Proche et Moyen-Orient

Visite du Ministre palestinien Ashraf al-Ajrami au Luxembourg


"Il faut libérer les détenus palestiniens et à défaut améliorer les conditions de détention!"


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Vendredi 29 Février 2008

Visite du Ministre palestinien Ashraf al-Ajrami au Luxembourg
Hier une délégation palestinienne s'est rendue à Luxembourg, pour une entrevue avec le Ministre des Affaires Etrangères, Jean Asselborn et la rencontre avec les organisations pour la paix. Cette visite a été rendue possible par le CPJPO en entente avec la Délégation Générale de la Palestine à Bruxelles. Ce rendez-vous a été possible suite à la rencontre de la délégation avec le sous-comité de la Commission Européenne pour les Droits de l'Homme à Bruxelles.

Avant la rencontre avec le Ministre Jean Asselborn, Ashraf al-Ajrami (Ministre Palestinien des Détenus et Ex-Détenus) et Fawa Ibrahim Bargouthi (Comité pour la Libération de Marouane Bargouthi) ont rencontré les médias et associations oeuvrant pour la paix. Lors de cette entrevue Ashraf al-Ajrami a rappelé que la Palestine est sous le joug de l'occupation depuis 1967 et que depuis plus 700.000 Palestiniens ont été incarcérés dans les prisons israéliennes. Ceci revenant à dire que chaque ménage palestinien a eu au moins un membre de famille mis en détention.

Actuellement non mois de 10.000 palestiniens sont incarcérés et parmi eux 355 jeunes âgés entre 13 et 17 ans, dont certains sont condamnés à des peines allant jusqu'à 20 années d'emprisonnement. 98 femmes sont également détenues dans des conditions sanitaires innommables. 48 parlementaires, démocratiquement élus (et souvent réélus malgré le fait d'être emprisonnés NdR) croupissent dans geôles de l'occupant. Beaucoup de détenus souffrent de maladies graves, telle le diabète ou des soucis cardio-vasculaires. Dans aucun cas le maintien en détention est conforme aux règles de droit international.

Une situation qui est aggravée par le fait, que selon la législation israélienne la torture est légalisée, ceci dans le cadre de mesures sécuritaires spéciales, qui sont de bien entendu appliqués d'office à tout ressortissant palestinien. Le placement dans les divers centres de détention est aussi un grand problème pour les familles, lesquelles doivent souvent prendre des temps de voyage de 20 heures sur eux, quand de nombreuses mesures n'empêchent pas la visite. (Les palestiniens âgés de 17 à 45 ans n'ont généralement pas de droit de visite NdR) Il en découle que la majorité des détenus venant de Gaza n'ont pas pu voir leurs familles depuis huit mois.

Un autre problème est celui des détenus administratifs, qui peuvent selon la législation israélienne été maintenus en détention jusqu'à 5 ans, sans qu'une accusation soit formulée et sans qu'un jugement n'ait été prononcé. 1.400 palestiniens sont concernés par cette mesure, qui est souvent assujettie d'isolement, ce qui revient à admettre l'application d'une double peine. Très grave aussi le fait que la nourriture manque et que les prisonniers soient obligés de payer pour celle-ci. En ce il doit être rendu public, que les transferts d'argent qui viennent d'autres pays arabes, sont en règle générale retenus car considérés illicites.

Le volet médical aussi démontre une injustice frappante et près de 200 détenus sont morts en raison du manque de soins. Ceci ayant été confirmée par une enquête israélienne. Les centres de soins en milieu carcéral ne peuvent recueillir au maximum 1.000 malades, ce qui est largement insuffisant au vu des besoins réels. Nombreux sont aussi les faits sur détenus, qui sont prodigués par les surveillants israéliens, dans l'impunité totale. Souvent les raisons sont inexistantes pour de tels actes et dans certains cas il arrive que les détenus soient sanctionnés abusivement et même mis à l'amende.

Si en Europe un détenu à droit à un espace minimum de 3 m2, en Israël celui-ci dépasse rarement 1 m2, ce qui démontre clairement la situation de surcharge et les problèmes sanitaires qui en découlent. Pour autant que Israël sait médiatiser l'emprisonnement du Soldat Gilad Shalit, le monde n'est souvent pas ou mal informé sur les conditions de détention des milliers de palestiniens.

