Politique Nationale/Internationale

''Vous êtes coresponsable'' Lettre ouverte à la Chancelière Angela Merkel sur Gaza


AUTEUR: Mohssen MASSARRAT محسن مسرت

Traduit par Michèle Mialane, révisé par Fausto Giudice


Vendredi 30 Janvier 2009

Photo: www.french.xinhuanet.com
Photo: www.french.xinhuanet.com

Madame la Chancelière,

Lorsque l’armée de l’air israélienne a largué ses premières bombes sur des maisons palestiniennes, des femmes, des enfants et des bâtiments du Hamas à Gaza, je me trouvais justement dans ma patrie, l’Iran. Les médias, largement contrôlés par l’État, rendaient unanimement  la « puissance occupante sioniste  » responsable de la guerre, la couverture de la guerre par la télévision d’État se limitait à montrer sans cesse de nouvelles montagnes de cadavres, des victimes « islamiques » du sionisme. Lorsqu’il s’avéra que les médias iraniens manquaient sérieusement d’objectivité sous ce rapport, je passai à ARD et ZDF, les deux chaînes publiques de ma seconde patrie, l’Allemagne.

À ma grande stupéfaction, la couverture de la guerre y était tout aussi  partiale, et plus encore : j’appris que vous, Madame la Chancelière déclariez que la responsabilité de la guerre incombait «exclusivement  au seul Hamas ». Au début, atterré, je n’en ai pas cru mes oreilles, mais ensuite, en me rappelant votre position face au conflit du Moyen-Orient depuis que vous êtes au gouvernement, cela m’a semblé évident. Certes votre Ministre des Affaires  étrangères, le social-démocrate Franz Steinmeier, a eu la même attitude, mais elle n’en est ni plus crédible ni plus compréhensible. Des informations établies ainsi qu’une reconstitution fondée des évènements ont en effet prouvé  qu’Israël, en détruisant un tunnel et provoquant par ricochet la mort de cinq Palestiniens, a incité le Hamas à mettre fin lui aussi à la trêve conclue entre eux et qu’ils avaient jusque-là scrupuleusement respectée.

 Israël poursuit sa guerre depuis plus de deux semaines. Gaza offre un spectacle d’horreur et de destruction, on compte à ce jour plus de mille morts et des milliers de blessés, dont une large majorité de femmes, d’enfants et de personnes fragiles. Le nombre de morts et de blessés augmente d’heure en heure. Que fait-il de plus pour parler d’un génocide palestinien ? Gaza est la plus grande prison du monde et on commence à parler de nouveau Guernica. Il y a quelques jours déjà que l’évêque sud-africain Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix, a fait le rapprochement avec des crimes de guerre. Richard Falk, Rapporteur des Nations Unies dans les territoires occupés et peu suspect de sympathie pour le Hamas, estime que la situation ressort à des crimes de guerre, ce qui à mon avis est tout à fait justifié.

La population civile tente de fuir, mais où ? Elle est enfermée de tous côtés.  Les soldats israéliens ne respectent même pas les bâtiments de l’ONU, y compris ses écoles, clairement identifiables. Bombarder ces quelques asiles et y assassiner d’innombrables personnes qui y ont cherché refuge est totalement injustifiable. Ces bombardements, tout comme la guerre dans son ensemble, constituent une violation flagrante du droit international. Même si le Hamas, comme Israël  ne cesse de le répéter, utilisait effectivement sa propre population comme bouclier humain, nous nous trouverions dans ce cas. Mais aujourd’hui Israël ne se soucie pas plus du droit international qu’au cours des dernières décennies, depuis sa fondation ; le principal est que son gouvernement ait  un prétexte pour rendre l’adversaire responsable de ses propres abominations et se présenter lui-même comme un agneau sans tache et une victime qui se contente de réagir aux agressions d’en face.

 Pas plus que les bombes d’Israël les roquettes Qassam tirées par le Hamas sur des villes israéliennes ne sont justifiables. Elles aussi constituent sans aucun doute une infraction au droit international.

J’ajoute que cette stratégie a conduit depuis longtemps le Hamas dans une impasse, au lieu d’ouvrir des perspectives de paix pour le peuple palestinien. Et pourtant ce dernier continue à accorder une large confiance au Hamas. La Charte du Hamas, qui date de vingt ans, constitue cependant le plus gros obstacle à sa reconnaissance par l’opinion mondiale comme force politique importante permettant de trouver une solution pacifique au Moyen-Orient. Elle ne prend malheureusement pas les réalités en compte, dès lors que la coexistence d’Israël et des Palestiniens demeure expressément exclue.

