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Au mois de mai dernier, Ariel Sharon et Benyamin Netanyahu, qui était alors encore son ministre des Finances, ont offert 17,5 hectares de terres au bord du Lac de Tibériade (ou Lac de Galilée, appelée par les Israéliens Kinneret) à un groupe de pontes du complexe évangélique international. Les églises évangéliques US, australiennes et autres sont de véritables entreprises multinationales qui allient la prédication et les affaires, bien sûr avant tout les télévisions mais aussi l'immobilier.


Lundi 10 Octobre 2005

Le Koweït envisagerait de lever le boycott d'Israël


Dans le cadre des négociations pour un accord de libre-échange avec le Koweït, les USA exigent, pour que cet accord soit signé, que le Koweït lève son boycott contre Israêl et l'interdiction, en vigueur dans l'émirat de faire du commerce avec des entreprises israéliennes. Selon le quotidien israélien Ha'aretz, le gouvernement koweïtien serait sur le point de lever ce boycott. Il en veut pour preuve l'appel en faveur de cette levée publié par Yousef Nasser Suweidan, dans le quotidien officiel Al Seyassah. Argument de l'auteur : le désengagement de Gaza devrait amener un geste positif des pays arabes, en vue d'une réconciliation dans la région.
Le mois dernier, dans son discours à l'Assemblée générale des Nations unies, Silvan Shalom, le ministre israélien des Affaires étrangères, avait déclaré qu'il avait rencontré dix collègues de pays arabes et musulmans. Le Koweït aurait pu être du lot.
Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, a eu des mots durs, la semaine dernière, dans le journal arabe de Londres Asharq Al Awsat, : «La politique israélienne ne mérite pas un geste arabe. je n'encourage pas ces contacts, je ne les accepte pas et je ne ls comprends pas. »
L'opposition à une normalisation des relations avec Israël semble forte au Koweït. Le New York Times a interrogé Mansour Uzam, secrétaire général adjoint du parti islamique Oummah et Mohamed Al Saqer, président du comité parlementaire aux Affaires étrangères, qui ont tous deux exprimé leur vive opposition à une telle normalisation.



175 000 mètres carrés de Terre promise pour les évangélistes

la prochaine vague d'aliyah ne sera pas juive, mais évangélique

par Ayman El Hakim*, 9 octobre 2005


Au mois de mai dernier, Ariel Sharon et Benyamin Netanyahu, qui était alors encore son ministre des Finances, ont offert 17,5 hectares de terres au bord du Lac de Tibériade (ou Lac de Galilée, appelée par les Israéliens Kinneret) à un groupe de pontes du complexe évangélique international. Les églises évangéliques US, australiennes et autres sont de véritables entreprises multinationales qui allient la prédication et les affaires, bien sûr avant tout les télévisions mais aussi l'immobilier.
En offrant ce terrain, Sharon a souhaité que ses partenaires y construisent un grand centre de conférences avec complexe résidentiel, pour attirer des centaines de milliers de touristes, et pourquoi pas, d'immigrants évangéliques. Selon les calculs démographiques des dirigeants sionistes, Israël aura besoin d'un million de nouveaux immigrants d'ici 2014. Et comme les juifs sont de moins en moins disposés à émigrer vers la Palestine, il faut bien trouver d'autres candidats. Les évangéliques sembleraient tout indiqués. Il y a bien sûr un problème : le but des évangéliques est de convertir les non-chrétiens afin de les sauver des flammes de l'Armageddon au moment du "grand ravissement". Accepteraient-ils d'émigrer en Palestine en renonçant à leur mission d'évangélisation ? Les dirigeants sionistes sont sans doute prêts à des compromis pour obtenir du "matériel humain" frais. Après tout, les fondateurs de l'État d'Israël, qui étaient athées et laïcs, ont bien fait des compromis avec les juifs religieux, pour obtenir leur appui, d'abord passif puis actif...


Voyons un peu qui assistait à la rencontre au cours de laquelle Sharon a fait son cadeau. Il y avait là :

Sunday Adelaja, un pasteur nigérian de 33 ans qui a créé en Ukraine une église dénommée L'Ambassade du Royaume béni de toutes les nations, qui a fait 23 000 adeptes en dix ans. L'Ambassade compte déjà 300 églises en Ukraine, Russie, Biélorussie, Moldavie, Géorgie, aux USA, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Inde, dans les Émirats arabes unis et en Israël. Adelaja organise des nuits de prière avec plus de 1 000 participants du vendredi à 23 heures jusqu'au samedi à 6 heures du matin. Il était arrivé en URSS en 1989 comme étudiant boursier du Nigeria. Dieu lui est apparu et lui ordonné d'édifier une "mega-church". Il s'est donc mis au travail et a créé l'Ambassade en 1994. Pour attirer les gens, il a, avec l'aide d'un banquier qui lui fournissait 10 000 $ par mois, commencé à distribuer des repas chauds aux nécessiteux. Celui qui a été le premier télé-évangéliste en Ukraine dispose maintenant d'une chaîne satellitaire qui touche 8 millions de personnes par semaine.