Le rôle du Ministère des Détenus et Ex-Détenus

La fonction primaire du Ministre Ashraf al-Ajrami (lui-même incarcéré pendant 12 ans dans une prison israélienne NdR) et de son ministère est de donner une assistance judiciaire au détenus et de mettre à disposition les moyens financiers qui leur permettent de payer leur alimentation au quotidien, mais aussi de garantir un revenu minimum aux familles. Le ministre est bien entendu aussi l'interlocuteur des autorités israéliennes, auprès desquelles il intervient quasi quotidiennement pour une amélioration des conditions de détention. Il semble avéré qu'il est hélas peu entendu, ou que du moins ses doléances ne veulent recevoir la reconnaissance nécessaire.

Dans un deuxième temps son ministère se charge aussi de la réhabilitation des détenus libérés, auxquels sont prodigués une aide financière et un soutien permettant la resocialisation. Il garantit avec relativement peu de moyens un accès à l'éducation la formation et les soins de santé. En ce aussi, il serait important, sinon bienvenu, que l'UE se remette en cause et puisse allouer un support financier, de manière à permettre la continuité et la qualité de l'aide qui se doit d'être donnée. Sans ce, nombreux peuvent être les candidats contraints à reprendre la lutte; une lutte souvent inégale, mais inévitable tant l'injustice est grande.

Comité de Libération Marouane Bargouthi

Fadwa Ibrahim, représentante du comité pour la libération du dirigeant palestinien Marouane Bargouthi condamné en 2004 à réclusion criminelle à perpétuité, suite à l'accusation d'être responsable d'avoir commandité cinq meurtres, se fait forte de justifier quelques points le concernant.

Cette détention, qui avant le jugement s'inscrivait dans les mesures dites de "détention administrative", n'aurait de fait rien à faire avec les faits qui lui sont reprochés, mais serait basée sur des raisons politiques. Avocat de formation, Marouane Bargouthi était le chef du Fatah en Cisjordanie. Il fut longtemps considéré comme étant le successeur potentiel de feu le Président Yasser Arafat. Il a toujours nié les faits qui lui ont été reprochés. Sa condamnation est donc perçue comme la punition du peuple palestinien.

Il a été le premier parlementaire à s'être vu mis en détention, 47 autres élus le suivrant dans le calvaire carcéral. Bien qu'il reste partisan d'une solution reposant sur la coexistence pacifique de deux Etats, israélien et palestinien, il peut être considéré comme un "déçu d'Oslo". (faisant référence aux accords d'Oslo de 1993 NdR) Emprisonné en 2002, il était mis en isolement pour trois ans et sa femme Fadwa Ibrahim, elle-même avocate n'a pas été admise comme avocat à la défense par les autorités israéliennes. Il n'aura en tout se temps pas ou peu pu voir sa famille. Sa fille n'aura pu le retrouver que pour un moment et ce après quatre années de séparation.

Fadwa Ibrahim dit donc clairement que la question des prisonniers est un des thèmes sensibles en Palestine. Les conditions de détention ont aussi un impact conséquent sur la condition humaine, qui perdure encore longtemps après leur libération. Elle aura vu de ses propres yeux des enfants de deux ans, retrouver leur papa en compagnie de personnes étrangères à leur famille, en raison des mesures statuant la restriction de visite pour tout ressortissant palestinien âgé entre 17 et 45 ans.

En tant que mère, Fadwa Ibrahim sait et comprend ce que ressent la maman de Gilad Shalit. Mais il faut aussi se rendre compte du ressenti des milliers de mères palestiniennes dont les fils sont incarcérés en Israël. Elle ne réclame pas non plus à qui que soit d'adhérer aveuglement à la cause palestinienne, mais souhaite que la justice soit respectée. Le cas de Marouane concerne des milliers de palestiniens, qui lui donnent toujours leurs voix lors d'élections et ceci bien qu'il soit incarcéré.

Libérer les détenus sans distinction!

