Politique Nationale/Internationale

Washington, Tel-Aviv menacent la Syrie et l’Iran


Après une augmentation importante des frappes militaires sur le Liban jeudi, le premier ministre israélien Ehud Olmert a ordonné vendredi une intensification des frappes par l’aviation, l’artillerie lourde et les navires de guerre postés près des côtes libanaises. Suivant une rencontre tard le soir entre Olmert et les responsables de la sécurité, la radio de l’armée israélienne a cité ainsi des sources politiques: «La décision a été prise d’intensifier les opérations au Liban».


Dimanche 16 Juillet 2006

Washington, Tel-Aviv menacent la Syrie et l’Iran
par Chris Marsden et Barry Grey




Peu après, vendredi matin, heure du Moyen-Orient, l’aviation israélienne a bombardé la principale autoroute liant Beyrouth à la capitale syrienne, Damas. Cette attaque visait à consolider le blocus terrestre, maritime et aérien imposé jeudi au Liban par l’Israël et a envoyé un signal supplémentaire à la Syrie qu’elle pourrait être la cible des Forces de défense israéliennes (FDI).

Israël a d’abord déclaré que son assaut militaire, la plus grande attaque aérienne sur le Liban depuis vingt ans, avait pour but de forcer le Hezbollah, l’organisation militaro-politique qui contrôle le sud du Liban et qui a capturé deux soldats israéliens dans un raid transfrontalier mercredi, à libérer ses soldats. Mais cette affirmation est démentie par l’ampleur de l’attaque israélienne. Le gouvernement israélien a rapidement demandé que le Hezbollah se retire de ses positions près de la frontière entre Israël et le Liban.

Après une journée de bombardements massifs visant des cibles libanaises, menés du sol, des airs et de la mer, qui ont entraîné la mort de 55 civils et blessé au moins cent autres, les responsables israéliens parlaient de plus en plus de «casser» le Hezbollah et d’entreprendre une opération à long terme au Liban. Au même moment, ils ont plusieurs fois réitéré leurs accusations contre l’Iran et la Syrie, qui appuient le Hezbollah depuis longtemps, d’avoir orchestré les actions du groupe, un thème qui a été repris dans les déclarations officielles américaines.

Jeudi, Israël a bombardé l’aéroport de Beyrouth deux fois. La première attaque, par l’aviation, a laissé d’immenses cratères sur les trois pistes de l’aéroport, forçant sa fermeture. La deuxième, des tirs au mortier à partir de navires de guerre, a mis le feu à deux réservoirs de carburant. Israël a aussi frappé deux bases aériennes militaires situées près de la frontière syrienne et a bombardé des routes, des ponts, des centrales électriques et des villages dans le sud du pays. Trois établissements de la chaîne de télévision pro-Hezbollah, Al Manar, ont aussi été bombardés, à Beyrouth et dans d’autres villes. En tout, Israël a ciblé plus de cent sites.

Au même moment, les forces navales israéliennes ont imposé un blocus maritime, forçant les navires qui se rendaient au Liban à rebrousser chemin.

Les responsables israéliens n’ont laissé aucun doute qu’il n’y avait pas de secteur du Liban non susceptible d’être attaqué et des avions israéliens ont lancé des tracts dans les banlieues sud de Beyrouth, avertissant les résidants d’évacuer ce secteur. Des milliers de civils libanais du sud et de Beyrouth ont empaqueté leurs possessions et ont cherché à rejoindre la Syrie, la seule frontière qui leur était ouverte.

Le Hezbollah quant à lui a lancé plus de 80 roquettes Katyusha sur le nord d’Israël, touchant vingt villes et villages. Les autorités israéliennes ont dit que deux civils ont été tués et que 43 autres ont été blessés par les tirs de roquettes. Le Hezbollah a aussi dit qu’il avait bombardé les quartiers généraux de l’état-major du Nord de l’Israël, à Safad, avec des douzaines de roquettes. Il a aussi déclaré avoir repoussé la force militaire israélienne qui a tenté tôt jeudi matin de traverser la frontière libanaise.

Israël a utilisé les tirs de roquettes Katyusha jeudi sur Haifa comme une justification pour une possible invasion terrestre. Le Hezbollah a nié avoir lancé les roquettes sur la ville de 250.000 personnes à une cinquantaine de kilomètres au sud de la frontière du Liban.

Jeudi, Israël a rejeté ce désaveu et l’ambassadeur israélien aux États-Unis, David Ayalon, a décrit les tirs de roquettes sur Haifa comme «une très importante escalade».

«Toutes les options sont ouvertes», a dit le porte-parole de l’armée israélienne, le capitaine Jacob Dallai vendredi matin lorsqu’on lui a demandé de commenter la possibilité d’une invasion terrestre. «Stratégiquement parlant, si la troisième plus importante ville d’Israël est attaquée, cela représente quelque chose de très sérieux et il faut s’attendre à une réponse.»

Israël


Dimanche 16 Juillet 2006

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