Brian et Bobbie Houston, un couple de pasteurs de l'Église de Hillsong, à Sydney en Australie. Leur congrégation regroupe 18 000 fidèles et ils gèrent, outre deux églises, un programme télévisé hebdomadaire diffusé dans 180 pays, une entreprise musicale, une fondation, un réseau, une conférence et un collège de "leadership international". Bref, il ne leur manque qu'un club de gym et de fitness !








Le Révérend Luis A. Cortes Junior, sacré en janvier 2005 "l'un des 25 évangélistes les plus influents des USA" par le magazine Time. Ce prêcheur latino, qui a grandi dans le Spanish Harlem de New York, a commencé sa carrière dans le nord de Philadelphie, où il a créé en 1987 le projet Nueva Esperanza. Il est aujourd'hui à la tête du groupe Esperanza USA, la plus grosse entreprise religieuse de développement communautaire, avec 10 000 agences dans tout le pays. L'entreprise est surtout active dans l'immobilier, mais aussi dans le développement social. Cortes a eu l'insigne honneur de faire un petit prêche lors de la "prière nationale" au lendemain de la deuxième prestation de serment de George Bush.




Ted Haggard, le pasteur de la New Life Church (Église de la Vie nouvelle) qu'il a fondé en 1985 à Colorado Springs, Colorado. Elle compte aujourd'hui 11 000 membres et est la plus grande église du Colorado. Actuellement, les travaux sont en cours pour la construction d'un temple de 8 000 places. Il est président de l'Association nationale des évangéliques, du Centre mondial de la prière et de l'Équipe mondiale de prière. Membre actif du centre pour le dialogue judéo-chrétien, il a fondé et dirige aussi le Christian Information network (CIN). Ce réseau de communication est spécialisé dans une activité pour le moins curieuse : mobiliser des chrétiens pour qu'ils prient pour la "fenêtre 10/40", c'est-à-dire la partie du monde, définie en longitude et latitude, où vivent le plus grand nombre de non-chrétiens, afin qu'ils entendent la parole divine et se convertissent. Il a commencé sa carrière aux Missions mondiales pour Jésus, une organisation missionnaire allemande active dans les pays socialistes à l'époque de la guerre froide. Très lié à l'administration Bush, Taggard a déclaré au Financial Times que si les conditions étaient réunies, un million d'évangéliques pourraient visiter Israël chaque année. L'année dernière, selon le ministère israélien du tourisme, 400 000 touristes chrétiens ont visité Israël et y ont dépensé 1,4 milliard de $.


Participaient aussi à la rencontre avec Sharon deux poids lourds du lobby évangélique, Paul Crouch et Jay Sekulow.


Paul Crouch est le Citizen Kane du télé-évangélisme. Il a fondé en 1973 TBN, le Trinity Broadcasting Network, qui acheta en 1974 la station KLXA-TV et est aujourd'hui le groupe qui possède le plus stations de télévision au monde. Crouch est un milliardaire influent. Lorsque Katrina a dévasté la Louisiane, TBN a offert 100 000 $, 10 000 bibles, 85 000 poupées et jouets aux rescapés et a offert un hélicoptère Bell JetRanger baptisé "Ailes de l'amour".






Jay Alan Sekulow est le patron du Centre américain pour la loi et la justice (ACLJ), lié au télé-évangéliste Pat Robertson. C'est à la fois un cabinet d'avocats et une organisation de propagande, spécialisée dans la défense de la "liberté religieuse" et qui fait office de conseil pour les procureurs fédéraux chargés d'affaires d'obscénité. Sekulow a aussi été sacré "l'un des 25 évangélistes les plus influents" en janvier 2005 par Time, qui a qualifié l'ACLJ de "puissant contrepoids" à l'American Civil liberties Union, la vieille organisation libérale de défense des droits civiques. Sekulow anime une émission radiophonique quotidienne, Jay Sekulow Live!, diffusée par 550 stations radio et une émission télévisée hebdomadaire, ACLJ This Week, diffusé par plusieurs réseaux dont TBN.






Le chroniqueur Bill Berkowitz , qui a publié l'information sur la rencontre de mai 2005 entre Sharon, Netanyahu et les pontes évangéliques, est un spécialiste des mouvements conservateurs aux USA.