Ashraf al-Ajrami précise aussi, suite aux questions des journalistes, que la demande de mise en liberté n'est en aucun cas liée à l'appartenance idéologique des concernés. Tout ce fait dans le respect de l'égalité, seul Israël fait un choix, des décisions dans lesquelles il peut tout juste intervenir en émettant un "avis". Certes le ministère est aussi en quelque sorte d'admettre des priorités, mais celles-ci se réduisent aux plus anciens, enfants, femmes et malades, dans le respect de leur durée de détention. A noter que 54% des détenus sont d'appartenance ou proche du Fatah.

Entendu par le Comité des Droits de L'homme de la Commission Européenne

Le ministre aura à notre demande, aussi parlé de la rencontre avec le Comité des Droits de L'homme de la Commission Européenne. Une rencontre qu'il juge fertile, ayant eu tout le temps nécessaire pour rendre compte de la situation palestinienne telle qu'elle se présente à ce jour. La visite devrait donc avoir un impact concret, car les membres du comité se posent ouvertement la question pourquoi rien ne se fait. La présidente Hélène Flautre (Ecolos) aura exprimé son mécontentement se rapportant à l'absence de l'ambassadeur d'Israël, bien qu'ayant été invité à suivre les débats et éventuellement de répondre aux divers reproches qui sont faits à Israël.

Le comité aura pourtant pris la décision d'adresser une lettre au gouvernement israélien, enjoignant ce dernier à revoir la situation. Ce même comité, nous aura dit Ashraf al-Ajrami, entend étudier les possibilités permettant d'envoyer une commission d'enquête en Israël, pour pouvoir statuer par des informations propres sur la situation des détenus palestiniens. Ils veulent aussi des réponses quand aux mesures prises en termes de "détention administrative". Normal dès lors que le ministre se soit montré satisfait, que le comité ait promis d'agir et de maintenir le contact avec son ministère.

Il notera toutefois qu'il lui reste incompréhensible, pourquoi l'Union Européenne s'insurge si souvent quand les droits des hommes sont bafoués dans d'autres pays du monde et reste silencieuse à l'égard des violations qui ont lieu en Israël. Le cas de "l'occupation israélienne" est unique en son genre et tout le peuple palestinien en souffre depuis des décennies. Pour Ashraf al-Ajrami le problème des prisonniers n'est qu'un des nombreux problèmes qui doivent être résolus. "Il faut que cesse la politique d'assassinat et de famine" s'est-il exprimé. "Malgré les cris de détresse la politique mondiale se tait, notamment l'Europe, qui un des partenaires économiques primaires de l'Etat d'Israël"

Rencontre avec Jean Asselborn

Indymedia-Letzebuerg a encore eu l'occasion de rencontrer Ashraf al-Ajrami après son entrevue avec le Ministre des Affaires Etrangères, Jean Asselborn. Une entrevue que le Ministre palestinien a perçue comme constructive et bénéfique sous différents aspects. Naturellement il aura réitéré à Jean Asselborn sa demande de soutien dans le cadre de la libération des prisonniers, de l'amélioration de leurs conditions de détention et de toute l'aide que l'on peut accorder à son ministère en termes de réhabilitation et de réinsertion pour les détenus libérés.

"Le ministre m'a promis de transmettre nos doléances au gouvernement tout en confirmant son accord personnel. Il veut le faire avec persistance et même réclamer un débat sur la question palestinienne au sein de l'internationale socialiste." nous informe Ashraf al-Ajrami. Il s'attend après cette entrevue à un contact plus régulier avec le gouvernement luxembourgeois et souhaite celui-ci comme étant cordial. Lui aussi aura clairement fait savoir, qu'il ne réclame pas un consentement aveugle pour la cause palestinienne, mais qu'il est urgent que les lois internationales soient respectées, sans quoi les pourparlers de paix sont caducs.

