Politique Nationale/Internationale

Vers une insurrection populaire, républicaine, pacifique et démocratique ?



Claude Beaulieu
Vendredi 23 Avril 2010

Vers une insurrection populaire, républicaine, pacifique et démocratique ?

Les élections régionales auront apporté des enseignements utiles pour ceux, dont nous sommes, qui souhaitent contribuer à l’élaboration d’une nouvelle démarche de rassemblement populaire. Celle-ci est rendue nécessaire par un choix politique qui perdure depuis plus de soixante ans, malgré sa faillite flagrante et ses conséquences calamiteuses pour le peuple. Ce choix stratégique, celui de l’Europe supranationale et atlantiste, s’est traduit au fil du temps par le renoncement à la souveraineté populaire et à l’indépendance, par l’abandon de la République une et indivisible, laïque et sociale ainsi que par la négation de la démocratie.

Ces multiples trahisons, que chaque citoyen peut constater, sont le résultat du ralliement dogmatique de quasiment tous les partis politiques de notre pays à l’intégration dans l’Europe fédérale des Länder en gestation. Ce choix obsédé du fédéralisme européen, sans que la base militante de ce parti en soit clairement informée ni même majoritairement consciente, est également devenu celui du noyau central de la direction du Parti Communiste Français, de fait rallié au système.

A l’opposé, ce choix de la soumission consentie et de la vassalisation n’est manifestement pas celui du peuple de France. En refusant massivement de persévérer dans le jeu truqué que la droite et la fausse gauche européiste lui ont imposé pendant des décennies, il rejette aujourd’hui le programme commun de la « gauche » et de la droite fédéralistes. Lucide, en les isolant de plus en plus clairement, le peuple marque sa défiance envers les partis de la fausse alternance et de l’aliénation à la pensée unique. Lors de ces élections, les abstentions, les votes blancs et nuls, ont rassemblé 55,38% des électeurs inscrits. La majorité des citoyens de notre pays a ainsi démontré les progrès de la prise de conscience et de l’insoumission dans le peuple, ainsi qu’une grande maturité politique de celui-ci.

En effet, l’élément essentiel de ces résultats électoraux, le plus significatif, est bien l’importance de cette « abstention rejet » du peuple de France qui exprime le refus du système politique néo-libéral et euro atlantique. Celui-ci, fondé sur une économie de marché débridée et sur « la concurrence libre et non faussée », détruit méthodiquement plus d’un siècle de conquêtes sociales et démocratiques.

Comme l’ont démontré la forte participation et la victoire par la suite violée, de la souveraineté populaire, qui a dit non lors du référendum sur la constitution européenne en mai 2005, les citoyens français ne se désintéressent pas de la démocratie et des élections. Si les professionnels de la politique et l’oligarchie au pouvoir persévéraient à interpréter les abstentions, lors des élections européennes puis régionales, essentiellement comme les conséquences d’une indifférence plébéienne, des problèmes de mauvaises communication ou de compréhension, ils se prépareraient des lendemains difficiles. En l’absence d’autre choix que celui de politiques « du pareil au même », l’abstention ou le vote blanc est apparu comme une démarche de Résistance civique et républicaine ; nous voyons dans son caractère massif, réfléchi et volontaire, l’expression d’une réelle combativité populaire.

Divers sondages récents confirment le haut niveau actuel de conscience politique des Français. Ainsi dans un article repris dans l’Humanité nous pouvons noter que « 71% des Français déclarent avoir une mauvaise opinion de l’économie de marché, 69% du capitalisme et 66% des banques », que « 64 %, plus de 6 sur 10 ont le sentiment que la situation va pousser la population à se révolter pour manifester violemment son mécontentement »… Ces chiffres soulignent combien le peuple est en avance par rapport à la plupart des élus et aux dirigeants des partis censés le représenter, notamment à « gauche » et dans la « gauche de la gauche » autoproclamée.

