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Uri Avnery, le 'camp de la paix' israélien, la solution à Un Etat, le boycott et l'apartheid


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La dernière production d'Uri Avnery, intitulée "Le lit de Sodome", est une critique très contestable des stratégies envisagées par les militants pro-palestiniens européens pour faire pression sur Israël et son analyse tend plus à protéger l'Etat sioniste qu'à soutenir la juste lutte de libération du peuple palestinien.
Son article a déjà fait couler beaucoup d'encre sur les blogs et sur les listes de diffusion et nous vous proposons ici quelques extraits sélectionnés des réactions qu'il provoque.

Par ISM-France


ism
Jeudi 26 Avril 2007

"Au sujet du "Lit de Sodome", par Uri Avnery"
auteur : Anis Online

Au sujet du boycott contre Israël, Avnery écrit : "Dans tous les cas, un tel boycott est tout à fait impossible. Ici et là, une organisation peut déclarer le boycott, de petits cercles d'amoureux de la justice peuvent le mettre en pratique, mais il n'y a aucune chance que naisse, dans les prochaines décennies, un mouvement de boycott mondial comme celui qui a brisé le régime raciste d'Afrique du Sud. Le régime était dirigé par des admirateurs déclarés des nazis.

Un boycott de "l'Etat Juif", qui est identifié aux victimes du nazisme, ne marchera tout simplement pas. Il suffira de rappeler aux gens que la longue route vers les chambres à gaz a commencé avec le slogan nazi de 1933 -N'achetez rien aux Juifs-
"

Ce que dit Avnery, en fait, c'est qu'Israël se situe au-delà des lois et qu'il n'y a rien à faire contre ça pour cause de philo-sémitisme. Il aurait pu tout aussi bien dire : ne luttez pas contre l'injustice, vous allez faire empirer les choses. Vous pouvez lutter mais là où cela ne fait pas mal…

Tous les arguments de l'article d'Avnery montrent qu'Israël – et pas seulement les colonies – mérite le boycott plus que tout autre chose. Une grande partie du monde est dégoûtée par la terreur de l'Etat à la gâchette facile et la façon de penser hégémonique qui prévaut dans l'Etat complètement raciste d'Israël et qui produit inévitablement résistance et aussi terrorisme.

La crainte qu'un boycott ne rapproche les Israéliens de la droite est assez amusante, comme si les assassinats ciblés, le mur, les nouveaux colons, la guerre au Liban et et et et avaient eu besoin du boycott pour arriver. Alors, quelle utilité aura une politique d'apaisement et de laisser-faire ?

La solution à deux Etats dont parle Uri ne changera rien. A part le fait qu'Israël n'appliquera pas la solution à deux Etats, comme il ne soutiendra pas une solution à Un Etat, et aussi à part le fait qu'il ne peut même pas y avoir un Etat en Bantoustine-Palestine capable de survivre, tout continuera à l'intérieur d'Israël pour sa population de 20% de non-Juifs, aussi longtemps que les gens accepteront cette sorte de racisme dur comme partie intégrante de la culture juive. Bon, ce n'est pas ça. C'est contraire aux lois, c'est inhumain et c'est affreux. Alors, au lieu de focaliser en permanence sur les Juifs, centrons-nous sur la légalité"


Voir le texte d'Uri Avnery, "Le lit de Sodome" publié le 24 avril sur le site de l'AFPS.


Témoignage de David Paenson, de Francfort
davepolit@yahoo.de

"Chers amis,

Avnery dit souvent des choses justes, c'est pourquoi qu'en tant que témoin, il est utile. Mais, au plus profond de lui-même, il est sioniste, et c'est là qu'est le problème.

Il y a quelques temps, il a été invité, avec une Palestinienne, à une réunion, ici à Francfort, dans l'immeuble des Syndicats ; au moins 100 personnes étaient présentes.

Deux choses ont vraiment attiré mon attention.

D'abord la façon dont il passait de temps en temps son bras autour des épaules de la camarade palestinienne, comme quoi il la protégeait de quelque manière magique. Le geste était plus condescendant qu'amical.

