Politique Nationale/Internationale

Une nouvelle génération de miliitants chicanos: Les nouveaux Boinas Cafés (Bérets bruns)


Ils conservent l’héritage du leader chicano César Chavez, de Malcolm X, de Martin Luther King, des zapatistes et, cela va sans dire, des mouvements des années soixante des Panthères Noires et des Boinas Cafés [1]. De ces derniers ils ont repris le nom, les bérets et l’esprit de lutte.


Gloria Muñoz Rios
Mardi 24 Octobre 2006

Photo de titre : Bérets bruns à Watsonville le 1er mai 2006
Photo de titre : Bérets bruns à Watsonville le 1er mai 2006
Gloria Muñoz Rios

Traduit par Gérard Jugant et révisé par Fausto Giudice





Les nouveaux Brown Berets sont un groupe de jeunes autonomes, pour la plupart étudiants, vêtus de pied en tête "de la couleur de la terre". On les trouve à Watsonville, en Californie, une région agricole où habitent, et surtout travaillent des dizaines de milliers de personnes d’origine mexicaine, afroaméricaine et philippine.

Watsonville, 1er mai 2006 : 10 000 manifestants pour les droits des immigrés
Watsonville, 1er mai 2006 : 10 000 manifestants pour les droits des immigrés


Ramiro Medrano se souvient : "Nous avons commencé à nous organiser en 1994. Cette année-là, il y a eu beaucoup de mobilisation sociale aux USA contre l’amendement 187 qui excluait de l’aide sociale les personnes sans papiers. C’était aussi l’année du soulèvement zapatiste et nous, comme Mexicains aux USA, comme chicanos, ça nous a donc très fortement frappés. Le chicano a un problème avec son identité. Nous nous sentons mexicains, mais nous ne sommes pas reconnus comme tels au Mexique et nous ne sommes pas non plus gringos. C’est depuis 1994 que nous sommes fiers de dire avec les zapatistes que nous sommes mexicains, indigènes et fiers de l’être".


Une nouvelle génération de miliitants chicanos: Les nouveaux Boinas Cafés (Bérets bruns)
A Watsonville, 80 pour cent de la population est mexicaine ou d’origine mexicaine. La majorité sont des travailleurs agricoles, des indigènes, qui affrontent le racisme quotidien avec organisation et fermeté. Ils sont la main d’oeuvre de la ville usaméricaine qui est la plus grande exportatrice de fraises, de laitues, de brocoli et de mûres, entre autres produits agricoles récoltés par les exilés de ce côté du Rio Bravo.

"En 1994, la violence entre bandes coûta la vie à une jeune fille et à son frère, assassinés par balles. Cela a fait que nous nous sommes dits qu’il fallait mettre un terme à la violence générée par le racisme dans les écoles et dans les champs. Les jeunes sans débouchés cherchent une identité, un sentiment d’appartenance et alors se forment les bandes. Nous ne voulions plus de ça dans nos quartiers", poursuit Ramiro.


Une nouvelle génération de miliitants chicanos: Les nouveaux Boinas Cafés (Bérets bruns)
C’est ainsi que commencèrent les Boinas Cafés. D’abord par une grande marche pour la paix et l’unité qui parcourut tous les quartiers en guerre. Ensuite, déjà comme groupe, avec des objectifs à plus long terme : sortir les jeunes des bandes, avoir une représentation dans les écoles et dans les directions afin d’éviter le racisme dans la sélection des étudiants, s’organiser contre les coups de filet de la police de l’Immigration (la « migra ») et ses actions dans le quartier, faire des ateliers et des actes pour fortifier l’identité au moyen de l’éducation et d’autres choses dont l’organisation d’un Réseau de Justice pour pouvoir communiquer, au moyen d’une ligne téléphonique, sur les actions de la migra, avec l’objectif de réussir à rassembler rapidement, afin d’éviter les violations, de les enregistrer et de les diffuser. "Il s’agit, en fin de compte, de ne pas se laisser faire".

Une nouvelle génération de miliitants chicanos: Les nouveaux Boinas Cafés (Bérets bruns)
1] L’organisation des Boinas Cafés (dénommée aussi Gorras Cafés et en anglais Brown Berets) a été fondée en 1967 en Californie par un groupe de jeunes chicanos (citoyens mexicains ou d’origine mexicaine aux USA). Elle a compté jusqu’à 5.000 membres. Les Boinas Cafés ont été perçus comme l’équivalent chicano des Panthères Noires. Ses membres portaient un béret couleur café ou marron foncé, comme symbole d’unité et de résistance à l’oppression (NdT).









La Jornada


De 1994 à 1996, Gloria Muñoz Ramirez travaille pour le journal mexicain Punto, l'agence de presse allemande DPA, le journal nord-américain La Opinion et pour le journal mexicain La Jornada. Au matin du 9 février 1995, elle réalise, avec Hermann Bellinghausen, sa première interview du sous-commandant insurgé Marcos pour La Jornada. En 1997, elle quitte son travail, sa famille, ses amis et part vivre dans les communautés rebelles de la Selva Lacandona au Chiapas. Elle tient une chronique dans le quotidien La Jornada, Ceux d’en bas (Los de abajo). Son livre EZLN 20 et 10, le Feu et la Parole est paru en français en 2004



Traduit de l'espagnol en français par Gérard Jugant et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner auteurs et sources. URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1384&lg=fr







Mardi 24 Octobre 2006

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