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Samedi 04 Juillet 2009
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Une question d’intégritéDans la même rubrique:
Lundi 18 Août 2008
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par Doug Rokke, Ph.D., Etats-Unis
«Partez pour le front», ces mots résonnaient dans ma tête et me rappelaient les expériences faites au Vietnam lorsque, après avoir répondu à l’appel du lieutenant-colonel pour lequel je travaillais en novembre 1990 dans les troupes de réserve, je me rassis dans mon laboratoire de recherches en physique de l’Université de l’Illinois. Je savais que cela arriverait après l’invasion du Koweït par l’Irak en août 1990. Toutefois, j’ignorais quand je serais appelé. Le jour de Thanksgiving 1990, j’étais donc de nouveau sur le chemin de la guerre, comme en 1969. Aujourd’hui, je suis un officier retraité, inapte au service et affecté au service médical de la réserve. En tant qu’ancien infirmier engagé, je suis spécialisé en médecine nucléaire, opérations militaires nucléaires, biologiques et chimiques (NBC), renseignements et médecine d’urgence sur le terrain. Retard dans les soins médicaux prodigués aux blessésAujourd’hui, 17 ans après la fin de l’opération «Tempête du désert», des combats menés en 1994 et 1999 dans les Balkans et après une seconde guerre du Golfe qui n’en finit pas (opérations Liberté pour l’Irak et Liberté immuable), je déplore que le traitement médical de «toutes» les victimes, civiles et militaires, et la réparation de tous les dommages causés à l’environnement soient différés, refusés ou, dans de nombreux cas, inefficaces. Jusqu’en mai 2007, plus de 408 000 citoyens des Etats-Unis ont demandé des soins et une pension en raison de blessures et de maladies contractées au combat (www.va.gov «May 2007 GWVIS Report»). Les commandants étaient avertisDepuis 1991, les auteurs de nombreux rapports du ministère de la Défense ont constaté que les commandants médicaux et tactiques n’étaient pas conscients des risques que faisaient courir les armes de destruction massive (armes NBC) et n’ont jamais rien dit de leurs effets sanitaires et environnementaux négatifs. Or ils ont été avertis! Nous avons recommandé un traitement médical immédiat et à long terme. Nous avons décrit les risques possibles et leurs effets négatifs prévisibles sur la santé et l’environnement dans des communications écrites et lors de nos cours. Ces cours comprenaient le 3rd US Army Medical Command (MEDCOM) et le 3rd US Army Central Command (Arcent) Medical Management of Chemical and Biological Casualties Course (www.gulflink.osd.mil/) le NBC-E Defence Refresher Course, le Combat Livesaver Course et le Decontamination Procedures Course. De décembre 1990 à février 1991, nous avons enseigné plus de 1200 militaires affectés à différentes unités et à l’état-major de combat. J’ai expliqué les scénarios de menaces et décrit les problèmes posés par les armes NBC. De décembre 1990 au 25 février 1991, j’ai enseigné dans le cadre du cours sur les armes NBC, du cours de sauvetage lors de combats et du cours de décontamination. La plupart des commandants, le personnel médical et les personnes à affectation spéciale à tous les niveaux savaient donc à quoi il fallait s’attendre et comment il fallait réagir à toute éventualité. On continue d’utiliser des armes à l’uraniumBien que la Commission des droits de l’homme de l’ONU considère les munitions à l’uranium appauvri (UA) comme des armes illégales, elles continuent d’être utilisées, contaminent l’air, l’eau, le sol et la nourriture et détériorent la santé. La contamination par ces armes résultant d’opérations de l’armée des Etats-Unis a été confirmée en deux endroits d’Hawaï, après avoir tout d’abord été contestée (www.armytimes.com/news/2007/08/ap_hawai). Durant l’été de 1991, les forces armées américaines avaient rassemblé à Camp Doha, au Koweït notamment de l’artillerie, des