Mais permettez-moi une question, Madame la Chancelière : Israël et ses alliés occidentaux ont-ils jamais offert au Hamas une quelconque possibilité de s’ouvrir vers l’extérieur et de revoir ses buts ? Sans vouloir établir de comparaison, je vous demande aussi combien de temps a-t-il fallu à la République fédérale pour se  « dénazifier » à peu près correctement, combien de temps au SED (Parti communiste de RDA, NdT) pour évoluer jusqu’à la Linke actuelle, et cela, dans des conditions économiques et politiques presque idéales ? L’OLP palestinienne a mis elle aussi plus de vingt ans à prendre son orientation actuelle, en dépit de la soif de paix du peuple palestinien.

Malheureusement l’on n’a jamais fait preuve envers le Hamas de la patience indispensable pour lui permettre de modifier ses orientations, et cela continue. En aucune façon et bien au contraire ; on lui ôte littéralement toute chance d’évoluer, je tiens à le souligner.

Le Hamas a gagné en 2006 les élections les plus démocratiques qui aient  jamais eu lieu dans le monde arabe. À ce moment-là au moins se serait offerte au Hamas une chance historique, en tant que gouvernement du peuple palestinien tout entier, de s’adapter aux réalités politiques intérieures et extérieures, et de s’engager sur une voie qui mène à la fin des violences et des attentats-suicides et amorce un nouveau processus de paix. Mais quelle a été la réaction d’Israël, des USA et de l’UE , quelle a été votre propre réaction, Madame la Chancelière, à la victoire électorale du Hamas, vous en souvenez-vous ?

Conformément au souhait du gouvernement israélien vous avez aussitôt gelé le versement des fonds destinés aux traitements des fonctionnaires de l’Autorité palestinienne. Vous et l’UE avez de ce fait emboîté le pas à l’effrayante administration du Président Bush, en dressant  les fonctionnaires tributaires de fonds étrangers et l’administration corrompue dirigée par un président dont la légitimité n’est plus que partielle, Mahmoud Abbas, contre le gouvernement du Hamas.  Pour reprendre les versements on exigeait du Hamas une modification de sa Charte et  la renonciation à la violence. Cette exigence, impensable à court terme, puisqu’on attendait du Hamas qu’il abandonne du jour au lendemain sa propre identité, ne visait qu’à fournir un prétexte à même de dissimuler la politique sournoise du « diviser pour régner ». On connaît la suite. La Palestine fut effectivement coupée en deux : la bande de Gaza et la Cisjordanie, la seconde restant sous le gouvernement « modéré » de Mahmoud Abbas, de fait désormais un fantoche dépourvu de  légitimité dont on achète le silence au moyen de généreuses subventions, la première devenue le plus grand ghetto qui ait jamais existé, où 1,5 million de Palestiniens sont condamnés à une existence  inhumaine pour les punir d’avoir élu le Hamas.

Madame la Chancelière, vous êtes personnellement coresponsable de la politique systématique de bouclage total de la bande de Gaza, une politique inhumaine visant à affamer la population civile. C’est cette trahison de tous les idéaux démocratiques qui n’a laissé au Hamas d’autre choix que de se radicaliser et de placer son unique espoir dans son arsenal de Qassam artisanales - plutôt des armes symboliques que des moyens militaires techniquement efficaces. La politique israélienne - et occidentale - ne pouvait que conduire à la guerre actuelle, visiblement préparée de longue date par Israël  pour la déclencher à la fin de l’année, alors que la moitié du monde fêtait Noël.

Le parti au pouvoir en Israël, Kadima, réclame obstinément, en échange de l’armistice exigé par l’ONU, la destruction des tunnels  qui servent à assurer la survie des Palestiniens, mais sans doute aussi à livrer des armes au Hamas, ce qui leur permettrait de poursuivre le bouclage meurtrier de Gaza. Vous aussi, Madame la Chancelière, visez ce but. Votre Ministre des Affaires étrangères, Monsieur Frank Walter Steinmeier, était sur place, mais pas pour convaincre les deux parties de se plier à la résolution de l’ONU, oh non, pas du tout. Il venait très clairement apporter l’aide de l’Allemagne à la fermeture des tunnels du côté égyptien, conformément au vœu du gouvernement israélien, pour créer -selon ses propres termes- « les conditions d’un cessez-le-feu » (plus exactement du bouclage).

Voudriez-vous, Madame la Chancelière, vous et votre Ministre des Affaires étrangères, qu’au nom des Allemands se poursuive à Gaza, après le cessez-le-feu, un bouclage  qui prive de nourriture les enfants palestiniens et leurs mères et va achever de réduire à néant les structures hospitalières et leur approvisionnement en moyens médicaux ? D’ailleurs le prétexte, usé jusqu’à la corde, d’empêcher les livraisons d’armes est farcesque. Si le Hamas avait pu se fournir largement en armes, grâce aux tunnels, il se serait selon toute vraisemblance procuré depuis longtemps les armes antichars légères, faciles à transporter, qui lui auraient permis de stopper l’offensive au sol en détruisant les blindés israéliens.