Le mécontentement populaire évoqué par ce sondage est profond. S’il tend à se généraliser dans le monde du travail, son expression est, pour le moment freinée en raison de l’absence, au sommet des appareils, de dirigeants politiques et syndicaux déterminés à mener de manière conséquente la lutte de classe, qui de nos jours, a pris un caractère national tout en s’inscrivant dans le combat pour le rétablissement de la souveraineté populaire. Cependant, le mouvement populaire qui couve pourrait surgir à tout moment, dans la rue, dans les entreprises et ailleurs. Comme cela a déjà été dit : « une étincelle peut mettre le feu à la plaine ». Dans cette hypothèse, c’est la base populaire militante qui devra s’organiser afin de suppléer à la carence des chefs de partis faillis, incapables, renégats ou achetés, ainsi qu’à celle des syndicalistes jaunes qui accompagnent l’euro-dictature. En sera-t-elle capable ?

De nombreux réseaux militants existent et sont mobilisés, il est souhaitable qu’ils recensent leurs convergences et définissent s’ils le souhaitent, un processus menant à leur coordination. Des groupes de gaullistes, qui demeurent attachés à « une certaine idée de la France », à l’indépendance nationale et à la souveraineté populaire, se sont formés. Des comités républicains et laïques sont présents dans tous le pays. Les bases d’une recomposition politique républicaine sont présentes et se développent, même si dans certains cas un travail de clarification politique et idéologique s’avère indispensable.

Dans la mouvance communiste, la situation est complexe. L’assise politique du groupe « mutant » qui, à la tête du PCF, s’appuie sur l’appareil de permanents salariés, rétrécit d’autant plus vite que le nombre des élus du PCF diminue régulièrement, résultat d’une politique d’alliance inconséquente et d’une ligne politique européiste et social-démocrate, coupée du peuple et de la nation. Difficiles à chiffrer, les militants communistes qui, souvent sans rien renier de leur idéal et de leurs convictions révolutionnaires, ont été amenés à s’écarter du PCF et de la voie de dégénérescence politique de ses dirigeants, sont certainement plus nombreux que ceux qui sont demeurés dans le parti. Ils représentent une force potentielle. Des groupes d’opposition à la ligne liquidatrice dominante se multiplient partout. Certains s’organisent dans le Parti, tandis que d’autres ont préféré se situer à l’extérieur de celui-ci. Une démarche de concertation, de rassemblement et d’unité d’action est souvent souhaitée. Cette volonté unitaire est fort justement exprimée, en particulier par nos amis du PRCF. Le caractère crucial de la situation actuelle et la nécessité pour notre pays d’avoir un parti communiste politiquement armé pour y répondre, devrait inciter à ne pas perdre de temps dans cette démarche et à laisser de coté les quelques problèmes d’ego qui peuvent exister.

Au sein du Comité Valmy, des militants des différentes sensibilités républicaines travaillent ensemble et s’enrichissent mutuellement. Avec la constitution de l’Arc Républicain de Progrès, ce rassemblement s’élargit en s’inspirant de l’exemple de la Résistance et des principes du programme du CNR, se construit autour de la perspective d’union du peuple de France et de la constitution d’une convergence nationale et républicaine. Cette démarche politique implique le rejet de l’euro, monnaie unique, ainsi que le retrait de la France de l’Union européenne et de l’OTAN.

L’Arc Républicain de Progrès estime qu’une insurrection populaire, républicaine, pacifique et démocratique est aujourd’hui possible et souhaitable. Elle serait bien en phase avec la réalité actuelle et ses potentialités de ruptures progressistes. Nous réaffirmons notre confiance dans le peuple de France, riche, entre autres, des expériences de la Révolution de 1789, de la Commune de Paris ainsi que de celle de la Résistance nationale et antinazie.


http://www.comite-valmy.org/spip.php?article610 http://www.comite-valmy.org/spip.php?article610



Vendredi 23 Avril 2010


Commentaires

1.Posté par Mike le 23/04/2010 13:25 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

J'ai failli vomir mon café en lisant le titre. Une collection de mots creux attrape-tout et un gros voeu pieux par dessus le marché.

