Trois semaines après que le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, ait été chargé de former un cabinet d'union nationale, aucune perspective promettante n'est à signaler. C'est notamment après la récente visite de la Secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice au Liban, que la mise en place de ce cabinet s'est heurté à de nouvelles entraves, comme l'a estimé, le député du Hezbollah au parlement et président du comité de renseignements et d'informations, Hassan Fazlallah. Il y a 23 jours, le Président libanais, Michel Sleimane a chargé, conformément à l'accord de Doha, Fouad Siniora de former son cabinet, dans une semaine ou dix jours, au maximum. L'accord de Doha avait, en effet, partagé les portefeuilles entre le 14 mars et le 8 mars ainsi que le Président, en consacrant 16 au courant au pouvoir, 11 à l'opposition et 3 au Président Sleimane. Les parties en lice ont accepté la répartition équitable des postes clés tels que le ministère de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances. Cependant, le Courant du 14 mars empêche, d'une manière ou autre, la formation du cabinet d'union nationale, et entre temps Fouad Siniora, qui a été, d'ailleurs, reconduit à son poste, grâce aux pressions des lobbies israélo-américains, est resté les bras croisés. N'oublions pas que les autorités américaines n'ont jamais caché qu'elles préféraient un Liban en proie au chaos à un Liban stable. Juste quelques mois, au paroxysme de la crise politique au pays du Cèdre, Condoleezza Rice avait dit à ce propos, que l'Amérique ne se préoccupait pas de la situation instable au Liban et qu'elle ne ferait donc rien pour la régler. Cela s'explique, d'ailleurs, par les échecs répétitifs de Washington et de Tel-Aviv face au Hezbollah. Les politiques moyen-orientales des néo-conservateurs américains se sont toutes perturbées, au lendemain de l'échec du régime sioniste dans la guerre estivale contre le Liban, et c'est dans un tel contexte que Bush doit quitter, dans quelque mois, la Maison Blanche, remettant son projet du Grand Moyen-Orient aux Archives. Dans de telles circonstances, Washington a concocté un nouveau complot, menant le Courant du 14 mars à tergiverser dans la formation du cabinet libanais et conduire le pays vers l'instabilité, pour ainsi camoufler les erreurs et les scandales politiques de la Maison Blanche.