Géopolitique et stratégie

Washington avance ses pions au Turkménistan (Nezavissimaïa gazeta)


Washington redouble d'activité en vue d'affaiblir les positions de la Russie en Asie centrale. Sans abandonner les méthodes politiques, depuis quelque temps il manie aussi les leviers économiques. Lundi à Achkhabad le président turkmène, Saparmourat Niyazov, s'est entretenu avec le premier adjoint de l'assistant du secrétaire d'Etat pour les pays d'Asie méridionale et centrale, Steven Mann. Au cours de la discussion l'émissaire de Washington a approuvé la volonté du Turkménistan de diversifier les itinéraires d'acheminement du gaz. Actuellement le combustible exporté l'est presque entièrement au moyen de conduites passant par le territoire russe. Au nom de l'administration américaine, il a fait remarquer qu'aux Etats-Unis on manifestait de l'intérêt pour les projets concernant la pose de gazoducs rejoignant l'Afghanistan et la Chine.


RIA Novosti
Mercredi 16 Août 2006

Washington avance ses pions au Turkménistan (Nezavissimaïa gazeta)


Présentement le Turkménistan est le principal exportateur de gaz naturel en Asie centrale. Sur les quelque 60 milliards de mètres cubes de gaz extrait en 2005, Achkhabad en a exporté plus de 45 milliards, principalement en Russie et en Ukraine. Actuellement le combustible turkmène est livré dans ces pays à raison de 65 dollars les 1.000 mètres cubes alors qu'en Europe le prix se situe dans une fourchette allant de 200 à 250 dollars. C'est la raison pour laquelle les dirigeants de ce pays annoncent régulièrement des projets de grande envergure concernant la construction de gazoducs transcaspien, transafghan ou chinois. Si seulement quelques uns de ces projets étaient réalisés, Achkhabad pourrait choisir les itinéraires de transit de son gaz et imposer ses conditions aux pays consommateurs.

Pour Valeri Nesterov, analyste de Troïka Dialog, ces dernières années les émissaires occidentaux multiplient les déplacements dans les pays d'Asie centrale, une zone d'intérêts russes par excellence. Il y a eu en effet les visites de ce même Steven Mann, et aussi celles du vice-président des Etats-Unis, Dick Cheney, et du commissaire européen à l'énergie, Andris Piebalgs, qui avaient vainement tenté de torpiller les contrats passés avec Gazprom et Lukoïl sur la mise en valeur du gisement pétrogazier de Karatchaganak. Natalia Ianakaïeva, analyste de la société de placement, Tsentrinvest, relève que les Etats-Unis souhaitent affaiblir les positions de la Russie sur le marché énergétique mondial. "Si auparavant nous n'étions pour eux que des fournisseurs de combustible, aujourd'hui ils nous considèrent comme un acteur de premier plan qui a l'impudence de relever le prix du gaz liquide livré en Amérique", dit Natalia Ianakaïeva.


Mercredi 16 Août 2006


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