analyse l’état des lieux de la résistance irakienne.
Avec son introduction de près de trente pages, « une introduction d’un autre genre, à la recherche de la vérité » selon l’auteur, le livre apparaît dès le début comme étant d’une grande originalité.
Il y développe succinctement le contexte historique, culturel et religieux de cette région, le précédent colonial occidental et enfin ses propres voyages à travers tous ces pays et notamment son séjour à Ramadi en Irak.
Dans son introduction et dans un style plus proche du conteur que de l’analyste, l’auteur se dresse en pourfendeur de tous les préjugés véhiculés en occident contre l’islam et les musulmans et rappelle que tout cela n’est que le résultat d’une grande ignorance des occidentaux de l’islam et des musulmans, alors que ces derniers et jusques dans les couches populaires, connaissent largement l’occident.

Un voyage initiatique et avec la résistance irakienne :

Le voyage de l’auteur en Irak a été précédé par un autre, plus beau encore selon lui, à travers une traduction du Saint Coran, dont il dit « n’avoir jamais lu un livre plus imbu d’esprit de justice», et dont il souligne la beauté du texte, malgré les obstacles dressés à sa bonne compréhension par les mauvaises traductions! Rappelant les occidentaux à l’occasion qu’ils auraient bien besoin de réviser leurs préjugés sur les musulmans et l’islam.


L’auteur n’hésite pas afficher ses positions, principalement concernant la résistance contre l’occupation américaine qu’il considère parfaitement légitime et qu’il lave des accusations de terrorisme dont on l’affuble. En exergue à cette partie du livre ce verset Coranique qui inspire, selon l’auteur, les combattants dans leurs moindres gestes et avant chaque opération : « C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes… », (Sourate Al Ma’idah 32).

Dans cette tâche de réhabilitation d’une résistance malmenée et dénigrée, autant par l’occupant que par les médias, l’auteur utilise le style du récit, des séries de contes attachants avec parfois de brèves analyses, qui doit enchanter ses lecteurs et emporter leur adhésion. C’est d’ailleurs son style dans toutes les rencontres télévisées auxquelles il a participé et qui lui ont toujours valu un succès immense.

La terreur qu’inspire les exactions des forces d’occupation américaines, se traduit, entre autres, par le refus initial du jeune Zeid de répondre aux questions de l’auteur sur les raisons de son engagement dans la résistance. Au début, sa réponse tenait en ces quelques mots : « je ne vous dirai rien. Voulez-vous que je condamne ma famille à Abou Ghrib et moi-même à Guantanamo » ?
Les opérations terroristes qui visent des civils représentent à peine 5% de la centaine d’opérations exécutées quotidiennement, mais les médias ne parlent que de ces dernières et occultent les 95%. D’autre part, 95% des victimes de la centaine d’opérations menées chaque jour par les américains sont des civils et 5% sont des combattants. Les médias n’informent que de celles qui visent les combattants.

L’auteur rappelle les mille précautions prises par les combattants pour épargner la vie des civils et cite à ce propos les confidences du père de Zeid. « Ce dernier avait placé une charge explosive et attendu deux heures avant qu’un blindé américain ne s’approche des lieux. Au même moment, un vieil homme surgit, ce qui dissuada le jeune Zeid de faire exploser sa charge. Le sentant dépité, ses compagnons sont venus aussitôt le soutenir dans son choix, et l’assurer que c’était le meilleur » !

Au début, Zeid n’était pas partisan de la lutte armée et il a même hésité pendant deux ans avant de s’engager dans la résistance. Par des mots simples, il raconte sa détresse devant le bombardement des fidèles dans les mosquées de Fallouja et Ramadi par les hélicoptères américains. La goutte qui a fait déborder le vase est venue avec la mort de ses deux frères et de son oncle sous les bombes américaines. Depuis, Zeid vit chacune de ses opérations de résistance avec les images des corps déchiquetés et des mosquées en ruines.

