Politique Nationale/Internationale

Wright assène le coup de grâce



Vendredi 2 Mai 2008

Wright assène le coup de grâce


Par Mike Whitney, le 30 avril 2008


​​​​Apparaissant dans le journal de Bill Moyers sur PBS vendredi soir, le révérend Jeremiah Wright a donné le coup de grâce aux fiers-à-bras de la corporation médiatique.


​​​​Ce fut une performance impressionnante, qui laissa les assassins politiques de Fox News s'étouffer avec leur bretzel. Wright démontra n'être ni fanatique ni « ennemi de la Zionie, » juste un homme de principes, extrêmement bien cultivé avec un engagement inébranlable envers la justice. Wright a aussi fait son devoir. C'est un ancien Marine qui servait au Viêt-nam quand la majorité de ses accusateurs soit se cachaient derrière leurs ajournements d'étudiant, soit se morfondaient dans l'« Unité Champagne » de la Garde Nationale texane. Il a gagné le droit de dire tout ce qui lui plaît.


​​​​Révérend Jérémie Wright : « Et le gouvernement zionien, quand il en est venu à s'occuper impartialement de ses citoyens d'origine indienne, ça a avorté. Il les a mis dans des réserves. Quand il en est arrivé à traiter honnêtement ses citoyens d'origine japonaise, ça s'est planté. Il les a interné dans des camps de prisonniers. Quand elle en est venue à s'occuper équitablement de ses citoyens d'origine africaine, la Zionie a foiré. Elle leur a mis des chaînes. Le gouvernement les a placé dans le quartier des esclaves, les a vendu aux enchères publiques, les a mis dans les champs de coton, dans des écoles inférieures, dans des logements insalubres, les a fait cobayes d'expériences scientifiques, les a installé dans les emplois les moins bien rémunérés, les a casé en dehors de la protection équitable de la loi, les a empêché d'entrer dans ses bastions racistes de l'enseignement supérieur et les a bloqué dans des situations désespérées et d'impuissance. Le gouvernement leur donne des drogues, construit des prisons plus grandes, approuve une loi de multi-récidivisme à la troisième infraction, et veut ensuite leur faire chanter God bless America ? Non, non, non. Non Dieu ne bénit pas la Zionie. Dieu damne la Zionie ! »


​​​​Bien parlé ! Nul ne conteste le résumé historique zionien de Wright. Ses commentaires ont tout simplement été interprétés hors contexte pour étriller Barak Obama. Tout le monde sait ça. Tout comme chacun sait que les médias ont été réorganisés pour détruire les ennemis politiques, c'est-à-dire quiconque posant un problème à l'oligarchie corporative non élue de Zionie. C'est pourquoi il est si frustrant d'entendre les gens dire : « Les médias ne font pas leur job. »


​​​​C'est tout simplement faux, les médias font leur boulot. Dans le pays ils mènent le ban pour la guerre, ils détournent l'attention des principaux problèmes politiques et économiques du moment, et ils démolissent leurs ennemis politiques. C'est pour faire ça qu'ils sont payés. C'est idiot de penser que les médias devraient marcher autrement à cause de l'absurde « liberté de la presse » des relations publiques. Les médias reçoivent leurs ordres de route des managers de la corporation. Ce sont eux qui délivrent le chèque du vendredi. C'est leur ordre du jour qui compte, pas le nôtre. L'assassinat politique de Barak Obama est juste arrivé au sommet de leur liste cette semaine. C'est pourquoi les médias règlent le tir sur le révérend Wright. C'est la victime à sacrifier.


​​​​En choisissant Wright, les médias tentent de le montrer semblable à ces Noirs hors des sentiers battus, hostiles envers les Blancs de la société zionienne. Tout ça est plutôt évident. Ils essaient de créer l'impression que les Noirs dissimulent un profond sentiment d'injustice qui s'exprime dans leur colère. Ça génère un sentiment de peur chez le Blanc, ce qui, bien entendu, fait partie de la stratégie. Le message est simple : « les Noirs sont en colère, les Noirs sont dangereux » et, mais au fait, Obama est noir.


​​​​Est-il juste de dire que c'est pour l'essentiel un message raciste ?