Ensuite, il a déclaré que la "tragédie" de la Palestine dans les années 30 venait du fait qu'il y avait deux mouvements de libération sur un tout petit bout de terre, un mouvement de libération palestinien et un mouvement de libération juif.

Lorsque j'ai pu m'emparer du micro, j'ai dit qu'historiquement, c'était voir tout à l'envers. Le mouvement sioniste faisait partie du système impérialiste britannique qui a écrasé le mouvement de libération palestinien en 1936 et après, et non un mouvement de libération concurrent. J'ai dit ensuite qu'il n'y avait qu'une solution : "Un homme-Une voix" comme en Afrique du Sud, un Etat démocratique et laïque pour tous les individus vivant sur la totalité de la Palestine.

Là, Avnery s'est vraiment emporté. Il est devenu écarlate et s'est mis à crier que les Juifs et les Arabes seraient incapables de vivre ensemble dans un seul Etat pour au moins les 200 prochaines années.

Au fond, Avnery est raciste.

Amira Hass n'est pas beaucoup mieux. Elle est venue elle aussi à Francfort et je lui ai servi de traducteur au cours d'une réunion dans une église où pas mal de gens étaient présents. A un moment, elle a déclaré : "Nous n'avons pas à avoir peur des Palestiniens, avec toute la puissance militaire dont nous disposons." Par le "nous", elle parlait à l'évidence des Israéliens. Ainsi pour elle aussi, il y a un fossé infranchissable entre les Juifs et les Palestiniens, même si elle vit à Gaza parmi des amis palestiniens.

Le boycott de l'Etat sioniste est la bonne démarche. Ici en Allemagne, il y a un énorme travail à faire à l'intérieur du mouvement de la paix pour lui faire abandonner sa position de solidarité inconditionnelle avec Israël et sa tendance rampante à l'islamophobie.

Au sujet d'Un homme-Une voix, Olmert lui-même a dit il y a quelques années :

"Nous ne bénéficions pas d'un temps illimité. De plus en plus de Palestiniens ne sont pas intéressés par une solution à Deux Etats négociée, parce qu'ils veulent modifier l'essence du conflit, d'un paradigme algérien à un paradigme sud-africain. D'une lutte contre "l'occupation", selon eux, à une lutte pour "Un homme-Une voix". C'est évidemment une lutte plus nette, une lutte beaucoup plus populaire – et en définitive beaucoup plus puissante. Pour nous, cela signifierait la fin de l'Etat juif."

Lire le texte complet "Maximum Jews, minimum Palestinians", par David Landau (Ha'aretz, 15 novembre 2003), en anglais.

Pour la première fois, j'ai eu la grande chance de participer à la 5ème Conférence du Caire de 2007, un peu avant Pâques. Ce fut une expérience formidable, avec 1.500 participants, des frères musulmans aux côtés de socialistes internationalistes, des représentants de travailleurs et paysans en lutte aux côtés de représentants du mouvement anti-guerre d'Angleterre, Corée du Sud, Canada et beaucoup d'autres pays.

C'est dans une grande ville comme Le Caire et autres centres industriels, avec leurs millions de travailleurs, que se trouve la solution à la question palestinienne. Ils ont le potentiel pour se débarrasser de Mubarak ou autres dictateurs et montrent une voie pour l'humanité, les Arabes comme les Juifs.

Dans ce cas-là, les Juifs vivant en Palestine trouveront de moins en moins attractif de défendre leur Etat sioniste et, sous la pression extérieure, finiront par se rallier à l'autre bord, c'est-à-dire le nôtre et redécouvriront finalement quelques-unes des belles traditions internationalistes de Juifs comme Karl Marx, Rosa Luxembourg, Léon Trotski et tellement d'autres.

David Paenson, Francfort, Allemagne.

Pour rappel, lire la très intéressante analyse :

"Une réponse à Uri Avnery - Menés en bateau par la Gauche israélienne", par Steven FRIEDMAN et Virginia TILLEY.

paru dans Electronic Intifada le 26 janvier 2007 (en anglais). Source : ISM France


Mercredi 25 Avril 2007

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