chars, des véhicules de combat Bradley, des munitions conventionnelles et non conventionnelles et des camions. Suite à des négligences, ce dépôt d’armes a pris feu. Il en est résulté des explosions entraînant des morts, des blessures, des maladies et de vastes contaminations de l’environnement par l’UA, des explosifs classiques et des munitions non conventionnelles. Récemment, l’émirat du Koweït a exigé que le Pentagone élimine les contaminations. Par conséquent, plus de 6700 tonnes de sable et d’autres matières contaminées ont été rassemblées et convoyées aux Etats-Unis, où la firme American Ecology les a enfouies à Boise, dans l’Idaho. Risques dissimulés intentionnellement par le gouvernement des Etats-UnisQuand Bob Nichols, journaliste d’investigation et moi-même avons pris contact avec American Ecology, il s’est avéré que l’entreprise n’avait pas connaissance de la réglementation 700-48 (US Army PAM-700-48), du Bulletin technique 9-1300-278 de l’Armée ni des instructions médicales concernant l’uranium appauvri, la décontamination de l’environnement, la sécurité et les soins médicaux. L’entreprise n’avait jamais entendu parler non plus des directives relatives aux déchets mixtes et dangereux, tels les matières radioactives et les sous-produits d’explosifs classiques (cf. «Approaches for the Remediation of Federal Facility Sites Contaminated With Explosives or Radioactive Wastes», EPA/625/R-93/013, septembre 1993, élaborées par l’US Environmental Protection Agency EPA). Le transport par mer, le déchargement à Longview, dans le port de l’Etat de Washington, le transport par chemin de fer et l’enfouissement dans l’Idaho mettent non seulement en danger les habitants de ces régions, mais menacent gravement l’agriculture en introduisant des parasites, des microbes, etc., étrangers à notre pays. Environnement contaminéMalheureusement, les dangers bien connus que fait peser sur notre santé et notre environnement la contamination par les armes à l’uranium a déjà atteint nos zones résidentielles. L’EPA a inscrit sur sa Superfund National Priority List l’ancien site de production d’armes à l’uranium Starmet, à Concord, Massachusetts, parce qu’il constitue un grand risque pour la santé publique et l’environnement. Par conséquent, la commune dans laquelle notre nation est née le 18 avril 1775 est devenue le lieu dans lequel l’usine – désaffectée – de bombes sales des Etats-Unis constitue un danger pour la santé et la sécurité des descendants de nos premiers patriotes, les «Minutemen»*. Tonnes de déchets radioactifs «éliminés» dans d’autres paysEn fait, les militaires américains ont «éliminé» illégalement des tonnes de déchets radioactifs dans d’autres pays qui en ignoraient les conséquences. Le principal manuel d’entraînement de l’armée des Etats-Unis STP 21-1-SMCT: Soldiers Manual of Common Tasks précise: «La pollution par l’uranium appauvri rend inutilisables la nourriture et l’eau.» [Numéro de tâche: 031-503-1017 «Respond to depleted uranium/low level radioactive materials (Dullram) hazards»]. Cette confirmation montre que les munitions à l’uranium ne devraient jamais être utilisées, parce que l’empoisonnement de la nourriture et de l’eau affecte à jamais tous les hommes. Le problème, c’est que la nourriture et l’eau contaminées ne peuvent plus jamais être consommées. Confirmation de la toxicité radioactive et chimique de l’UA par l’armée américaineDes chefs de l’armée ont aussi confirmé la toxicité des munitions à l’UA. Dans un mémorandum du 1er décembre 1992, le Secrétaire adjoint à la Défense Walker, mandaté par le Sénat, a demandé au directeur de l’US Army Environmental Policy Institute (AEPI), de rechercher comment réduire la toxicité de l’UA. Celui-ci a affirmé dans son rapport final «qu’aucune technologie disponible ne pouvait réduire de manière significative la toxicité chimique et radiologique de l’UA. Telles sont les caractéristiques