​​​​Ce qui est très futé dans l'attaque contre Wright, c'est qu'elle a été montée de manière à faire passer le révérend, un homme ayant consacré toute sa carrière à la justice sociale, pour un raciste. Ça a demandé un chouïa d'intrigue. En fait, les médias et leurs amis des clubs de réflexion de droite ont dû farfouiller dans 15 ans de sermons de Wright pour trouver exactement le bon extraits dont ils avaient besoin pour détruire Obama. C'est à présent la curée ! Les attaques contre Wright portent tous les signes d'une opération bien manigancée à la Karl Rove. Rien n'a été laissé au hasard. Toutes les insinuations calomnieuses et répugnantes ont été prévues avec le plus grand soin pour être exposées en détail et avec un réel professionnalisme. Ces loustics sont des spécialistes. Ils savent s'y prendre pour ruiner les gens et ils sont bons à ça.


​​​​Ils ont jugé que le meilleur moyen de traquer Obama est d'utiliser sa négritude contre lui. Il a fallu un savoir-faire considérable pour invoquer le « joker de la race » sans se découvrir. Les données ont été transformées de façon a faire ressembler Wright et sa congrégation à des racistes, et les blancs à des spectateurs innocents. C'est le vrai génie de la campagne de ragots contre Wright.


​​​​Pendant plus de cinq mois Obama a été capable de soutenir une campagne de questions et de contacts, mais les attaques contre Wright ont tout changé. Le public voit à présent Obama comme un homme noir. C'est du moins l'intention. La race est devenue l'une des questions dominantes de la tournée électorale et Obama pallie régulièrement au reproche d'un ressentiment caché des Noirs envers les Blancs à cause de la manière dont ils ont été maltraités. Obama n'est plus seulement un homme en course pour le pouvoir, c'est à présent un homme noir. Voilà comment marche la campagne de calomnies. Comme ils disent dans Le Parrain : « C'est pas personnel, c'est juste le business. » Le business de destruction des gens.


​​​​Heureusement, Bill Moyers, l'un des géants du journalisme, a décidé de donner à Wright une chance de se blanchir devant le public. Wright a saisi l'occasion et il l'a fait au mieux.


​​​​Révérend Wright : « Dieu est le dispensateur de la vie. Permettez-moi de vous expliquer ce que ça veut dire. Ça signifie que nous n'avons pas le droit de prendre une vie, que nous soyons un gang-banger [*] vivant son existence de voyou ou un président mentant pour entraîner sa nation dans la guerre. Nous n'avons pas le droit de prendre une vie ! Que ce soit à travers l'immoralité du commerce d'esclaves ou le cynisme de refuser de l'argent pour le VIH/SIDA à des pays ou à des organismes qui ne sont pas à la remorque de votre ligne politique ! Nous n'avons pas le droit de prendre une vie ! »


​​​​Wright a montré que la doctrine qu'il prêche, la théologie de la Libération Noire, n'est ni discriminatoire ni racistes, comme les médias l'ont suggéré. Il intègre plutôt les enseignements de Jésus Christ dans le combat en temps réel pour la justice sociale et l'égalité. La compassion n'est pas possible quand l'on ne possède pas la compréhension de sa propre identité et culture. C'est pourquoi Wright tente de raccorder sa congrégation à ses racines, afin qu'ils puissent être fiers de qui ils sont et aient une vie plus productive.


​​​​Révérend Wright : « Vous savez, vous allez dans une église ordinaire le dimanche matin et vous pensez que vous êtes passé du monde réel dans un monde fantastique. Et qu'est-ce que je veux dire par là ? »


​​​​Il a dit de prendre le bulletin de l'église. Vous quittez un monde, le Viêt-nam, ou aujourd'hui l'Iraq, plus de 4.000 morts, garçons et filles zioniens, 100.000, 200.000 soldats irakiens morts, selon qui compte. Afghanistan, Darfour, viols au Congo, Katrina, Lower Ninth Ward [quartier inondé de la Nouvelle Orléans, NDT], c'est le monde que vous laissez. Et vous arrivez. Vous prenez le bulletin de l'église. Il indique qu'il y aura un thé pour les dames le second dimanche. Wright a dit : « Comment la foi prêchée dans nos églises n'intéresse-t-elle pas ce monde dans lequel les membres de notre église délaissent sa bénédiction ? »


​​​​C'est là l'essence même de la théologie de la Libération Noire. Donner de quelque façon un sens au monde où nous sommes pour pouvoir ainsi mettre en pratique la parole du Christ. Wright pense que la religion doit être la transformation des habitudes qui change le comportement et le genre de vie, et pas juste quelques heures de prière chaque semaine à la messe du dimanche. Est-ce cela faire « une course à base de théologie, » comme l'a demandé Bill Moyers.