La guerre d’Israël contre Gaza est une première : la cinquième armée du monde mène une offensive aérienne, maritime et terrestre contre un petit peuple sans défense, cette armée le prive d’eau et d’électricité, bombarde ses hôpitaux, interdit pendant des jours l’accès des ambulances aux quartiers touchés par les tirs, en dépit des protestations de la Croix Rouge, bombarde les convois humanitaires de l’UNRWA qui approvisionnent la population civile et s’assoit sans aucun scrupule sur la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU qui ordonne l’arrêt des hostilités. Et tout cela sous nos yeux, les yeux d’un monde « civilisé ». Pas une protestation de la part de votre gouvernement ou de celui d’autres États qui pourtant en d’autres cas- par exemple la violation des droits humains en République populaire de Chine ou en Iran- n’hésitent pas à protester, voire à exiger des sanctions. Pire encore : en ce qui concerne Israël des journalistes bien choisis essaient visiblement de manipuler l’opinion pour la rendre indulgente envers les crimes de l’armée israélienne, au lieu d’informer objectivement sur les conséquences effroyables de la guerre. Il est inquiétant que la rédaction des  talk-shows d’ARD, « Anne Will » ait déprogrammé l’émission sur la guerre à Gaza prévue le 11 janvier très vraisemblablement à la suite de pressions politiques, ce qui constituerait un coup dur pour la liberté de la presse et la démocratie e Allemagne. Ce n’est donc pas un hasard si en Allemagne le grand public ne bouge pas le petit doigt, alors qu’Israël est sur le point de commettre sous nos yeux un génocide à Gaza.

L’effrayante indifférence de nos compatriotes tient peut-être aussi, Madame la Chancelière, à la démonisation permanente du Hamas et de la population palestinienne qui le soutient, opérée par la quasi-totalité des médias ainsi que des hommes et femmes politiques allemands. On n’entend à la  radio ou  la télévision allemandes pas une seule information, pas un commentaire qui n’accole au Hamas l’épithète d’ « islamistes radicaux. » Mais je ne me souviens pas que le gouvernement d’Israël, ni même des colons activistes, aient jamais été qualifiés de « sionistes ». La formulation unique, de toute évidence imposée « d’en haut » qui fait du Hamas un « groupe d’islamistes radicaux palestiniens » le fait apparaître sous les traits d’un groupe de criminels endoctrinés et agressifs même lorsque ses combattants sont victimes des bombes israéliennes. Cette subtile connotation linguistique permet aussi de faire apparaître les victimes civiles des attaques israéliennes comme des dommages collatéraux acceptables, dès qu’on ajoute- ce qui se produit régulièrement- que l’armée israélienne supposait que des « islamistes radicaux » du Hamas se trouvaient à proximité.

En tant qu’Allemande vous devriez pourtant le savoir, Madame la Chancelière :  l’Histoire nous a appris que ce type de démonisation rend aveugle à l’autre et détruit l’empathie chez les gens mal informés, légitimant ainsi en apparence les crimes que l’on commet envers l’ennemi réel ou supposé. Un moyen d’autant plus efficace que les préjugés envers l’autre côté sont plus forts. C’est précisément cette méthode abominable qui a permis aux nazis d’immuniser une population allemande largement antisémite contre l’extermination de la population juive et organisé l’Holocauste sous leurs yeux. Je suis bien éloigné en écrivant cela, Madame la Chancelière, de vouloir établir une comparaison entre la guerre à Gaza et l’Holocauste, et je tiens à le souligner. Mais ce rapprochement, certes exagéré, devrait parfaitement montrer que la démonisation du Hamas, dans un monde occidental déjà plein de préjugés au sujet du monde islamique, jette les bases d’une impunité absolument totale pour tous les agissements contraires aux droits humains et au droit international que se permet Israël à Gaza - et ailleurs aussi. En Allemagne, ma patrie, on apporte  malheureusement une ardeur toute particulière, et souvent délibérée, à démoniser le Hamas. Dans ce contexte, Madame la Chancelière, je ne puis me défendre du soupçon que les élites politiques allemandes, consciemment ou non, tentent, face aux générations juives actuelles, de se dédouaner des crimes nazis aux frais d’autres êtres humains. Cette attitude, à mes yeux une méthode à deux sous et tout à fait  inacceptable pour régler ses comptes avec l’Histoire, détermine la politique proche et moyenne-orientale de l’Allemagne, avec des conséquences particulièrement tragiques pour le peuple palestinien, dont l’État hébreu continue à occuper illégalement les terres.