intrinsèques de l’uranium.» (AEPI Executive Summary, juin 1995). Des instructions internes du ministère de la Défense données par le colonel J. Edgar Wakayama confirment les graves effets sanitaires et environnementaux de l’uranium appauvri (www.traprockpeace.org/du_dtic_wakayama_Aug2002.html). Ces constatations viennent à l’appui des déclarations de la Commission des droits de l’homme de l’ONU selon laquelle l’utilisation des munitions à l’UA est illégale. (www.traprockpeace.org/karen_parker_du_illegality.pdf) Les demandes du projet américain relatif à l’UALes inquiétudes continuelles relatives aux effets nocifs bien connus de l’UA sur la santé et l’environnement, l’insuffisance confirmée de la préparation des militaires et les résultats de l’étude de l’AEPI, tout cela a conduit à mettre sur pied l’US Army Depleted Uranium Project. En réaction aux questions du Congrès et sur ordre du Secrétaire adjoint à la Défense, j’ai été rappelé au service actif le 1er août 1994 comme chef dudit projet, afin de: Non application des directives du PentagoneDepuis 1991, de nombreuses directives des ministères de la Défense (www.spidersmill.com/gwvrl/) et des Anciens Combattants exigent, sur la base des instructions antérieures et, ultérieurement, sur celle des résultats et recommandations de l’étude AEPI et du projet UA, un traitement médical et une décontamination de l’environnement. Toutefois – et bien que les responsables desdits ministères et ceux des Nations Unies aient su ce qu’il fallait faire – les observations, les preuves photographiques et les vidéos, les mesures radiologiques effectuées sur place, l’expérience personnelle et les rapports publiés démontrent que: Les responsables du Pentagone dissimulent les listes de matériels contaminésLes responsables du Pentagone ne montrent pas aux militaires les vidéos d’entraînement sur l’UA demandées par le Congrès. Ces trois vidéos – 1. Depleted Uranium Hazard Awareness, 2. Contaminated and Damaged Equipment Management et 3. Operation of the AN/PDR 77 Radiac Set – sont essentielles pour comprendre les risques que représentent l’utilisation des armes à l’UA et les procédures de décontamination. Les responsables du Pentagone doivent montrer ces vidéos à tous les militaires qui utilisent ces armes ou sont chargés de la décontamination du matériel. L’utilisation passée et actuelle des armes à l’UA, les radiations émises par des composants de matériels militaires américains ou étrangers qui ont été détruits et celles provenant des matériaux radioactifs des installations industrielles, médicales et de recherches ont exposé des quantités de personnes à des radiations inacceptables. Par conséquent, la décontamination doit être réalisée comme le demande l’AR 700-48 et devrait inclure tout le matériel utilisé lors d’opérations militaires. Les citoyens du monde entier doivent élever la voixNous ne pouvons pas continuer à ne tenir aucun compte des effets nocifs sur la santé et l’environnement de l’usage des armes à l’UA. Aucune personne ni aucun Etat n’a le droit de disperser des tonnes de déchets radioactifs toxiques dans l’environnement de son propre pays ou de pays étrangers. Il y a une question à laquelle les responsables américains, britanniques et australiens refusent de répondre: Quel droit ont-ils de répandre délibérément des substances radioactives dans tel ou tel pays et de refuser ensuite de procéder à la décontamination et d’apporter des soins médicaux à toutes les personnes qui ont été exposées aux radiations? La guerre est obsolèteAujourd’hui, nous devons considérer la guerre comme obsolète car nous ne savons pas résoudre les problèmes posés par les effets nocifs sur la santé et l’environnement dus à l’utilisation d’armes qui détruisent les infrastructures d’un pays et répandent des poisons qui affectent militaires et civils. Le coût humain de la guerre est stupéfiant. Selon le VA GWVIS Report de mai 2007, au moins 407 