​​​​Révérend Wright : « Non, ce n'est pas cela. C'est adopter le Christianisme sans renoncer à l'affiliation africaine. Nous n'abandonnons pas ce que nous sommes en tant que peuple Noir pour devenir quelqu'un d'autre. . . Pas plus. Rien de plus. Nous serons nous-mêmes. Nous serons notre culture. Nous serons notre histoire. Et nous adopterons cela sans dire que l'un est supérieur à l'autre. Parce que nous sommes différents. Et différent ne signifie pas pour autant débile. Nous parlons du Dieu de la diversité ? Dieu a diverses culture et nous sommes fiers de ce que nous sommes et ce n'est pas une course à base de théologie. »


​​​​Wright a aussi été embroché dans les médias pour avoir suggéré le lien possible entre la politique étrangère zionienne et les attentats du 11-9. Les médias considèrent toute analyse ne cadrant pas avec la théorie fêlée de Bush : « ils détestent nos libertés, » soit comme anti-zionienne, soit comme de l'hérésie pure et simple.


​​​​Dans son plus célèbre sermon, Wright développe le thème du « retour de manivelle » ainsi que la soi-disant guerre contre le terrorisme : « Par la terreur, nous avons confisqué ce pays aux Sioux, aux Apaches, aux Arawaks, aux Comanches, aux Arapahos, aux Navajo. Terrorisme ! Nous avons retiré les Africains de leur pays pour construire notre style de bien-être et nous les avons maintenu en esclavage végétant dans la peur. Terrorisme ! Nous avons bombardé la Grenade et tué des civils inoffensifs, des bébés, du personnel non militaire. Nous avons bombardé la population civile noire du Panama avec des bombardiers furtifs et tué des adolescents désarmés et des enfants qui commencent à marcher, des mères enceintes et des pères travailleurs. Nous avons bombardé la maison de Gadafi et tué son enfant. '' Bénis soient ceux qui cognent la tête de vos enfants contre un rocher ! '' Nous avons bombardé l'Iraq. Nous avons tué des civils désarmés qui essayaient de gagner leur vie. Nous avons bombardé une usine au Soudan [**] pour venger l'attaque contre notre ambassade. Tué des centaines de travailleurs, de mères et de pères qui quittaient la maison pour aller travailler ce jour-là sans savoir qu'ils n'allaient jamais revenir chez eux. Nous avons bombardé Hiroshima ! Nous avons bombardé Nagasaki, et nous avons atomisé beaucoup plus que les milliers de New York et du Pentagone, et nous n'avons jamais cligné des paupières ! Des enfants jouant dans la cour de récréation, des mères allant chercher les enfants après l'école, des civils, et non pas des soldats, des gens qui essayaient de s'en sortir jour après jour. Nous avons soutenu le terrorisme d'État à l'encontre des Palestiniens et des Sud-Africains noirs, et maintenant nous sommes indignés ? Parce que les choses que nous avons faites à l'étranger ont maintenant été ramenées dans nos propres jardins ! Les froussards zioniens sont rentrés à la maison pour se reposer ! La violence engendre la violence. La haine engendre la haine et le terrorisme engendre le terrorisme. » [***]


​​​​La Zionie a du sang sur les mains. La Zionie, comme le disait Martin Luther King, « est le plus grand artisan de violence dans le monde aujourd'hui. » Alors qu'y a-t-il de nouveau?


