Politique Nationale/Internationale

Union pour la Méditerrannée : présidents syrien et israélien à la même table le 13 juillet



Mercredi 18 Juin 2008

Le président syrien Bachar al-Assad assistera, "à la même table" que les Israéliens, au sommet du 13 juillet à Paris sur l’Union pour la Méditerranée (UPM), a assuré mardi le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner en évoquant l’hypothèse d’une rencontre directe. "Le président syrien sera là à côté, à la même table, que le président israélien", a dit M. Kouchner devant les députés français.

Selon une source diplomatique française, M. Kouchner faisait en fait référence au Premier ministre israélien Ehud Olmert, et non au président, Shimon Peres.

La Syrie n’a pas officiellement confirmé jusqu’à présent la venue de M. Assad à Paris. Cette annonce de M. Kouchner intervient alors qu’Israël et la Syrie ont achevé lundi une deuxième série de discussions indirectes sous les auspices de la Turquie, qualifiées de "positives" par des responsables israéliens et turcs.

"Tous les pays ont été invités, tous les chefs d’Etats", a dit M. Kouchner à propos du sommet de lancement de l’UPM qui concerne 43 pays européens et riverains de la Méditerranée. "Le colonel Kadhafi n’a pas exprimé son besoin de venir et il a même pour l’heure refusé", a poursuivi le ministre français lors d’une séance de questions à l’Assemblée.

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait vivement exprimé la semaine dernière, lors d’un mini-sommet arabe à Tripoli, son refus d’une Union pour la Méditerranée, estimant qu’elle porterait atteinte à l’unité arabe et africaine.

"Les autres seront là", a assuré M. Kouchner, en poursuivant : "le président syrien sera là ce jour. Nous souhaitons bien sûr que les gens se parlent". "Ils sont pour le moment parfois hostiles les uns avec les autres, mais la période est bonne parce qu’on vient d’élire -et ce fut possible grâce aux Syriens en particulier- un président libanais, on vient d’annoncer les pourparlers entre les Israéliens et les Syriens", a déclaré M. Kouchner. "Nous nous réjouissons que les Syriens parlent aux Israéliens. Ce jour là (le 13 juillet) il sera possible de le faire s’ils le souhaitent", a-t-il poursuivi.

M. Kouchner a précisé qu’il recevrait son homologue syrien Walid Mouallem le 4 juillet "pour préparer cela". Les dirigeants conviés au sommet de l’UPM ont été aussi invités à assister aux cérémonies de la Fête nationale du 14-Juillet se déroulant le lendemain à Paris. La présence éventuelle de M. Assad à ces festivités a suscité des critiques de l’opposition de gauche en France et de la majorité anti-syrienne au Liban.

Israéliens et Syriens poursuivront leurs pourparlers indirects en juillet

Israël et la Syrie ont quitté lundi soir "extrêmement satisfaites" leur deuxième série de discussions indirectes sous les auspices de la Turquie et deux nouvelles réunions auront lieu en juillet, a indiqué mardi le ministre turc des Affaires étrangères Ali Babacan.

"La chose la plus importante, c’est que nous avons fixé les dates des deux prochaines réunions, au mois de juillet, et les deux parties en présence ont quitté ces négociations extrêmement satisfaites de leur tournure", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Luxembourg, après une réunion avec des responsables européens. "Nous avons abordé des détails assez compliqués", a-t-il ajouté, sans préciser que quoi il parlait. Ne souhaitant pas "susciter de trop grands espoirs", il a souligné que ces discussions étaient "difficiles à gérer", même si elles sont moins compliquées que les négociations israélo-palestiniennes.

La reprise du dialogue indirect entre la Syrie et Israël, après un gel de huit ans, avait été annoncée simultanément le 21 mai par Israël, la Syrie et la Turquie. La première série de pourparlers indirects avait eu lieu à la mi-mai.

Ces deux jours de discussions en Turquie, menées par deux conseillers du Premier ministre israélien Ehud Olmert, Shalom Turjeman et Yoram Turbowitz, ont surtout porté sur des questions de procédure, a indiqué à l’AFP un haut responsable israélien qui a requis l’anonymat. "Les discussions se sont tenues dans une atmosphère positive et constructive. Les deux parties ont réitéré leur engagement à faire des progrès dans ces discussions et à se retrouver régulièrement", a-t-il souligné.

Le président israélien Shimon Peres a appelé dimanche publiquement la Syrie à engager des négociations directes avec Israël en prenant exemple sur l’ancien président égyptien Anouar al-Sadate qui avait effectué en novembre 1977 une visite historique en Israël.

L’Egypte a été le premier pays arabe à signer un traité de paix avec Israël en 1979. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a, quant à lui, averti dimanche que la "route pour parvenir à un accord reste longue". "La poursuite des négociations avec la Syrie s’impose, mais cela ne veut pas dire qu’Israël est prêt à renoncer à tout", a souligné le chef du gouvernement en allusion au plateau du Golan, conquis en juin 1967 et annexé en 1981, dont la Syrie réclame la restitution intégrale en échange d’un accord de paix.

Selon le quotidien israélien Haaretz, les envoyés israéliens ont assuré leurs interlocuteurs que la crise politique en Israël liée aux soupçons de corruption qui pèsent sur M. Olmert, n’aurait pas d’incidence sur les pourparlers.

La dernière série de négociations israélo-syriennes (1999-2000), organisée aux Etats-Unis, avait achoppé sur la question du Golan. Israël et la Syrie sont formellement en état de guerre depuis 1948 mais ont signé des accords d’armistice ou de cessez-le-feu.

http://www.aloufok.net http://www.aloufok.net



Mercredi 18 Juin 2008

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires