Economie

Wall Street face à une « tempête de niveau 3 »



Solidarité et Progrès
Mardi 6 Novembre 2007

  Wall Street face à une « tempête de niveau 3 »
Alors que la plupart des banques enregistraient des pertes plus ou moins massives suite à la crise de crédits hypothécaires à risque (sub-primes), Goldman Sachs, la première banque d’investissement du monde, étonnait le monde entier annonçant des bénéfices nets en hausse de 79 % pour le troisième trimestre ! L’explication à une si belle performance pourrait se retrouver, une fois de plus, dans les dernières astuces de la comptabilité créative...

En effet, comme Martin Hutchinson* l’écrit aujourd’hui dans le journal Asia Times, l’une des dernières règles de comptabilité adoptée par les Etats-Unis sous le nom “US accounting rule SFAS157”, exige des banques qu’elles classent leurs actifs suivant trois niveaux différents, selon qu’il est plus ou moins facile d’établir leur prix du marché. Ainsi, les actifs du niveau 1, sont des prix cotés dans les marchés, alors que ceux du niveau 3, beaucoup plus opaques, sont définis uniquement en fonction du modèle interne de la banque en question. Goldman Sachs qui a décidé d’utiliser cette procédure avant la date même où elle était obligatoire, a déclaré 72 milliards de dollars d’actifs dans son Niveau 3, prétendant qu’il s’agissait là d’un chiffre gérable car il représente seulement 8 % du total de ses actifs. Cependant, eu égard à ses fonds propres - 36 milliards de dollars - ce chiffre représente seulement deux fois ses capitaux propres ! C’est ce qui amène Hutchinson a remarquer qu’en cas de coup dur, “l’existence de Goldman Sachs repose uniquement sur la valeur de ces actifs du niveau 3”. D’autres banques ont aussi révélé leurs actifs niveau 3 : Lehmann : 22 milliards (100 % de ses fonds propres), Bear Stearns : 20 milliards, (155 % de ses fonds propres), et JP Morgan Chase : 60 milliards (50 % de ses fonds propres).

Au cours de son article, Martin Hutchinson fait le parallèle entre Goldman Sachs, qui aurait fait des bénéfices mirobolants au cours de cette crise, et Merril Lynch, qui, au contraire, vient d’annoncer des dévaluations et des pertes colossales de l’ordre de 8 à 11 milliards de dollars. Les deux banques d’affaires ayant à leur tête des diplômés de Harvard, argumente Hutchison, il n’y a aucune raison que les stratégies d’affaires des deux banques n’aillent pas dans la même direction. Selon Hutchinson, si Goldman Sachs acceptait de dévaluer ses actifs, suivant les mêmes critères adoptés par Nomura Securities récemment, « ceci se traduirait par une dévaluation de 20 milliards de ses avoirs, plus de la moitié du capital de Goldman, laissant la banque sévèrement endommagée bien que probablement encore en vie ».

* ancien banquier d’affaires, aujourd’hui chef du secteur économique de UPI.


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Mardi 6 Novembre 2007

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