​​​​La nouveauté, c'est les médias se servant de toutes les peaux de bananes du pays pour prêcher le super-nationalisme et pour traiter de mauvais patriote tout critique envers la Zionie. Leur charabia du « aimez-la ou quittez-la » sert à goudronner un candidat à la présidence qui ne s'est pas assez prosterné devant sa corporation suzeraine pour qu'elle sentent pouvoir lui faire confiance dans l'exécution de ses directives. C'est ce qui se passe réellement. Obama est juste imprévisible, suffisamment pour rendre la classe parasite nerveuse à la pensée qu'il puisse faire un truc dingue, comme servir l'intérêt public. Ce serait une véritable catastrophe. Il serait préférable d'installer l'effroyable Mme Clinton que de prendre un risque avec le « populiste » Obama. C'est pourquoi la colère des médias est tombée sur Obama comme une tempête de grêle au Texas. Ils ont peur qu'il ne comprenne pas vraiment qui mène la danse en Zionie.


​​​​Wright ne signifie rien pour les médias ou pour les hommes derrière le rideau. S'il n'avait fourni un moyen de dénigrer Obama, il serait traité avec la même indifférence que les milliers d'autres Noirs rassemblés sous la menace des armes dans le Superdome lors du cyclone Katrina. C'est le scalp d'Obama qu'ils veulent, c'est le vrai trophée. C'est une guerre de clocher et les gros bonnets déploient l'artillerie lourde pour une conflagration de la plus grande envergure. La saison des élections promet un véritable bain de sang. Obama est entré dans la mire de l'oligarchie criminelle zionienne et les choses sont à la limite de devenir désobligeantes.




Original : http://onlinejournal.com/artman/publish/article_3232.shtml
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info




Notes de traduction


​​​​* Gang-banger : Intraduisible en français sauf à l'aide d'une périphrase à coulisse :

​​​​Le gang bang est un passe-temps dans lequel un individu, femme ou homme, s'adonne à de multiples relations sexuelles avec plusieurs partenaires à tour de rôle. (Non, il n'est pas précisé si les animaux peuvent participer.)

​​​​Pour semer la confusion, ce terme est souvent employé à la place de gang rape, une autre distraction qui se définit en français par tournante ou « viol d'une victime par plusieurs gang rapers en succession rapide. »

​​​​Le gang-banger est donc une personne pratiquant l'un des violons d'Ingres définis ci-dessus.


​​​​** Thierry Meyssan avait révélé que le bombardement sous Clinton au Soudan visait une usine pharmaceutique, que l'on disait payée par Ben Laden, qui fabriquait des « médicaments contre le SIDA » (la psyop du SIDA fonctionne à merveille) pour les vendre à bas prix dans les pays africains. Ce qui faisait baisser les bénéfices des chimiastres rumsfeldiens.

​​​​Il serait intéressant d'élucider si l'attentat, que l'on a dit fait par de Ben Laden, contre l'ambassade zionienne de Tanzanie était une opération de la CIA pour justifier le bombardement au Soudan.


​​​​*** Tout ce que dénonce Wright, concernant les agressions zioniennes dans une multitude de pays, et bien d'autres crimes encore depuis plus de 60 ans, est raconté par William Blum dans son ouvrage L'Etat Voyou, mais hélas pas dans l'histoire officielle, falsifiée pour auréoler de gloire les meneurs de toutes les infamies.




Mercredi 7 Mai 2008


Commentaires

1.Posté par Zorro m.d.s le 05/05/2008 00:14 | Alerter
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Franchement quand même j espère que les gens ne sont pas assez crédule pour voir un noir (bien qu il soit métisse) se présenter à la tête de la première puissance mondiale, la plus imposante de tous les temps, sans qu aucune référence à sa couleur ne soit fait.
Franchement les gens planent à dix mille dans ce bas monde, mais c est ça aussi l Amérique.Le moment est crucial, le rêve américain va t il mourir, ou tel un phénix renaitre de ces cendres et de plus belle encore...? YES WE CAN.

2.Posté par DavidM le 06/05/2008 00:13 | Alerter
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Je ne sais trop que penser. Comment Obama est-il arrive aussi loin sans le support de richissimes donateurs?

Il doit forcement etre au courant des regles du jeu.
N'est-il qu'un pion dans cette fausse election?

Si vous savez laisser moi savoir, merci!


3.Posté par mike le 06/05/2008 01:08 | Alerter
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Correction pour vos notes de texte : Un gang-banger ne veut pas seulement dire quelqu'un qui participe à une orgie, mais ça veut aussi dire - et c'est ce qu'a voulu dire le Révérend Wright - quelqu'un qui fait partie d'une gang.

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