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Vendredi 29 Février 2008


Commentaires

1.Posté par samir le 15/03/2008 16:27 | Alerter
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Information,
C'est contrainte et forcée que Rama Yade a consenti de recevoir le ministre palestinien des prisionners. Elle est arrivée 15 minutes plus tard au rendez-vous, parce que Madame a des coups de fils à passer. Quant à sa directrice de cabinet, elle a refusé catégoriquement de s'y rendre

2.Posté par Anticrif le 16/03/2008 11:10 | Alerter
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En parallèle aux actions et protestations mises en oeuvre en ce qui concerne la situation actuelle en Palestine, et plus particulièrement à Gaza, qui traduit une fois encore l’irrespect par l’État d’Israël du droit international et du droit humanitaire, nous ne pouvons laisser passer sans réagir la nomination le 13/02 en Conseil des ministres de François Zimeray comme Ambassadeur des droits de l’homme au Ministère des affaires étrangères.

M. Zimeray a été jusqu’à cette nomination (et il l’est peut-être encore) le vice-président de la ’Commission d’études politiques’ du CRIF. Il est également fondateur, avec le président du Fonds social juif unifié, d’une association de lobbying au niveau européen intitulée "Medbrige".

Pendant son mandat de député européen, il était à la ’Commission des affaires étrangères et de la politique de défense’, et il a été à l’origine de la demande d’une commission d’enquête parlementaire sur l’usage des fonds versés par l’UE à l’Autorité palestinienne. En 2003, il a été l’un des fondateurs d’un groupement pour traiter de la question "de la montée de l’antisémitisme et de l’antisionisme en France".

Selon le Canard Enchaîné du 20/02, "il est classé ’pro-israélien en diable’ par ses camarades socialistes".

Car cette nomination s’inscrit dans un vaste mouvement (y compris des personnes) en faveur d’Israël depuis l’élection de N. Sarkozy. Selon le Canard du 5/3 (cf. dernière page "Larmes de crocodile pour Gaza") : "A en croire d’insolents diplomates français, on entend dire, dans plusieurs organisations européennes, que l’équipe Sarkozy-Kouchner-Levitte adopte des positions encore plus ’pro-israéliennes’ que celles du clan Bush". L’ex-ambassadeur de France en Israël, Gérard Araud, est ensuite clairement indiqué comme un important acteur de ces nouvelles orientations.

Protestez sans tarder contre cette nomination.
Ne permettez pas que notre Ministère des affaires étrangères devienne l’un des plus ardents défenseurs d’Israël, sous couvert de "droits de l’Homme"...
Copiez-collez le modèle de lettre qui vous est proposé ci-dessous (ou écrivez votre propre courrier, en restant factuel et courtois), et signez. Car ce qui compte ici, c’est le nombre de mails envoyés !

Envoyez votre mail à
bernard.kouchner@diplomatie.gouv.fr

copie : jean-david.levitte@elysee.fr

A notre connaissance, d’autres nominations de cette nature sont en cours. Plusieurs sont déjà intervenues.

Réagissons sans plus tarder ! Des centaines de mails doivent être envoyés dans les jours qui suivent !

Modèle de lettre :
Att. M. Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères

Copie à M. Jean-David Levitte, Conseiller diplomatique du Président de la République

Monsieur le Ministre,

Je tiens à vous faire connaître mes plus vives inquiétudes et ma profonde stupéfaction suite à la récente nomination de Monsieur François Zimeray en qualité d’Ambassadeur pour les droits de l’homme.

En effet, M. Zimeray est connu pour son appartenance à divers groupes de pression très connotés tant au niveau européen que français. Ses déclarations et initiatives partiales en particulier sur la grave question du conflit israélo-palestinien découlant de l’occupation israélienne en porte témoignage.

M. Zimeray ne me semble donc pas disposer des qualités d’impartialité requises pour assumer une telle haute fonction, qui ne peut que reposer sur un attachement rigoureux et sans faille aux principes et valeurs découlant du droit international et du droit humanitaire.

Alors qu’après sa nomination il a déclaré conserver toutes ses opinions et vouloir les mettre en œuvre comme Ambassadeur, il convient de relever que celles-ci contreviennent au droit international qui doit être applicable à tous les peuples en tous lieux, sans considérations personnelles de nature communautaire ou autre.

Souhaitant qu’il soit donné toutes les suites nécessaires à l’encontre de cette nomination, qui m’apparaît d’ailleurs s’inscrire dans un mouvement plus général en rupture avec une politique étrangère de la France qui soit équilibrée et digne,

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en mes sentiments distingués,

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