Conflits et guerres actuelles

Washington change de cap


Militaires et hommes politiques américains évoquent les défis des Etats-Unis dans le bourbier irakien


La Commission des forces armées du Sénat américain s’est réunie le 15 novembre, avec pour mot d’ordre les opérations militaires US en Irak et en Afghanistan. Seule une partie, soigneusement sélectionnée, de ces débats a été divulguée et mise à la disposition des médias occidentaux, ce qui n’a pas empêché pour autant une véritable polémique de s’orchestrer autour de ce thème épineux. Peu de temps après, la Commission a publié l’intégralité des débats de cette fameuse réunion. En substance, le texte montre, d’une part, comment les Etats-Unis sont paralysés dans les cloques irakien et afghan, et de l’autre les divergences profondes sur ce même sujet, lézardant de l’intérieur, les deux grands partis du pays. A cette réunion, quelques sénateurs ont expliqué leurs points de vue et ils ont ensuite confié la tribune aux militaires qui ont, à leur tour, exposé aux assistants leur perspective.


Jam-e Jam
Vendredi 1 Décembre 2006

  Washington change de cap










Le Président de la Commission des forces armées du Sénat, le républicain John Warner a rappelé, dans son intervention, la date limite de la résolution 1637 du Conseil de sécurité qui devrait expirer dans un très proche avenir. D’après John Warner, la résolution 1637 qui autorise aux pays de la coalition de déployer leurs forces sur le territoire irakien, expirera le 31 décembre. On peut s’attendre à ce que le gouvernement irakien et la coalition en préparent, avec la collaboration de l’Onu, une nouvelle version.



Le démocrate Karl Lewin, qui prendra le relais à la tête de la Commission des forces armées du Sénat américain, à la nouvelle année chrétienne, a aussi évoqué, à l’ouverture de la réunion, la demande de la majorité des Américains, exprimée haut et fort à travers leur bulletin de vote aux élections de mi-mandat du Congrès, une demande qui n’est autre chose que l’impératif d’un changement de stratégie US notamment en Irak.



« Le peuple américain a mis les points sur les i, le 7 novembre, et il a adressé un message clair à l’administration, au Congrès et au gouvernement irakiens. L’actuelle stratégie n’aura aucun succès. Il est inutile de s’entêter à la maintenir. », a souligné le sénateur Lewin. « Le peuple américain et nous, a-t-il ajouté, nous rejetons la dernière évaluation du président qui parle d’une victoire totale en Irak. » « Il est nécessaire que seul un nombre infime de nos forces reste en Irak pour assumer des missions anti-terroristes, former les forces de sécurité irakiennes et assurer la logistique. », a précisé le sénateur démocrate avant de rappeler l’impératif d’une conférence internationale qui viserait à soutenir les accords politiques et à fournir les ressources à la reconstruction de l’Irak.



La réconciliation nationale



Le coordinateur américain des Affaires irakiennes, David Saterfield a qualifié, devant la réunion, de grave la situation en Irak. Il va sans dire que la stratégie de la nébuleuse Al-Qaïda visant à saper les bases du gouvernement irakien et faire éclater une guerre interconfessionnelle ou interethnique, a engendré un cercle vicieux de violences qui représente une véritable menace. A expliqué le sénateur démocrate.



« Les violences claniques, sur le fond de la montée des groupes transgouvernementaux et des milices armées constituent pour l’heure la plus importante menace à un Irak stable, uni et prospère. », a ajouté Saterfield. « Les Irakiens, a-t-il constaté, désirent de prendre en main les affaires de leur pays. Le Premier ministre Nouri al-Maliki s’est judicieusement concentré sur la réconciliation nationale. Or, pour réussir, cette réconciliation nationale a besoin de nombreux moyens et accessoires, qui devront être fournis sans perdre du temps et à la première occasion. A titre d’exemple, les forces de sécurité irakiennes devront être chargées, en collaboration avec la coalition, de préparer le terrain à l’instauration de la sécurité, permettant ainsi aux Irakiens de prendre, avec liberté, des décisions difficiles dans le sens de l’entente politique. »



Après les sénateurs, ce fut au tour des militaires de prendre la parole à la tribune de la réunion de la Commission. Le général John Abizaid, le Commandant des forces armées américaines en Irak. Le sénateur Warner lui a rappelé qu’il y a quelques mois, il avait dit à cette même tribune que si le cycle des violences interethniques ne cesse en Irak, le pays se précipitera dans le gouffre abyssal d’une guerre civile. Et, maintenant le général avait quelque chose à dire à ce sujet. En réponse le général Abizaid a déclaré qu’il rentrait satisfait de son dernier déplacement en Irak. Quoique les violences y battent toujours leur plein et qu’elles soient à un niveau alarmant, les conditions ne sont pas certainement aussi graves que celles en mois de juin.



Le Coordinateur américain des Affaires irakiennes, David Saterfield, a interrogé le général Abizaid sur le thème de la prorogation du mandat de la coalition que l’Onu devra en décider. Y aurait-il un changement ? a-t-il demandé. Le général a répondu que les éléments clés y seront préservés.


Vendredi 1 Décembre 2006


Commentaires

1.Posté par ALI14 le 02/12/2006 03:16 | Alerter
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