Dès qu'un individu me vend un truc "populaire", "républicain", ou "démocratique", je regarde derrière moi des fois qu'il essaierait de me baisser mon pantalon.

2.Posté par contest-a-terre le 23/04/2010 14:29 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

mdr

bien dit MIKE

3.Posté par AS le 23/04/2010 19:10 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

mdr Mike !

4.Posté par chems le 23/04/2010 20:38 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler


je crois que le gars il nous sert un cadavre froid...c'est à cause de ça le vomi Mike!

je savais pas que ça existait encore des vrais baba-cool, allez les copains on va faire l'insurrection pacifique et démocratique à Tel aviv, et puis c'est la paix...waawwwww, passe moi le joint...




5.Posté par chems le 23/04/2010 21:13 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

ceci dit une petite nuance...la démocratie populaire, et le pacifisme sont des valeurs universelles, j'aime évidement le peuple et la paix. La démocratie aussi est une notion sympathique.

maintenant c'est comme lorsqu'on critique Dieu, pour les guerres que les hommes ont fait en son nom...ce n'est pas juste puisque Dieu ne cesse de nous envoyer des messagers ordonnant la paix. Islam...Ce n'est pas parce que certains hommes commettent des crimes au nom de Dieu que Dieu, qui demande le contraire, est à jeter. c'est pareil pour les notions de démocratie, de pacifisme ou même de république, ce n'est pas parce que des porcs font la guerre en se reposant sur ces valeurs que celles-ci sont intrinsèquement mauvaises.

j'ai fais un tour sur le site du comité Valmy, auteur de l'article, je n'ai pas tous lu, mais il y a de bons articles.

une fois que c'est dit, appeler aujourd'hui à une "insurrection populaire, républicaine, pacifique et démocratique" ça sent quand même le plat réchauffé...que les démocrates français, européens et américains arrêtent leurs chefs et on parlera de démocratie, de peuple et de paix après!


6.Posté par Sylv@ymivision le 24/04/2010 20:59 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

C'est exactement cela chems beaucoup ici sur ce site regarde sur le voisin alors qu’ils devrait regardé leur cœur vers quoi il penche, la paix ou la vengeance, ça prend absolument un coupable ils ne sont pas plus intelligent que les porcs qui disent faire la guerre pour Dieu alors qu’il nous demande de faire la paix, les coupables ne sont pas les individus berné ce sont les cliques mondiales qui bernent qu’il faut dénoncer afin de sensibiliser le monde qui voit que du feu dans leur machination.

Si JF Kennedy c’est fait tuer ce n’est pas parce qu’il a dénoncer cette clique mondiale c’est parce qu’il a agit, pas juste parler !

7.Posté par simon le 25/04/2010 13:56 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Les mots vous choquent tant que ça ?
Démocratie républicaine populaire, ça devrait nous enchanter, mais comme il n 'y que les mafioso de la téloche qui les emploie toute l'année, elle finit par avoir une connotation négative, un peu comme Bachelot qui parle de santé, ou Virenque qui parle de sport.

Merci de rappeler la forfaiture du référendum sur le traité de Lisbonne de 2005, cet évènement-clé suffit à une démonstration.

Sinon je pense avoir compris l'article, on arrive au constat simple que... tout le monde n'attend que ça que tout pète, crise politique généralisée et on dégage tout le monde, il manque l'élément déclencheur, malheureusement cela ne se fait pas sur Internet, c'est assez risqué et en plus, ça gâche la surprise xD

Le problème principal, c'est que les acteurs mis en catégorie politique sur le PAF ne veulent pas partir, et veulent continuer leur conneries.

Donc oui, pour faire une révolution, faut commencer par dissoudre le pouvoir, exiger les arrêts des chemtrails au-dessus de nos têtes, dissolution totale de tout politicard, à une ou deux rares exceptions près, suppression des taxes, réimpression de notre monnaie ( le franc ) et tout ce qui s'en suit.

Allez on va garder une petite coutume américaine , le goudron et les plumes !

Nouveau commentaire :

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires