Géopolitique et stratégie

"Unis ou dominés" Les stratégies de l’empire en Amérique latine


En dépit des fortes et importantes actions adoptées et des durs discours émis par les Nations Unies, l’Organisation des États Américains, les pays de la région en bloc ou individuellement face au coup d’Etat au Honduras, la stratégie des USA est en train de démontrer une haute efficacité après des années au cours desquelles ils paraissaient avoir perdu la capacité de manœuvre dans les décisions politiques sur le continent.

AUTEUR: Eduardo PAZ RADA
Traduit par Gérard Jugant. Édité par Fausto Giudice


Eduardo PAZ RADA
Dimanche 23 Août 2009

"Unis ou dominés"  Les stratégies de l’empire en Amérique latine

Non seulement parce que le président hondurien Manuel Zelaya lui-même, a mis entre les mains du gouvernement de Barack Obama les décisions déterminantes à prendre pour surmonter la crise, mais parce que les actions adoptées au niveau régional n’ont pu, jusqu’à présent, faire fléchir l’oligarchie hondurienne et les secteurs “durs” des Forces Armées. Il s’agit d’un clair signal que les luttes de libération nationale des peuples ne sont, ni ne seront simples et faciles étant donné que les structures de pouvoir économique et politique, sont en train de se recomposer à l’échelle nationale et internationale.

On ne peut qu’être frappé par la position tiède adoptée par le gouvernement du Brésil, qui a pour président Lula Da Silva, un ex-métallo, qui n’a pas assumé une posture claire alors qu’il représente la puissance la plus importante d’Amérique du Sud, et a la capacité ainsi de peser sur les processus politiques et économiques régionaux.

De cette façon il paraît démontrer qu’il développe une stratégie propre et différente de celle de l’Alternative Bolivarienne des Amériques (ALBA), conduite principalement par le président vénézuélien Hugo Chávez, et qu’il cherche à générer ses propres sources d’influence et d’équilibre avec les USA. Il ne paraît donc pas fortuit, par conséquent, que le président des USA ait qualifié Lula “comme son homme” lors du Sommet des Amériques qui s’est tenu à Trinidad-et-Tobago.

Dans ce contexte, c’est la puissance usaméricaine qui se présente de nouveau avec toute son énergie et son poids sur le continent. La base militaire qu’elle détient au Honduras, transformée en sa plate-forme stratégique durant les années de la guerre civile centraméricaine des années 70 et 80, ne peut pas être affaiblie, et plus encore, l’extension des bases militaires en Colombie, annoncée récemment, pointe clairement les intentions de reprendre l’initiative politique, militaire et diplomatique au niveau régional et mondial. L’importance des ressources naturelles stratégiques de la région, de l’Amazonie, de l’aquifère guarani, font partie de la géopolitique mondiale de l’empire.

Dans la conjoncture actuelle, ses meilleurs alliés dans la région sont les gouvernements du Mexique, de Colombie et du Pérou, et dans une moindre mesure ceux du Chili et du Costa Rica.

Ses objectifs ne sont autres que de démanteler les efforts d’intégration qui ont commencé à se tisser à travers l’Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR) et ses mécanismes de coordination économique, militaire, politique et diplomatique, du MERCOSUR et de l’ALBA, cette dernière étant la position la plus radicale et anti-impérialiste partagée par les gouvernements de Caracas, La Paz, Quito et La Havane, principalement.

Les élections parlementaires en Argentine qui ont affaibli le gouvernement de Cristina Fernandez de Kirchner, la politique d’autonomies départementales et indigènes du gouvernement d’Evo Morales et les prochaines élections au Brésil et au Chili vont être le thermomètre le plus clair des tendances qui s’ouvrent et des conflits potentiels de la prochaine décennie. La “démocratie” libérale et ses vicissitudes seront à l’épreuve pour prévenir le cours politique de Notre Amérique.

Alors que le front de l’intégration et de l’unité latino-américaine ne cesse de se consolider, la stratégie de l’impérialisme usaméricain a commencé à opérer ; avec toutes ses ressources et instruments, pour tenter de marquer un nouveau siècle de domination en Amérique latine. Le slogan “Unis ou dominés” conserve sa validité. Parions sur la libération nationale, sur l’unité et le socialisme latino-américains et sur la Patria Grande.




Source : Bolpress - Las estrategias del imperio en América Latina

Article original publié le 20/8/2009

Sur l’auteur

Gérard Jugant et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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Dimanche 23 Août 2009


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