Il a interrogé le rabbin Shmuley Boteach sur l'éventualité que des évangéliques émigrent en Israël. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il faut dire que le Rabbin Boteach est un sacré personnage. Cet ancien membre du mouvement Loubavitch est un rabbin super-médiatique, auteur de 15 best-sellers dont "Le sexe casher" et "L'adultère casher", qui passe son temps sur des plateaux de télévision et dans des studios de radio. Ancien "conseiller spirituel" de Michael Jackson, il a mené campagne contre le film de Mel Gibson, La Passion du Christ. Il a été rabbin de l'Université d'Oxford pendant onze ans et il y a fondé la L'Chaim Society. Il vit dans le New Jersey avec Debbie, sa femme australienne, et leur sept enfants. Répondant à Berkowitz, Boteach déclare :
« Bien que je connaisse pas les détails de l'offre faite par le gouvernement israélien, j'ai longtemps été partisan de ce que le gouvernement israélien encourage un nombre important de chrétiens évangéliques à s'installer en Israël et à faire de la Terre sainte leur résidence permanente. Même si Israël doit conserver une confortable majorité juive, les chrétiens évangéliques devraient être bienvenus en Israël, tant qu'ils respectent l'intégrité de la foi juive en évitant de faire des prosélytes dans la population juive. » Inquiet pour la sécurité "et le bien-être de l'État d'Israël", le rabbin Boteach dit : « Il n'y a de meilleur moyen de le démontrer que d'avoir quelques centaines de milliers d'évangéliques qui font d'Israël leur pays et servent dans l'armée israélienne pour sauver l'unique démocratie du Moyen-Orient des mains de tous ces Arabes qui ont combattu pour sa destruction. »
Peut-on s'attendre à une émigration de masse de chrétiens évangéliques vers Israël dans les années qui viennent ? Gershom Gorenberg, rédacteur en chef de The Jerusalem Report, n'y croit pas car il voit mal les évangéliques renoncer à leur mission, qui est de convertir des "infidèles" à leur croyance.
Le socle des croyances des évangéliques est que le monde ne pourra être réformé avant la "seconde venue" du Christ, qui sera suivie par 1 000 ans de règne du Christ des chrétiens. Puis adviendra le "Grand Ravissement" (Rapture) au cours duquel ne seront sauvés que les chrétiens, morts et vivants, qui monteront au ciel à la suite du Christ. On se dispute parmi les diverses tendances évangéliques pour savoir si ce "ravissement", ou transport, surviendra avant, pendant ou après une période de souffrances appelée la "tribulation". C'est à cause de cela que les évangéliques se donnent pour mission d'évangéliser un maximum de gens, pour qu'ils soient sauvés de la grande catastrophe, l'Armageddon, et puissent monter au ciel.
Le rapprochement entre les milieux dirigeants sionistes et les milieux dirigeants évangéliques a commencé il y a une vingtaine d'années. En 1988, lors de la Convention nationale des personnalités religieuses de radio et de télévision [National Religious Broadcasters Convention], des responsables du gouvernement et de l'armée israélienne organisèrent un briefing privé avec les télé-évangélistes, pour éclaircir les relations entre les évangéliques et Israël et pour "contrecarrer les distorsions médiatiques".
En 1998, Netanyahu, alors Premier ministre, s'adressa à plus de 3 000 personnes rassemblées à Washington à l'appel de Voix unies pour Israël (Voices United for Israel). Il n' y avait là pratiquement que des évangéliques et parmi eux, Ralph Reed, alors directeur exécutif de la Coalition chrétienne de Pat Robertson, qui a été l'artisane principale des victoires électorales de George Bush. Reed, qui fait actuellement campagne pour devenir vice-gouverneur de Géorgie, s'est joint au rabbin Yechiel Eckstein, président de l'Amitié internationale judéo-chrétienne (International Fellowship of Christians and Jews) pour lancer le groupe Stand for Israel (Debout pour Israël). Leur but est de concurrencer la principale organisation du lobby sioniste US, l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), ébranlée par les récentes affaires d'espionnage (affaire Larry Franklin notamment). Un autre groupe est candidat à la succession de l'AIPAC : il s'agit de l'Alliance américaine des Juifs et Chrétiens (American Alliance of Jews and Christians), lancée par le tandem Gary Bauer-Daniel Lapin. Bauer, ancien chef du Conseil de recherche familiale (Family Research Council), dirige aujourd'hui le groupe Valeurs américaines (American Values). Le rabbin Daniel Lapin dirige l'organisation conservatrice juive Vers la tradition (Toward Tradition).
Tout ce beau monde nous réserve bien des surprises.
Source : Evangelicals Get a Piece of the Promised Land, by Bill Berkowitz, Oct. 3, 2005, on http://ipsnews.net/new_nota.asp?idnews=30511


* L'auteur est un cyber-journaliste indépendant. Cet article est en Copyleft. Il peut être donc librement reproduit, à condition d'indiquer la source originale : http://quibla.net



Samedi 15 Octobre 2005


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