 Israël fait la guerre à Gaza, selon le gouvernement israélien, pour mettre un terme aux tirs de roquettes Qassam sur le Sud d’Israël. Comme lors de toutes les guerres précédentes, Israël prétend cette fois encore vouloir garantir la sécurité de sa population. Mais elles n’ont nullement amélioré la situation sécuritaire des Israéliens depuis des décennies, bien au contraire. Les Israéliens vivent dans la crainte constante d’imprévisibles tirs de roquettes ou attentats-suicides,  ainsi que celle de voir les États voisins accéder à l’arme atomique, ils vivent dans un État qui foule aux pieds comme nul autre le droit international, n’est en aucun cas disposé, pour garantir sa sécurité, à emprunter une voie commune avec les Nations Unies, l’UE ni même les USA, un pays dont le gouvernement, tel un moulin à prière,  s’obstine à répéter l’affirmation absurde que seule l’armée d’Israël est capable de garantir la sécurité de sa population et donc ne peut se fier à aucune autre puissance, aucune alternative. Vivre dans des conditions aussi inhumaines et dégradantes n’est en rien ce que le reste du monde peut souhaiter à la population d’Israël.

 Madame la Chancelière, on ne peut se défendre de l’impression que les élites israéliennes se soucient beaucoup moins de la sécurité de leur population que de trouver un bon prétexte pour atteindre leurs propres buts idéologiques. Jamais ces élites n’ont abandonné les buts territoriaux du sionisme : la création d’un Grand Israël. Un examen honnête et objectif de la politique israélienne ne permet pas d’autre conclusion : les élites israéliennes ont depuis toujours systématiquement sapé toute possibilité de paix véritable avec les Palestiniens, avant et après les accords d’Oslo. En dépit de toutes leurs affirmations, uniquement destinées à tromper l’opinion mondiale, elles n’ont jamais eu vraiment l’intention d’admettre un État palestinien viable à leurs frontières. Israël a régulièrement laissé échapper les occasions de conclure la paix avec les Palestiniens et les États arabes de la région. Il lui suffisait de bien vouloir appliquer la résolution 242 de l’ONU  en date du 22/11/1967 et de se retirer derrière les frontières de 1967 pour obtenir de la communauté internationale les plus vastes garanties qu’un État ait jamais obtenues au cours de l’Histoire. Mais les élites sionistes israéliennes ont préféré, en pratiquant une politique de refus, remplacer la vieille génération de terroristes par une nouvelle, d’abord  les « terroristes du Fatah », puis les « terroristes du Hamas ». De toute évidence les élites israéliennes s’accommodent bien de la peur constante où vit leur  population, une peur indispensable pour l’engager dans une politique d’occupation indéfinie et un dépeçage progressif, visant à l’incorporer  à Israël, du territoire dont les Palestiniens avaient rêvé qu’il serait un jour leur État, pour qu’un tel État ne puisse jamais voir le jour et que les Palestiniens, dépossédés de leur capacités de lutte et dressés les uns contre les autres par des scissions et  une guerre fratricide,  finissent, vaincus, par abandonner leur rêve d’un État qui soit le leur.

Les élites israéliennes n’ont visiblement  toujours pas compris que cette voie ne mène nulle part  et qu’en dépit de l’instrumentalisation de l’Holocauste pour légitimer aux yeux du monde une politique  aux fondements purement idéologiques, elles iront à l’échec en tentant de poursuivre cette politique qui engendre la haine et l’hostilité dont elles ont besoin pour fabriquer à leur propre population, quasiment prise en otage, un ennemi à redouter,  lui ôtant ainsi toute possibilité de vivre en pais avec ses voisins. Une pareille politique est insoutenable, et parallèlement  la population d’Israël, passée à l’épreuve de la souffrance, n’a pas mérité les dirigeants qu’elle a, précisément en raison de l’Holocauste.

Mais vous, Madame la Chancelière, ainsi que les élites politiques européennes et usaméricaines, êtes tous coresponsables, non seulement des souffrances du peuple palestinien, mais aussi de celles du peuple israélien, contraint de vivre en permanence dans la terreur et l’angoisse. Il est temps de remplacer la politique maléfique d’Israël par une politique d’avenir, fondée sur une véritable coopération économique, politique et culturelle entre Israël et ses voisins.

Veuillez croire, Madame la Chancelière, à mon respect pour votre fonction et accepter mes sentiments amicaux,

Professeur Mohssen Massarrat


Source : Offener Brief an Angela Merkel über Gaza


Article original publié le 11/1/2009

Sur l’auteur

Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

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Vendredi 30 Janvier 2009


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