L’auteur traite aussi de la guerre et du déroulement des opérations sur le terrain. Il récuse le discours officiel américain accusant la Syrie de faciliter l’entrée des armes et des combattants à travers ses frontières, lui-même étant arrivé à Ramadi à travers ces frontières.
De même qu’il récuse que « la discorde entre les chiites et les sunnites soit un produit local ». Elle est simplement le résultat d’opérations ciblées, visant les civils dans les rues, les mosquées, les marchés et lors des festivités religieuses et dont les auteurs attendaient justement qu’elles creusent le fossé entre les deux communautés. D’autre part, ces opérations représentent à peine 5% de l’ensemble des opérations menées chaque jour par la résistance.

Al Quaida :

L’auteur interroge Aba Bassem, un combattant irakien, sur l’avenir d’Al Quaida en Irak après le retrait américain du pays. La réponse est claire et nette : « le désordre est arrivé avec les américains et il finira avec eux. Le retrait rapide pourrait nuire aux américains mais sûrement pas à l’Irak ».
Sur la base des déclarations de jeunes résistants chrétiens, l’auteur dément aussi ce qui semble constituer une vérité absolue pour les médias occidentaux, à savoir la menace permanente contre les chrétiens irakiens. Le jeune Youssef, qui lui a longuement parlé de son combat et celui de ses coreligionnaires aux côtés de leurs concitoyens musulmans, le charge même de transmettre à ses concitoyens allemands, « qu’il n’y a pas que les musulmans qui combattent l’occupation américaine mais les chrétiens aussi. Nous aussi, les chrétiens, nous voulons nous débarrasser des forces d’occupation américaines et des groupes terroristes occidentaux » !

Les récits des combattants sur leur vie quotidienne, sur leur combat et leurs espoirs, donnent enfin une humanité à des gens sans voix et qu’on a toujours dénigrés.

Ce livre est un nouveau témoignage, un de plus dans une série qui s’allonge chaque jour en occident, sur un crime contre l’humanité, perpétré contre un peuple, un pays et une civilisation. Le lecteur ne sort pas indemne de ce livre et, s’il se souvient du président Bush déclarer « que les objectifs américains sont en train de se réaliser en Irak», il conclura sûrement que « ce sont l’homme et l’Irak qu’on est en train d’assassiner ».

http://www.tunisitri.net/

http://www.aljazeera.net/NR/exeres/0FC4B1C4-42BA-4181-B80C-17B7C2F96CAE.htm/



Vendredi 4 Juillet 2008


Commentaires

1.Posté par Diogène le 04/07/2008 06:56 | Alerter
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Les phages

Si l’on mettait bout-à-bout tous les opprimés de la terre et si on les amenait à se parler, il y a de très fortes chances qu’ils découvrent que l’origine de toutes leurs misères ont une origine commune : les dents serrées, la haine de l’humanité, la foi au soleil qui meurt (occident, le lieu où le soleil « tombe »,) ; les dents des phages (les croyants en l’estomac) !

S’ornant de dents plutôt que de plumes d’oiseaux, le pouvoir magique de la dent a frappé d’évidence l’imagination des peuplades phagisées. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, on trouve des phages. En Rael et aux Tazunis, ils se ligaturent les mâchoires pour ne pas manger …

Bien sûr, au départ, il y a peut-être une détermination culturelle à faire naître les enfants au printemps parce qu’on les a conçus durant les vacances d’été … A désirer et à élever des êtres primaires nés au printmps parce qu’ils ont souvent la joie au cœur (A tous les repas !) …

Sur le plan historique, lorsque l’on remonte le temps pour chercher les dates qui coïncident avec le commerce occidental, on arrive à Venise, aux banquets, au carnaval, aux maladies, avec le reflet de sa gloire passée. A partir de ce moment là, l’occident a rivalisé dans le précipice du gouffre de l’horreur pour étouffer les peuples ainsi « découverts » ; et certains ont payés un si large débit que l’espèce s’est presque éteinte. Les phages étaient passés … Leurs voisins, voire leurs familles soufrent des phages à qui il faut toujours la plus grosse part …

Mangeons les phages, svp ! Avant qu'on ne soit "atrocement dévorés" !

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