911 anciens combattants des deux guerres du Golfe, du conflit des Balkans et de celui d’Afghanistan qui ont été blessés ou sont tombés malades doivent se battre pour bénéficier des soins médicaux qu’ils méritent pour avoir servi leur pays. Le plus récent rapport du ministère américain des Anciens Combattants intitulé «Analysis of VA Health Care Utilization Among US Global War on Terrorism (GWOT) Veterans; Operation Enduring Freedom, Operation Iraqi Freedom; VHA Office of Public Health and Environmental Hazards de janvier 2008» révèle que plus de 299 000 anciens combattants américains ont de graves problèmes de santé liés à l’exposition aux radiations qui correspondent aux problèmes de santé diagnostiqués chez les vétérans de l’opération «Tempête du désert» (1991). Malheureusement les soins médicaux sont encore inefficaces pour les deux groupes. Les problèmes de santé diagnostiqués sont le résultat d’actions ou d’absence d’actions des Etats-Unis. Ainsi, on fait état de graves problèmes neurologiques. Ils sont probablement dus à l’exposition aux pesticides – les soldats portent des colliers anti-puces – et à la toxicité de l’UA. Mais on ne veut rien savoir de ces deux types d’exposition ainsi que d’autres. Car ils savent ce qu’ils fontAux centaines de milliers de victimes américaines s’ajoutent des centaines de milliers de non combattants, avant tout des enfants, des femmes et des personnes âgées des pays que nous avons attaqués. Les problèmes de santé ne se limitent pas aux soldats américains, ils affectent tous les individus qui ont été exposés. Nos «dirigeants» ont échouéQuand le politiquement correct et la volonté d’éviter des coûts sont utilisés pour déterminer quels soins médicaux vont être apportés, qui va en bénéficier, quand cela se fera et quand la décontamination environnementale sera effectuée, nous, soldats et civils, sommes les perdants. Nos responsables ont décidé d’ignorer les problèmes dans l’espoir que ceux-ci disparaîtront tout seuls. Leur objectif est d’éviter d’avoir à répondre des effets nocifs sur la santé et l’environnement de leurs actes délibérés et des guerres. Exigeons la fin de ce cauchemarNos dirigeants ont abandonné les citoyens américains et ceux du monde entier. En conséquence, je crois qu’ils ignorent les paroles immortelles prononcées par Lincoln dans son discours de Gettysburg: «Retraité de l’Armée de réserve américaine, je suis frappé d’une invalidité de 60%. Durant toute ma carrière militaire, mes objectifs ont été de faire de la recherche, de rédiger des instructions techniques, des programmes d’enseignement et d’instruction, d’évaluer des programmes destinés à améliorer la préparation aux combats, d’effectuer des réhabilitations de l’environnement et d’apporter des soins médicaux à toutes les victimes. J’ai été appelé à accomplir diverses missions dangereuses: Doug RokkeNous ne pouvons pas continuer à ne tenir aucun compte des effets nocifs sur la santé et l’environnement de l’usage des armes à l’UA. Aucune personne ni aucun Etat n’a le droit de disperser des tonnes de déchets radioactifs toxiques dans l’environnement de son propre pays ou de pays étrangers. Il y a une question à laquelle les responsables américains, britanniques et australiens refusent de répondre: Quel droit ont-ils de répandre délibérément des substances radioactives dans tel ou tel pays et de refuser ensuite de procéder à la décontamination et d’apporter des soins médicaux à toutes les personnes qui ont été exposées aux radiations? La guerre est obsolèteAujourd’hui, nous devons considérer la guerre comme obsolète car nous ne savons pas résoudre les problèmes posés par les effets nocifs sur la santé et l’environnement dus à l’utilisation d’armes qui détruisent les infrastructures d’un pays et répandent des poisons qui affectent militaires et civils. Le coût humain de la guerre est stupéfiant.
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